Interview

Christophe Mathevet, fondateur et dirigeant de Cotranet et Genwyse, entreprises de service informatique à Meylan (38)

Animé depuis ses premières années d'études par l'envie de créer, Christophe Mathevet a fondé et dirige deux entreprises de service informatique, Cotranet et Genwyse. Pour lui, l'engagement dans la vie associative constitue un retour logique du soutien qui lui a été apporté. 

Christophe Mathevet, fondateur et dirigeant de Cotranet et Genwyse, entreprises de service informatique à Meylan (38)

La création d’entreprise, c’est quelque chose de naturel pour vous ?

Dès 18 ans, j’ai eu la volonté de créer. J’ai essayé quinze projets avant de trouver le bon ! Certains étaient avancés, même s’ils n’ont pas abouti. À chaque fois, c’était une nouvelle expérience et le sentiment d’avoir une opportunité.

Finalement, vous avez sauté le pas alors que vous aviez une belle situation chez Cap Gemini…

Il y avait un pas à franchir. Je divisais mon salaire par trois alors que j’avais trois enfants à élever et une maison à payer. Mais ce pari correspondait à ce que je voulais faire. C’était un saut, mais aussi une évidence : c’était écrit, ça devait se passer comme ça ! C’était important pour moi d’être indépendant, d’être mon propre patron et de décider de mon avenir. C’est une histoire de développement personnel, de réalisation de soi. Il fallait que je fasse quelque chose de ma vie, que je construise et développe. La gestion tranquille n’est pas ma tasse de thé !

Comment vous définiriez-vous en tant que manager ?

Mon objectif, c’est le développement des entités. Je suis un chef d’orchestre et je m’appuie sur des équipes autonomes. Le choix des hommes et des femmes est donc très important. La base économique d’une entreprise, c’est de gagner de l’argent pour être sain et pouvoir redonner aux salariés. Ceux-ci passent d’ailleurs beaucoup de temps au travail. Il faut donc que ce soit un plaisir, pas une corvée. C’est pourquoi nous avons de nouveaux locaux, que nous organisons des réunions régulières, que nous offrons une politique sociale (PEE, tickets restaurant, plan de formation, etc.). Il faut créer une dynamique avec des avantages et une philosophie.

Quels sont vos projets de développement pour l’entreprise ?

Aujourd’hui, je vise moins des gros résultats, mais plus une optimisation du développement avec des investissements permanents sur les fonds propres de l’entreprise. Nous sommes toutefois en discussions pour une levée de fonds de 1,5 million d’euros sur 2010-2011 pour accélérer la commercialisation d’une nouvelle offre.

Vous siégez aujourd’hui au conseil d’administration du Réseau entreprendre Isère. Vous êtes aussi vice-président d’Inovallée, le parc technologique où sont implantées vos sociétés. Et vous êtes le président de Grilog, l’association Grenoble Isère logiciel. Pourquoi toutes ces casquettes ?

Je me suis toujours engagé dans la vie des associations et de la cité. Je suis chef d’entreprise, c’est bien. Mais j’ai aussi une famille. Et les associations sont mon troisième pilier. J’y apprends beaucoup. Et surtout, j’ai envie de rendre ce qui m’a été donné. Déjà à 18 ans j’étais président de mon club d’informatique! J’aime partager et animer. Et puis, il y a des demandes que l’on m’a faites et auxquelles je n’ai pas su dire non… J’ai été lauréat du Réseau entreprendre, c’est donc normal maintenant de m’y investir. Pour Inovallée, je m’implique dans l’animation de la zone de vie où je suis. Quant à Grilog, c’est pour aider au développement de la filière dans le département.

Ces engagements vous donnent une certaine notoriété ?

Le nombre de casquettes donne effectivement de la visibilité. Mais j’ai un peu de mal à titre personnel, ce n’est pas naturel pour moi… Par contre, je suis tout à fait partant pour parler de mes entreprises ou des associations dans lesquelles je suis. C’est inhérent aux fonctions et nécessaire. Je porte les valeurs et les messages de ces structures. Par contre, il n’est pas question pour moi d’entrer en politique !

Comment gérez-vous ces différents engagements ?

Ça s’intègre assez bien dans le timing, entre midi et deux principalement. Et puis, que ce soit dans le milieu associatif ou professionnel, il faut une équipe autour de soi ; seul, on ne fait rien. Dans les associations, il y a des permanents qui font le travail et je n’ai pas le sentiment que ça me prenne beaucoup de temps. L’entreprise est organisée pour ne pas être perturbée, et mes collaborateurs me permettent d’avancer et de faire tout ça.

Propos recueillis par Anne-Gaëlle Metzger
Le Journal des Entreprises

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