Sécurité de l'entreprise : passez à l'action cet été

Rédigé le 10 août 2009
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Congés d'été rime généralement avec fermeture temporaire ou travail à effectifs réduits, ce qui pose la question de la sécurité de vos bâtiments. Cambriolage, incendie, dégradations... ne sont pas l'apanage des grandes entreprises. Passage en revue des solutions accessibles aux PME.


"Tant qu'ils ne sont pas confrontés directement à un problème de sécurité, beaucoup de chefs d'entreprise se disent qu'il n'est pas nécessaire d'investir dans un dispositif spécifique", déplore Servan Lépine, ancien directeur régional de Securitas, aujourd'hui PDG d'Excelium, spécialiste de la vidéosurveillance. Pourtant, la sécurité n'est pas l'apanage des grandes structures, les prestataires de sécurité proposant une multitudes de services, de la solution de gardiennage classique à la technologie nomade dernier cri. Problème : le marché est aujourd'hui atomisé avec quelques leaders comme Securitas et Seris Security (ex Sécurifrance) et une multitude d'autres acteurs. Afin de partir en vacances l'esprit tranquille, le chef d'entreprise doit avant tout élaborer un audit des sinistres auquel sa société peut être exposée. A titre d'exemple, on estime que dans les trois quarts des cas, les entreprises ne se relèvent pas d'un grave incendie car cette hypothèse n'a jamais été imaginée.

Sécuriser vos bâtiments

Avant de se lancer dans de lourds investissements, la sécurité d'un bâtiment industriel, tertiaire ou commercial, relève d'abord de mesures préventives relevant du bon sens.

  1. Contrôlez les accès. Lors de la période de fermeture de votre entreprise, veillez à ce que l'ensemble de vos portails et clôtures métalliques soient fermés. Maintenez l'éclairage périmètrique du bâtiment pendant la nuit afin de dissuader les rôdeurs. Enfin, installez une détection sur les portes d'accès avec déclenchement d'une alarme en cas d'intrusion, ou vérifiez son bon fonctionnement.
  2. Contrôlez vos stockages extérieurs et intérieurs. Le stockage de matières combustibles ou sensibles à proximité des bâtiments peut être à l'origine d'une destruction de vos locaux en cas d'acte de malveillance. «Un tiers des incendies de locaux professionnels sont dus à des actes de malveillance», note Philippe Fleury, dirigeant du cabinet Ouest Assureurs Associés. Pierre-Yves Laffargue, directeur Dommages entreprises Ile-de-France chez Axa France, ajoute que «la sinistralité criminelle, comme les vols et le vandalisme, augmente en période estivale». Les matières combustibles comme des palettes de bois ou les compacteurs à déchets doivent ainsi être stockés à plus de dix mètres des bâtiments. À l'intérieur des bâtiments, rationalisez l'espace. N'entreposez rien d'inflammable à proximité des installations électriques.
  3. Vérifiez vos installations électriques. Pour réduire le risque incendie, faites vérifiez vos installations électriques avant la période de fermeture estivale de votre entreprise afin d'éviter les risques de court-circuit. Pour certaines activités industrielles, la période de pré-fermeture estivale peut-être l'occasion de procéder à une topographie infrarouge de vos bâtiments. Elle décèle les anomalies thermiques (point de chauffe, fuite de gaz, etc.). Pensez également à vérifier le bon fonctionnement de vos extincteurs.
  4. Ne tentez pas les rôdeurs. Face au risque de vols durant la période d'inactivité, ne laissez pas d'échafaudage sur vos bâtiments afin de limiter les risques d'intrusion. Pour des locaux en rez-de-chaussée, ne laissez rien (matériel informatique) qui puisse tenter de l'extérieur les rôdeurs. Les documents stratégiques doivent être entreposés dans un lieu sûr (coffre, etc.). Dans tous les cas, procédez à une visite d'inspection avant de fermer vos locaux.
  5. Associez les pompiers à la prévention. N'hésitez pas à faire venir sur site les pompiers afin qu'ils connaissent les lieux. En cas d'incendie, cette connaissance du secteur leur permettra, en plus d'éteindre les flammes rapidement, de ne pas détruire votre outil de travail.

Quelle protection face aux vols ?

Pour faire face aux problèmes liés à la sécurité de leurs sites, en particulier en dehors des périodes d'activité, les chefs d'entreprise disposent d'un panel de solutions.

