Le transport aérien : un secteur en pleine tourmente
Le secteur aérien connaît de sombres perturbations. Les défaillances dans ce secteur étaient par le passé l’apanage des très petites compagnies, d’envergure régionales. Or l’actualité de l’année 2001 montre que les dépôts de bilan peuvent également concerner des compagnies de taille nationale. C’est ainsi qu’on été affichées les faillites d’entreprises importantes en France (AOM-Air Liberté) en Suisse (SwissAir), en Belgique (Sabena) mais également le Canada et l’Australie.
En effet, les petites compagnies régionales par le passé trouvaient difficilement leur place avec la concurrence des compagnies nationales, du fer, de la route. Le passage à des défaillances de compagnies nationales marque des difficultés plus structurelles du secteur, même si des facteurs individuels peuvent jouer en défaveur des entreprises qui sont passées par l’intermédiaire de la justice : guerre des prix, recherche de parts de marché sans notion de rentabilité, engagements de croissance externe sans maîtrise, …
Bien que le secteur s’inscrive globalement dans un trend croissant (nombre de passagers transportés et fret), les enjeux économiques sur les prix, la rentabilité des entreprises, les partenariats transnationaux et la nécessité d’atteindre une taille critique ont eu raison de nombreux protagonistes. Le secteur du transport aérien se trouvait en phase de concentration et de concurrence accrue au moment ou les attentats du 11 septembre ont joué le rôle de catalyseur. L’anticipation d’une réduction forte du trafic, tout au moins à court terme, et le renchérissement des mesures de contrôle et des coûts, a achevé les derniers espoirs de redressement des compagnies fragiles.
Mais, bien au-delà des compagnies aériennes directement touchées par la crise, c’est également tout l’environnement du transport aérien qui est concerné. Si les anticipations long terme d’activité pour le secteur restent toujours « Croissance », il n’en reste pas moins qu’à court terme, la baisse d’activité et la réaction rapide que en découle va se propager sur tous les prestataires en amont des compagnies aériennes : les commerciaux (voyagistes), les financiers (établissements de crédit, loueurs d’avions), les fournisseurs (constructeurs et leurs sous-traitants), les prestataires (prestataires de service et de maintenance, services des aéroports, ..).
Ainsi, les baisses d’activité dans certains aéroports risquent de s’accélérer, déjà au 2e trimestre 2001 les hubs de Marseille et de Clermont-Ferrand enregistraient une baisse de plus 10% par rapport à 2000 (source DGAC).
En France, la compagnie nationale AIR FRANCE a les moyens de « faire le dos rond », tel n’est pas le cas des autres compagnies comme la jeune AIR LIB, handicapée dès son démarrage, ou de compagnies plus modestes comme CHALAIR qui a fait l’objet d’une procédure collective. L’identification des sociétés indirectement touchées en France reste difficile, mais l’impact sera négatif sur toutes les sociétés fragiles du secteur.
Source : Thierry Duval - Contact : thierry.duval@exafi.com

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