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L’OCDE prône des réformes économiques rapides devant la Commission Attali

Consultée par la Commission pour la libération de la croissance française, présidée par Jacques Attali, l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) a prôné l’urgence des réformes économiques, notamment en matière de fiscalité, d’éducation ou de marché du travail.

Répondant à l’invitation de la Commission Attali de fournir les analyses de l’OCDE sur l’économie française, son secrétaire général, Angel Gurria, a présenté un rapport de plus de 190 pages intitulé « Le pari de la croissance ». Dans ce rapport, Angel Gurria reconnaît que la France possède beaucoup d’atouts qui sont reconnus internationalement « mais depuis quelques années, l’économie française ne semble pas réaliser pleinement son potentiel en termes de croissance et de compétitivité ». Il constate que « depuis le milieu des années 90, la France croît, certes, mais elle perd du terrain par rapport à des partenaires importants, alors qu’elle en gagnait auparavant ». Il déplore « une certaine crainte de l’avenir et une méfiance vis-à-vis du changement ».

Angel Gurria pointe du doit les cinq éléments qui, selon lui, constituent les principaux handicaps de la France : le manque de clarté sur le cadre macroéconomique à long terme, le fonctionnement insatisfaisant du marché du travail, la faiblesse du système éducatif pour une partie importante de la jeunesse, des réformes pro-concurrentielles qui avancent plus lentement que dans d’autres pays et, enfin, une fiscalité relativement complexe et peu attractive, pesant fortement sur le travail.

Pour y remédier, l’OCDE propose, à l’instar de la Commission Attali, de supprimer l’interdiction de la revente à perte et les restrictions aux implantations de grandes surfaces. L’organisation prône également un redressement rapide des finances publiques françaises. Ce redressement, trop modeste encore à ses yeux, doit permettre d’améliorer le cadre général de l’économie française et l’innovation. Pour améliorer le fonctionnement du marché du travail, l’OCDE propose de modérer la progression du SMIC, « qui doit rester inférieure à l’évolution moyenne des salaires ». En France, rapporté au salaire moyen français, le salaire minimum est de 47 %, soit l’un des niveaux les plus élevés de l’OCDE. Pour l’organisme, « cela conduit à exclure du marché du travail les personnes les moins productives et les moins expérimentées ».

Même si le rapport de l’OCDE reconnaît que « des réformes ont été engagées sur les retraites, sur la santé, sur la réduction du nombre de fonctionnaires, sur la qualité des finances publiques », son secrétaire général affirme qu’elles ne constituent qu’un début et qu’il faudra aller plus loin. « La phase de prise de conscience des problèmes est tout à fait utile pour que la population adhère aux réformes nécessaires, mais il ne faut pas non plus laisser ensuite trop longtemps sans réponse les questions de long terme qui ont été soulevées, sous peine de créer un sentiment d’inquiétude et d’incertitude ».

« Aujourd’hui, la France semble décidée à prendre en main son avenir en menant les réformes d’envergure qui lui permettront de relancer sa croissance et sa compétitivité. L’OCDE se joint à cet effort, et nous faisons le pari de la relance de la croissance française. Un pari qui, j’en suis certain, sera gagnant ! » a conclu Angel Gurria.


Nathalie LEPETZ
Rédaction de NetPME
 

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