Interview

Eric Sarret, PDG des Biscottes Roger, à Aix-en-Provence

Dans un secteur agroalimentaire fragilisé, les Biscottes Roger, maison fondée en 1949 par Roger Sarret, souhaite prendre un nouvel élan. Eric, le petit-fils qui a repris les rênes de la société familiale en mars 2008, souhaite notamment tourner davantage l’entreprise vers l’export.

Eric Sarret, PDG des Biscottes Roger, à Aix-en-Provence

La société Biscottes Roger a été fondée il y a 60 ans. Quel est le secret de sa longévité?

Sans doute ce qui fait notre différence et notre réputation depuis l’origine : l’importance que nous accordons à la qualité de nos produits. Mais aussi notre volonté de durer, et l’attachement que la famille Sarret porte à sa société.
Je représente aujourd’hui la troisième génération, et le fait que l’entreprise soit toujours détenue à 100 % par notre famille est, à mon sens, un facteur explicatif de notre pérennité. Notre passé fait incontestablement partie de la culture de la société.
De même, nous misons beaucoup sur la fidélité de notre personnel. L’ancienneté moyenne chez nous est de 18 ans, et nous venons tout juste de fêter le départ à la retraite d’un employé qui avait 41 ans de maison…

Reprendre une entreprise créée par son grand-père est-il un challenge ou un privilège ?

Les deux à la fois… C’est une chance, c’est vrai, mais aussi un challenge, car il est naturel de vouloir faire mieux que ses prédécesseurs.
Mon souhait, aujourd’hui, est d’assurer la solidité de l’entreprise, après deux exercices déficitaires, en 2006 et 2007. À la fin mars 2008, nous accusions une baisse de 20 % de notre chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente. Nous avons réussi, au fil des mois, à rattraper le niveau de 2007, avec, fin 2008, un exercice étal.

Comment avez-vous procédé?

Nous avons réalisé des économies de structures. Départs à la retraite non remplacés, réorganisation et rationalisation de notre production… Nous avons subi de plein fouet les hausses des matières premières et de l’énergie, qui nous ont fortement pénalisés et qu’il nous a bien souvent été impossible de répercuter sur les prix, notamment avec la GMS. Sur certains postes, comme la farine, l’augmentation a pourtant été de 100 %…
Aujourd’hui, nous sentons bien que les PME sont en difficulté. Nous-mêmes, dans ce contexte de crise, avons perdu 10 % de notre CA en septembre dernier. Nous avons ensuite réorganisé notre production et notre pôle commercial pour la fin de l’année, donc nous devrions nous en sortir sans trop de mal. Mais ce qui était vrai en mai dernier n’est plus vrai aujourd’hui…

Avec une marque ancrée dans la tradition, quelle marge de manœuvre existe-t-il pour l’innovation?

Nous essayons toujours d’être novateurs, de sortir des sentiers battus, en proposant des produits originaux. Tout en respectant ce qui fait le goût et l’originalité de Roger. La recette de la biscotte, elle, est restée la même depuis 60 ans, mais, en 2008, nous avons sorti six nouvelles références, dont deux en bio. C’est un marché que nous souhaitons développer, avec trois nouvelles gammes en 2009. De plus, nous travaillons actuellement à la refonte du packaging de nos produits, afin de les différencier clairement selon nos deux grands canaux de distribution. L’objectif est de leur donner une image plus dynamique, plus vivante.

Et en matière d’export, quels sont vos objectifs ?

Aujourd’hui, 3 % de l’activité s’effectue à l’export. L’idéal serait d’atteindre les 5 à 6 % à terme, en travaillant avec l’Italie et l’Espagne.

Propos recueillis par Alexandre Léoty – Le Journal des Entreprises

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