Les nouveaux dangers de la gestion du poste client
Initiative économique dangereuse
Nous pouvons nous réjouir des aspects du projet de loi visant à simplifier les formalités de création d’entreprise, alléger les charges sociales et faciliter le financement, la transmission et la reprise.
Par contre, il n’en est pas de même de la mesure projetant de ramener à 1 € le capital minimal des SARL. Une telle disposition risque d’instiller dans l’esprit des créateurs que banquiers et fournisseurs vont tout naturellement pourvoir aux ressources nécessaires au fonctionnement de l’entreprise…
Rappelons plutôt que la sous-capitalisation est l’une des causes majeures des faillites en France et que la mortalité des jeunes entreprises est déjà de près de 50%.
Novlangue ou volapuk ?
Outre leur côté ésotérique, la COB a épinglé l’usage croissant de termes financiers « à caractère non strictement comptable et sans définition précise » par les sociétés pour commenter leur activité.
De fait, si l’EBITDA anglo-saxon est très proche de notre traditionnel E.B.E., d’autres indicateurs permettent surtout de ré-habiller la réalité pour la rendre plus présentable :
- l’EBITA a l’avantage sur l’E.B.E. de gommer les effets d’une acquisition de filiale à un prix excessif
- le free cash flow sert aux entreprises fortement endettées car il omet la trésorerie nécessaire au remboursement des emprunts
Un nouveau type de risque
Le dégonflement de la bulle financière a fait naître un nouveau risque systémique. Le recours direct aux marchés de capitaux a épargné les banques, mais vaporisé le risque dans l’ensemble de l’économie et multiplié les acteurs par lesquels peuvent se transmettre ces crises (cf. les fonds de pension et l’affaire Ahold).
Cette affaire montre aussi la difficulté de déchiffrer par la
seule lecture des comptes la réalité de la santé financière
d’une entreprise : comment savoir par exemple qu’Ahold disposait
de lignes de crédit dont le maintien était conditionné
par la production de bénéfices couvrant le triple des intérêts
?
(extrait de Valeurs Actuelles, 28 février 2003)
Bruno BLANCHET (Mai 2003)
Groupe Information Mutuelle

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