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Les entreprises françaises et le télétravail

Seulement 7% de la population active française a adopté le télétravail contre 13% en Europe. Pourtant, ce mode de travail répond à une demande sociétale forte, mais de nombreux freins subsistent. Un récent rapport parlementaire propose tout un dispositif permettant de lever les derniers obstacles.

Pierre Morel à l’Huissier, député de la Lozère, a remis au Premier Ministre le 7 novembre dernier son rapport sur le télétravail en France. Dominique de Villepin lui avait confié une mission parlementaire afin d’étudier les voies et moyens de développement de cette nouvelle méthode de travail en France.

La France semble en effet accumuler du retard sur le développement de cette nouvelle forme de travail. Selon de nombreuses études, les télétravailleurs français représentaient en 2003 environ 7% de la population active pour une moyenne européenne de 13%.

L’explication de cette situation n’est pas à rechercher dans un retard d’équipement ou d’infrastructures par rapport à ce qui se fait dans les grands pays européens. En effet, la généralisation en France des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) ainsi que la baisse de leurs coûts ont rendu possible l’émergence du télétravail.

Le télétravail répond à une demande sociétale de mieux équilibrer vies privée et professionnelle. Il constitue par ailleurs un facteur d’accroissement de la productivité dans les entreprises confrontées à une mobilité croissante de leurs salariés en vue de répondre à leurs marchés. Enfin, il permet de maintenir, voire de créer, de l’emploi dans des zones rurales défavorisées et de revitaliser ainsi l’activité économique locale.

La mission parlementaire menée par Pierre Morel à l’Huissier a relevé que « il n’y avait pas d’obstacles législatifs et réglementaires majeurs au développement de cette nouvelle organisation du travail en France », et ce grâce notamment à l’accord interprofessionnel conclu l’an passé et qui transposait l’accord-cadre européen de 2002.

Les véritables freins, souligne le rapport, « relèvent des mentalités et d’une organisation du travail qui tarde à capitaliser les avantages offerts par les nouvelles technologies ». Avoir un salarié en télétravail impose en effet de lui faire confiance et d’apprendre à le « gérer à distance ». Ceci implique certainement de nouvelles formes de management dans nos entreprises !

Pour remédier à la situation, le rapport demande au gouvernement de « faire sortir le télétravail de la clandestinité » dans laquelle il est cantonné. Il lui demande de mettre en oeuvre tous les dispositifs permettant aux entreprises et aux salariés d’y accéder avec notamment :

– la diffusion de guides de bonnes pratiques ;
– le lancement d’une campagne de communication sur le télétravail ;
– l’inscription dans les programmes de formation initiale des professionnels d’une ouverture à l’économie numérique ;
– la création d’un statut micro-social permettant au télétravailleur de se libérer de ses obligations sociales par un paiement exprimé en pourcentage du chiffre d’affaires.

Espérons que ces mesures parviennent à convaincre les entreprises de jouer le jeu, les milieux patronaux restant réticents et les syndicats peu actifs sur le sujet !


Source : Rédaction de NetPME
Contact :
redaction@netpme.fr

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