Inversion de tendance pour les défaillances d'entreprises : les indicateurs repartent à la hausse sur le premier trimestre 2002
La conjoncture pour les entreprises s'est fortement dégradée, ce qui se traduit par une augmentation très nette des défaillances sur 2002 après une baisse continue les années précédentes. A l'index de ces défaillances : le surcoût et les difficultés d'organisation résultant des lois Aubry, un ralentissement général de l'économie, la seconde vague du retour à la réalité des valeur Internet, l'effondrement du marché des télécoms et l'effet domino de l'accroissement des impayés.
Si depuis 1997 la baisse annuelle était de l'ordre de 10% avec un fléchissement en 2000 où la baisse n'était que de 3%, le millésime 2002 s'annonce sous des auspices défavorables. Les procédures collectives ont fait un bond spectaculaire avec une hausse de 40% pour le seul Tribunal de Commerce de Paris, le premier Tribunal par le nombre de procédures collectives traitées. Une partie de cette hausse peut s'expliquer par le décalage qui a mécaniquement eu lieu en 2001 avec la grève des magistrats et le report de l'ouverture des procédures collectives sur le 2e trimestre. La tendance de fond des dépôts de bilan semble toutefois bien un retournement de tendance, les anticipations de défaillances sur le premier semestre complet reste à la hausse et les 42.000 défaillances enregistrées en 2001 pourraient s'inscrire en forte progression.
Cette progression des procédures collectives en nombre s'accompagne également d'une forte progression dans la taille des entreprises concernées. Selon une étude Dun & Bradstreet, le nombre d'entreprises de plus de 100 personnes ayant déposé le bilan sur le premier trimestre 2002 atteint 63 contre seulement 34 pour 2001, soit une progression de 85% alors que le niveau était resté stable en 2001. Le chiffre d'affaires réalisé par les 10 plus grosses sociétés ayant enregistré une ouverture de procédures collectives sur le premier trimestre 2002 atteint 1,7 Milliards d'euros. La défaillance du grossiste informatique METROLOGIE pèse pour 0,8 Milliard d'euros, le répartiteur en pharmacie OUEST REPARTITION pour 0,2 et le transporteur routier VIALLE pour 0,1 Milliard d'Euros. Dans le même temps les données collectées par Euler-Sfac ou le Tribunal de Commerce de Paris font ressortir des progressions en parallèle du nombre de salariés concernés et du passif laissé.
Il est à craindre que cette augmentation des faillites, cumulée à plus grande circonspection des bailleurs de fonds dans l'octroi de crédit, ne provoque un effet " domino " sur le reste de l'année.
Source : Thierry Duval - Contact : thierry.duval@exafi.com

Flux RSS