  • Le gardiennage
    Domaine réservé des entreprises de sécurité, c'est LA solution encore largement privilégiée par les entreprises. Si la technologie apporte de nouvelles solutions en matière de sécurité des bâtiments d'entreprise, la présence humaine reste encore souvent indispensable. «La présence humaine reste ce qu'il y a de plus dissuasif et après détection d'une intrusion par un prestataire de télésurveillance, il faut de toute façon procéder à la levée de doute sur le site, et un robot ne pourra pas le faire», explique ainsi Olivier Payen, président exécutif de Seris Security, parmi les leaders du marché français de la sécurité. Pour une période de fermeture de quelques semaines, les chefs d'entreprise peuvent ainsi opter pour un contrat de ronde qui prévoit deux inspections quotidiennes, l'une de jour, l'autre de nuit. Le coût de cette présence physique est estimé entre 23 et 26 euros de l'heure.
  • La vidéoprotection
    Le marché de la vidéosurveillance, ou de la vidéoprotection, est aujourd'hui en pleine expansion. Si le système semble adapté pour la sécurité d'un site en particulier, il semble plus difficile à appliquer à l'échelle d'une zone d'activités en raison du nombre de voies d'accès et des questions d‘autorisation sur la voie publique. Pour certains spécialistes, la vidéoprotection ne peut être envisagée qu'en complément d'une présence humaine sur site. Pourtant, de nouvelles solutions de vidéoprotection se développent. «Le marché de la sécurité n'a pas évolué depuis quinze ans. On est resté sur de vieilles technologies avec un opérateur qui surveille un écran relié au site vidéosurveillé», indique Marc Fornas, PDG d'Innovatys qui propose aux PME un nouveau système de sécurité qui consiste à pouvoir surveiller ses locaux à distance via une vidéo retransmise sur son téléphone portable. Grâce à la technologie 3G, le chef d'entreprise peut surveiller ses locaux de n'importe où, sans être connecté à quoi que ce soit. «Le chef d'entreprise peut ainsi instantanément faire sa levée de doute lui-même, à distance, avant de devoir prévenir les forces de l'ordre», note Marc Fornas. «L'inconvénient des systèmes de détection classiques, c'est qu'ils nécessitaient jusqu'alors une levée de doute effectuée par une personne physique. Mais le temps de se déplacer sur le site cela prend un quart d'heure, sans compter le coût de prestation. Aujourd'hui la technologie permet de s'affranchir de cela», argumente Servan Lépine, PDG d'Excelium. Sa société a ainsi développé un système mobile de sécurité tenant dans une valise et qui comprend des caméras, des détecteurs de présence et de fumée, ainsi qu'un fumigène destiné à désorienter les intrus. Surtout, cette solution, qui s'adresse particulièrement au BTP et à l'événementiel, ne nécessite qu'une prise de courant et une liaison télécoms 3G.
  • Le tracking
    Pour certains équipements et outils stratégiques ou ayant mobilisé un fort investissement (engins de chantiers, etc.), ne pas hésiter à utiliser des puces électroniques permettant une localisation par satellite. L'investissement, réel, est compensé par la quasi-certitude de pouvoir retrouver son bien.
  • Porter plainte
    Ne pas hésiter à sensibiliser les forces de l'ordre, en déposant systématiquement plainte et en l'assortissant d'un chiffrage du préjudice direct, mais aussi des coûts indirects liés à la dégradation de votre outil de travail.

Sociétés de sécurité : la filière se professionnalise

En France, le marché de la sécurité est encore largement atomisé avec certaines petites sociétés dont les pratiques jettent parfois le discrédit sur l'ensemble des acteurs. Face à cette situation, le métier d'agent se professionnalise. Le marché de la sécurité en France tend à se professionnaliser. Jusqu'à présent, ce marché est encore extrêmement atomisé avec une myriade de TPE, certains acteurs n'hésitant pas à s'improviser agent de sécurité en raison d'un manque de réglementation de la profession. Les choses tendent désormais à évoluer.
D'ici à la fin de l'année, les salariés des entreprises exerçant des activités de surveillance et de gardiennage devront justifier d'un certificat de qualification professionnelle (CQP). «Notre profession n'est pas encore mâture. Cette réglementation devrait déboucher sur la disparition naturelle d'acteurs peu fiables», explique Olivier Payen, président exécutif de Seris Security, un des leaders du marché en France.

