Défaillances : des chiffres en hausse pour les startup en 2001
Le nombre des défaillances de start-up s'inscrit en nette hausse. Alors que 2000 était encore marqué par des levées de fonds importantes sur le premier semestre, l'année 2001 cumule le gel de nombreux investisseurs et une plus grande sélectivité, corrélée aux difficultés des jeunes entreprises à engranger les recettes prévues dans leur business plan.
On compte parmi les défaillances dans le commerce en ligne : Amikado, Piscine.com, Photonice.com, Commercee, dans les télécommunications : Sofrer, Kast Telecom, Onetel, CS Telecom, dans l'information : Digital Business et prochainement Swissquote France, dans les fournisseurs : Diligo, pour n'en citer que quelques unes.
Les levées de fonds restent difficiles car si un total de près de 500 MF ont été levés sur le mois de septembre par des sociétés des start-up françaises, les sociétés Avisium, Enition et Maiaah! ont ramassé 75% des fonds. Les levées semblent plus difficiles pour les besoins de plus modestes. Si certains incubateurs restent actifs à l'image de Tocamak ou les fonds d'investissements, d'autres subissent de plein fouet le retour de crise. Ceci pousse la mairie de Paris à envisager des mesures de soutien aux incubateurs et à la défense de l'image technologique de la capitale.
Le greffe du Tribunal de Paris suit régulièrement les statistiques de défaillance : c'est en moyenne une dizaine de start-up qui font l'objet d'une procédure collective pour la seule ville de Paris. Ces défaillances font ressortir un moyenne un passif déclaré de 5,5 MF et, dans presque la moitié des cas, des actifs nuls. Les actifs sont peu nombreux lors de l'ouverture des procédures car, par nature ces sociétés disposent de peu de créances client et de peu de moyens matériels propres. Les investissements informatiques et matériels sont généralement effectués sous forme de crédit-bail ou de location, ce qui n'apporte pas d'actifs lors d'une procédure collective, et au contraire vient augmenter le passif des loyers restant à régler. Ces défaillances se traduisent en général par une perte totale pour les créanciers.
La plus grande sélectivité opérée par les investisseurs va probablement conduire à court terme à une augmentation des défaillances dans ce secteur pour les entreprises à court de liquidités, mais en contrepartie, renforcer la fiabilité de celles qui auront un projet accepté.
Source : Thierry Duval - Contact : thierry.duval@exafi.com
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