Estimer la valeur de son entreprise

Avant de transmettre ou de céder son entreprise, il est important d’en connaître la juste valeur. Cette valorisation vous permettra par la suite de négocier avec vos éventuels repreneurs. L’outil que nous vous proposons pour évaluer votre entreprise prend en compte le chiffre d’affaires, l’excédent brut d’exploitation (EBE) et le résultat net (méthode des multiples) mais aussi dans sa version Premium, le bilan réévalué et l'actualisation des flux futurs.

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Savoir valoriser une entreprise

La plupart des méthodes pour valoriser une entreprise prennent en compte le chiffre d’affaires, l’excédent brut d’exploitation (EBE) * et le résultat net, qui sont multipliés par des coefficients propres au secteur d’activité. Ces valeurs sont notamment corrigées par le montant des dettes financières et de la trésorerie de l’entreprise. Les méthodes d’évaluation sont parfois combinées pour aboutir à une fourchette de valorisation, voire à une valeur unique.

A titre indicatif :

  • Le multiple du chiffre d’affaires annuel peut varier de 0,3 à 3, voire au-delà de ces bornes. « En général », il est compris entre 0,5 et 2.
  • Le multiple du résultat net peut varier de 5 à 30, voire au-delà de ces bornes. « En général », il est compris entre 7 et 14.
  • Le multiple de l’EBE peut varier de 3 à 20, voire au-delà de ces bornes. « En général », il est compris entre 4 et 8.

L’amplitude de ces fourchettes montre à elle seule la quasi impossibilité de qualifier de « scientifique » la valeur d’une entreprise donnée…

Le site Internet du Conseil Supérieur de l’Ordre des experts-comptables, consacré à l’évaluation d’entreprises, fournit le barème utilisé par l’administration fiscale pour évaluer les transactions sur les principaux types de commerces, en se basant sur un multiple du chiffre d’affaires hors taxes.
A titre d’exemple, une agence de voyage est généralement évaluée entre 0,25 et 0,6 fois le CA HT ; une boulangerie-pâtisserie entre 0,3 et 1,1 fois le CA HT ; un fleuriste entre 0,4 et 0,8 fois le CA HT ; une galerie d’art entre 0,4 et 1,7 fois le CA HT ; un hôtel de tourisme entre 0,7 et 3,3 fois le CA HT ; un supermarché entre 0,15 et 0,25 fois le CA HT et un magasin d’optique entre 0,5 et 1,1 fois le CA HT.

Une base de réflexion utile pour bien valoriser une entreprise

Pour affiner la manière de valoriser une entreprise, il est possible de considérer d’une part l’exercice en cours et, d’autre part, les prévisions à moyen terme de votre entreprise. Les paramètres futurs sont assortis d’un taux d’actualisation **, qui peut varier entre 10 % pour une entreprise dans un secteur mature et 60 % pour un projet en phase d’amorçage.

Les coefficients multiplicateurs et le taux d’actualisation sont fonction du secteur d’activité, du degré de maturité et du potentiel de développement de l’entreprise. Ces différentes méthodes peuvent ainsi aboutir à des fourchettes de valorisation qui varient du simple au double, voire davantage. Si ces démarches d’évaluation restent très subjectives, elles n’en constituent pas moins une base de réflexion utile pour déterminer une « valeur raisonnable ».

A l’instar des opérations de financement par capital-risque des jeunes entreprises innovantes, la qualité du management est également déterminante pour évaluer une entreprise, quel que soit son niveau de développement.

Par ailleurs, les méthodes présentées ici n’expliquent pas les valorisations parfois stratosphériques d’entreprises dotées d’actifs stratégiques et dont le potentiel de développement s’apprécie à un horizon supérieur à cinq ans. Une société de biotechnologies peut ainsi n’avoir aucun chiffre d’affaires et être très largement déficitaire tout en étant valorisée plusieurs millions voire plusieurs dizaines de millions d’euros en fonction de son portefeuille de brevets et du stade de développement de ses molécules.

Se faire accompagner par des experts

L’expert-comptable et/ ou le commissaire aux comptes sont souvent les premiers interlocuteurs du dirigeant de PME pour l’accompagner dans des opérations de cession ou de transmission de son entreprise : si nécessaire, n’hésitez pas à les consulter pour mener à bien une telle opération. Ils ont, par nature, accompagné de nombreuses cessions et pourront utilement vous conseiller, soit en tant que cédant soit en tant que repreneur !

* L’EBE ou Excédent Brut d’Exploitation est la différence entre les produits d’exploitation et les charges d’exploitation. A la différence du résultat d’exploitation, il ne prend pas en compte les dotations aux amortissements et les provisions d’exploitation. Il mesure l’excédent généré par l’exploitation de l’entreprise, hors résultats financiers et résultats exceptionnels. L’EBE est ainsi proche de l’EBITDA de la comptabilité anglo-saxonne (Earnings Before Interests, Taxes, Depreciation and Amortization).

* Le taux d’actualisation est utilisé pour estimer la valeur à la date d’aujourd’hui des flux financiers futurs. Ce taux, qui matérialise à la fois le « coût du temps » et le « coût du risque », varie en fonction de l’appréciation de chaque investisseur. Ainsi, la valeur actualisée à 20 % d’un actif qui serait valorisé 5 M€ dans trois ans est de 5 / (1+20/100)^3 = 2,9 M€. L’actualisation est le processus inverse de la capitalisation : 2,9 M€ placés pendant 3 ans au taux de 20 % par an vaudront 5 M€ à terme.

Etienne Krieger
Professeur affilié au Groupe HEC et co-fondateur de plusieurs entreprises innovantes

 

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