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Facilité de caisse - Découvert - Crédit de campagne


Les longs délais de paiement des clients font partie des usages commerciaux français (plus de 60 jours à comparer aux pratiques anglaises de l’ordre de 30 jours et à relativiser aux pratiques d’Europe du Sud plus de 90 jours). Les lois visant à les raccourcir se heurtent au « pouvoir de négociation » des grands donneurs d’ordre. De ce fait le financement des opérations courantes fait appel en partie aux crédits bancaires.

L’ESCOMPTE COMMERCIAL permet à l’entreprise d’obtenir des liquidités auprès de sa banque sans attendre l’échéance de règlement prévue à l’origine en lui cédant ses effets de commerce. Lorsque ce n’est pas possible (absence d’effet de commerce par exemple) d’autres solutions sont disponibles.

LA FACILITE DE CAISSE, souple et très répandue. La banque autorise l’entreprise à rendre son compte débiteur « quelques jours par mois » selon la formule consacrée.
Pourquoi quelques jours seulement ? Le paiement des fournisseurs se fait généralement à dates fixes. Il en est de même pour les salaires et pour les cotisations sociales. De leur côté les créances clients sont encaissées au fil de l’eau et, en tous cas, pas aux mêmes dates.
En demandant que le compte redevienne périodiquement créditeur, la banque s’assure que la structure financière de votre PME est suffisante, c’est-à-dire que le fonds de roulement (capitaux propres + dette à long et moyen terme) couvre les besoins en fonds de roulement liées au cycle d’exploitation (stocks + créances clients - dettes fournisseurs et sociales). Dit autrement, la trésorerie, qui résulte de cette différence entre fonds de roulement et besoin en fonds de roulement, ne doit pas être durablement négative.
Votre conseiller commercial dispose d’instruments lui permettant de visionner la « physionomie » de fonctionnement de votre compte : nombre de jours de débit, plus fort débit, plus fort solde créditeur, flux créditeurs du compte : Il ne manque pas de vous interroger lorsque les mouvements créditeurs diminuent (baisse d’activité ou orientation vers un concurrent) et/ou de vous mettre en garde si la facilité est utilisée comme un découvert, c’est-à-dire tout le mois. Le clignotant orange s’allume.


LE DECOUVERT : Comme son nom l’indique, le compte est débiteur pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois sans interruption. Le clignotant bancaire passe de l’orange au rouge. C’est le signe d’une détérioration de trésorerie dont il faut déterminer les causes. La situation est devenue délicate surtout lorsqu’elle est repérée par le banquier et non diagnostiquée en amont au sein de l’entreprise.
CAS FAVORABLE : lorsqu’une entrée de fonds inhabituelle est attendue à une date précise (créance client exceptionnelle ou cession d’un matériel par exemple) la banque n’hésitera pas à vous aider, à condition de l’informer et lui demander son accord au préalable pour un dépassement de découvert autorisé.

LE CREDIT DE CAMPAGNE : Sous ce vocable évocateur, figure un découvert de plusieurs mois, qui finance les activités saisonnières. Alors que la saisonnalité de la facilité de caisse est mensuelle, celle du crédit de campagne est annuelle. L’exemple le plus concret est le fabricant de chocolats ou de décorations de sapin de Noël ; il règle ses achats, salaires et autres charges tout au long de l’année alors que l’essentiel des ventes se réalise au dernier trimestre. La banque finance les décalages.
Le risque du prêteur est dans ce cas bien plus important que pour une facilité de caisse classique. Si le programme de ventes se déroule mal, la rentabilité de l’entreprise se détériore et le crédit n’est pas remboursé, faute d’encaissements suffisants.
Pour étudier le dossier, la banque exige un plan de trésorerie formalisé avec ventes, achats et autres paiements mensualisés indiquant les dates d’encaissement et de décaissement.

LE COUT DE CES CREDITS
• le taux d’intérêt : il est indexé le plus souvent sur un taux monétaire (et non plus sur le taux de base bancaire TBB) + marge à négocier avec chaque banque.
• La commission de plus fort découvert : le plus souvent 1/20 % par mois sur le solde débiteur le plus fort du mois.
• Les « frais trimestriels » de tenue de compte censés rémunérer les opérations encore gratuites, notamment les chèques.

UN CONSEIL
Ces formules de financement (CONCOURS BANCAIRES COURANTS dans le langage bancaire) ne sont généralement pas confirmés par écrit. L’accord est verbal, reposant sur l’utilisation réelle ce qui peut créer des difficultés en cas de changement d’interlocuteur.
Faites régulièrement préciser par votre interlocuteur les limites fixées (les PLAFONDS AUTORISES).
Dès que votre activité se développe, prenez l’initiative de les renégocier.


(Novembre 2007)
Pierre MASSARDIER - piermassglobalaction@gmail.com


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