Interview

Efraim Clam, fondateur de Little Corner : « Les campagnes d’affichage dans les toilettes ont un taux de mémorisation de 85%»

Quel est l’endroit le plus propice pour capter l’attention d’un potentiel futur client ? Sans aucun doute les toilettes, selon Efraim Clam. Cet entrepreneur de 30 ans est à la tête de Little Corner, une startup de 20 salariés. Elle propose aux entreprises de faire leur promotion sur des écrans digitaux dans les WC des bars, restaurants, boites de nuit, centres commerciaux et autres lieux de vie.

Efraim Clam, fondateur de Little Corner : « Les campagnes d’affichage dans les toilettes ont un taux de mémorisation de 85%»

Pourquoi choisir de faire sa publicité dans des toilettes ?

C’est un lieu où l’attention d’une personne est très forte puisqu’il n’y a pas d’autres écrans ni d’autres publicités qui la distraient. Attirer l’attention est l’un des enjeux les plus difficiles aujourd’hui pour la publicité : regardez sur internet, il y a un nombre fou d’informations ! Chez Little Corner, on mise sur des lieux où l’on possède le monopole du message. Saviez-vous que nos écrans, situés dans les WC, affichent un taux de mémorisation des campagnes de 85 % ? Un meilleur score que le cinéma. Les toilettes sont aussi un lieu où l’on peut cibler le sexe ou l’âge, par exemple, des personnes qui vont voir la publicité.

Avez-vous de la concurrence dans un lieu aussi insolite ?

Il y a des sociétés qui proposent des publicités format papier dans les toilettes mais il n’y en a aucune qui offre une technologie comme la nôtre. Nos écrans digitaux sont dotés de capteurs qui permettent de repérer combien de personnes voient la publicité et combien de temps ils restent devant. Nous vendons donc de l’audience réelle et non estimée, comme c’est le cas pour de l’affichage classique. Un avantage certain pour nos clients car lorsque vous achetez un espace de publicité dans la rue, on estime que tant de piétons passeront devant en une période donnée. Mais imaginons qu’il pleuve pendant plusieurs jours à la suite. Peu de personnes passeront devant et vous paierez le même prix alors que vos vues seront moindres que ce qui était estimé. Avec notre système, ce n’est pas possible. Le client achète un pack de vues. Tant que l’objectif n’est pas atteint, la publicité peut rester en place.

Votre offre est-elle adaptée aux petites entreprises ?

Puisque nos clients achètent un stock de vues, une TPE-PME peut tout à fait choisir d’investir 300 €. Par exemple, une bijouterie peut décider de communiquer un moment dans les restaurants chics de son quartier afin d’obtenir plus de visites. Notre affichage est accessible à toute taille d’entreprise et qui, plus est, la diffusion sur un écran a un taux de mémorisation beaucoup plus important que sur le papier : il atteint les 89 %.

À vos débuts, vous a-t-il été difficile de convaincre les sociétés ?

C’est évident, nous avons vécu la même histoire que Blablacar qui a été confrontée à des « je ne monterai jamais dans la voiture d’un inconnu ! ». Il est arrivé que des entreprises aient été frileuses sur le fait de communiquer dans les toilettes. Les gens ont des appréhensions. Pour nous, tout s’est décanté une fois que des grosses marques américaines comme Uber ou Warner Bros ont accepté de collaborer , cela nous a conféré une image forte.

Pensez-vous développer la publicité dans d’autres lieux peu banals ?

Nous y réfléchissons mais ce n’est pas d’actualité. Pour le moment, nous installons 300 écrans digitaux en plus chaque mois. Avec plus de 2 000 écrans nous sommes aujourd’hui les plus gros du marché français sur ce créneau. On travaille surtout à améliorer notre système de tracking. Pourquoi pas créer un système qui permettrait de relier les smartphones avec nos panneaux digitaux ? Pour vous donner un exemple, si un produit me plaît et que je souhaite me renseigner davantage, j’approche mon smartphone et consulte directement le site sur mon portable.

Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur dont le projet sort de l’ordinaire ?

Il faut être convaincu soi-même pas son projet. Les gens vont être sceptiques mais il faut maintenir son cap. Je fais souvent un parallèle avec la politique et l’entrepreneuriat : si un jour vous montez un mouvement, les gens n’adhéreront pas forcément directement. Il a fallu persister pour certaines causes afin de les gagner. C’est aussi ce qui se passe lorsque l’on monte une entreprise.

 

 

Propos recueillis par Melissa Carles

 

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