Baisser les coûts en mutualisant les moyens

Pour faire baisser les coûts, certaines entreprises mutualisent les prestations de sécurité. Sur une même zone d'activité par exemple, plusieurs dizaines d'entreprises se regroupent pour négocier au mieux un contrat de sécurité avec, par exemple, des rondes régulières de gardiennage ou l'installation de systèmes de vidéoprotection. Sur le papier, la solution semble idéale, mais dans les faits elle se heurte encore à de nombreuses réticences. Comment s'effectue la répartition de ce contrat de sécurité entre petites et grosses entreprises cohabitant sur une même zone et n'ayant pas les mêmes intérêts en termes de sécurité ? Fédérer un groupe d'entreprises se heurte également souvent à un autre écueil. En voyant une entreprise voisine souscrire ce type de contrat, certains dirigeants peuvent se sentir protégées par la surveillance exercée à proximité de leurs propres locaux.

Assurances : prévoyez tous les scénarios

Avant de prendre quelques semaines de congés, le dirigeant doit s'assurer d'avoir laissé des consignes de sécurité précises.
Si tout au long de l'année les dirigeants d'entreprise sont pris dans le tourbillon de leurs activités, la période estivale peut être l'occasion de préparer et d'imaginer les scénarios de sinistres auxquels leurs sociétés peuvent se retrouver un jour confrontées. Ainsi, en cas de coup dur, le chef d'entreprise peut passer au plan B. «Avant l'arrêt temporaire de l'activité de son entreprise ou avant son départ en congés, le dirigeant peut anticiper les éventuels sinistres qui peuvent se produire durant son absence. Par exemple, mon entreprise brûle, qu'est-ce que je perds? Un dégât des eaux survient, est-ce que je peux retrouver immédiatement un bâtiment pour continuer mon activité et est-ce que mes données informatiques sont sauvegardées?», explique ainsi Frédéric Fleury, dirigeant du cabinet Ouest Assureurs Associés. Au-delà des simples questions pratiques liées à l'assurance de vos bâtiments ou à l'assurance perte d'exploitation de votre entreprise, c'est sa pérennité qui peut être remise en cause par un sinistre.

Consignes écrites
L'Institut national de recherche et de sécurité note que trois entreprises sur quatre ne se relèvent pas d'un grave incendie. «Avant de partir en congés, le dirigeant doit se poser la question: qu'est-ce que je laisse comme consignes écrites à mes collaborateurs qui prennent le relais? Il faut avoir élaboré une procédure, un livret de bord au cas où il se passe tel ou tel sinistre. Ce sont des choses très basiques comme qui prévenir à la préfecture en cas d'incendie. Cette check-list doit être connue des personnes qui restent d'astreinte dans l'entreprise. C'est une manière de se préparer à gérer une situation de crise. Or, on s'aperçoit que dans beaucoup d'entreprises, ce genre d'événements n'est pas anticipé. Face à un simple dégât des eaux, on voit que certaines PME ne savent pas réagir parce qu'elles ne se sont pas préparées», déplore quand Pierre-Yves Laffargue, directeur Dommages entreprises Ile-de-France chez Axa France.

 

Les vols et cambriolages dans les entreprises

Si les cambriolages d'entreprises ont fortement augmenté au début des années 2000, la tendance semble s'inverser.
- Cambriolage en baisse
En 2008 en France, 70.280 cambriolages ont visé des locaux industriels, commerciaux ou financiers, soit une baisse de 12,77 %. Une tendance qui semble devoir se confirmer sur les premiers mois de l'année 2009. Toutefois, ces chiffres prêtent à discussion puisque certains malfaiteurs incendient l'entreprise qu'ils ont cambriolée, ce qui entraîne une classification en incendie.
- Vols à mains armés
En 2008, 3.502 vols à mains armés contre des établissements industriels et commerciaux ont été enregistrés, soit une hausse de 20,47 % par rapport à 2007.
- Vols sur chantiers
En 2008, 17.645 vols ont été comptabilisés sur les chantiers, soit une hausse de 3,72 % par rapport à 2007.

 

 

Dossier réalisé par Simon Janvier
Le Journal des Entreprises

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