Panorama du secteur bancaire français à l’usage des PME
Depuis l’entrée en vigueur de la loi bancaire du 24 janvier 1984, maintenant codifiée dans le Code monétaire et financier, le système bancaire français se divise en :
• banques et banques coopératives et mutualistes qui peuvent effectuer toutes les opérations de banque (collecte de dépôts, crédits, moyens de paiement). Ces établissements sont seuls habilités à recevoir du public des fonds à vue ou à moins de deux ans de terme. Il s’agit par exemple des banques du type BNP Paribas ou Crédit Agricole.
• sociétés financières qui correspondent à des entreprises à caractère spécialisé, dont l'agrément ne les autorise pas à faire tous les types d'opérations, à la différence des banques. Elles ont souvent une ou plusieurs spécialisations, parmi lesquelles : crédit à la consommation, crédit-bail, crédit aux entreprises, affacturage, … (exemple : BNP bail)
• institutions financières spécialisées qui sont des établissements de crédit auxquels l'État a confié une mission permanente d'intérêt public. (exemple : la Caisse des dépôts)
L’ensemble de ces établissements de crédit jouent un rôle essentiel dans le développement des petites et moyennes entreprises : l’encours de crédit accordé aux PME par les établissements de crédit se situe à plus de 350 milliards d’euros à la fin de l’année 2006. Près de 2/3 des PME françaises estiment que leurs projets n’auraient pas pu être menés à bien sans l’intervention d’une banque alors que 60 % des PME françaises considère qu’il est facile d’obtenir un crédit auprès d’une banque (la moyenne européenne est de 46 %).
Les banques françaises y trouvent leur compte puisque le bénéfice net cumulé des grandes banques françaises s'établit à plus de 28 milliards d'euros en 2006. Ainsi, à titre d'exemple, le Crédit agricole a multiplié son bénéfice par près de sept en dix ans alors que la BNP Paribas a enregistré 7,3 milliards d'euros de bénéfices. Les grandes banques tirent aussi largement profit de leurs réseaux en France. Les commissions prélevées sur les services aux particuliers et aux entreprises, représentant une part croissante de leurs bénéfices.
Néanmoins, le panorama est loin d’être aussi idyllique entre banques françaises et PME.
Les relations des banques avec les PME pêchent encore par un manque de communication et de personnalisation des rapports. L’amélioration du dialogue entre les PME et les banques implique l’accélération des prises de décision des agences locales et des différents services bancaires, certainement en réorganisant le fonctionnement des agences bancaires. Les banques doivent aussi travailler au renforcement de l’offre et la visibilité des produits offerts.
Autre problème majeur, le financement bancaire de la création d’entreprise.
Outre le risque inhérent au financement du projet de création, le coût de gestion des dossiers est élevé pour les crédits de petits montants. Plus de 70 % des créateurs demandent des prêts compris entre 5 000 et 20 000 €. Les dossiers étant gérés au cas par cas, les frais d’instruction, de gestion et d’accompagnement sont très élevés par rapport à la marge.
Le secteur bancaire reste donc assez réfractaire à la prise de risque dans le cadre de création d'entreprise pour autant indispensable au renouvellement du vivier des PME.
Thierry DUCLOS

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