Interview

Patrick Levy-Waitz, président d’ITG, société de portage salarial.

« Le portage salarial est une passerelle efficace entre le monde classique du salariat et la logique de l’entrepreneur » plaide Patrick Levy Waitz, président d’ITG, le numéro 1 du portage salarial en France.

Patrick Levy-Waitz, président d’ITG, société de portage salarial.

Pourriez-vous nous présenter ITG et l’activité du portage salarial ?

ITG est le leader du portage salarial en France avec  20% de part de marché et un chiffre d’affaires de 62 millions d’euros en 2012.

Le portage salarial est une forme d’emploi innovante pour les cadres, à mi-chemin entre le travail salarié et une activité d’indépendant. Apparu dans les années 1980 sous une forme associative, le portage salarial permettait à d’anciens élèves disponibles sur le marché de l’emploi d’intervenir dans des entreprises pour des missions ponctuelles de conseil. Il s’est ensuite développé principalement au profit de cadres et de seniors confrontés à un licenciement pour offrir une alternative à la sortie pure et simple de l’entreprise.

S’il est encore peu connu en France, ce statut est promis à un bel avenir dans un contexte de transition économique et d’évolution profonde du marché du travail. Dans un marché du travail en pleine mutation, le portage salarial, plus qu’un statut, est un formidable vecteur de responsabilisation et d’autonomie des cadres. Cette nouvelle forme d’emploi est précisément à la convergence d’une aspiration des cadres à plus d’autonomie et d’un besoin de souplesse qui s’impose aux entreprises. C’est en fait, un passerelle efficace entre le monde classique du salariat et la logique de l’entrepreneur.

Comment évolue ce secteur encore méconnu du grand public français ?

Le portage salarial représente un gisement d’emplois considérable. La France compte environ 30 000 personnes en portage salarial, alors que le potentiel d’emploi de ce secteur est estimé à 200 000 personnes. Cette nouvelle forme d’emploi est particulièrement développée en Suède et au Royaume-Uni.

Les perspectives de croissance du secteur du portage salarial reposent sur trois principales tendances de fond : un nombre croissant de cadres qui sont contraints de trouver une solution alternative au salariat classique ;  l’aspiration d’employés ayant un besoin d’autonomie à un moment particulier de leur vie, mais aussi sur l’aspiration de nombreux salariés à devenir maîtres de leur trajectoire professionnelle ; enfin, l’intérêt de plus en plus de jeunes diplômés pour cette nouvelle forme d’emploi qui leur permet de développer un projet professionnel en toute autonomie, tout en bénéficiant d’un contrat de travail.

Quels avantages le portage salarial offre-t-il par rapport au statut d’auto entrepreneur qui se veut aussi une solution de transition entre le salariat et l’entrepreneuriat ?

Les deux statuts ne répondent pas la même logique de prise de risque ni même au même profil de bénéficiaire. Ainsi, les cadres qualifiés en transition ou reconversion professionnelle et qui souhaitent développer une activité de conseil sont confrontés, avec l’auto entrepreneur à des limites structurelles majeures avec le plafonnement du chiffre d’affaires à 32 600 euros soit 2 716 euros par mois sur l’année civile.  En outre, ce statut ne permet pas de protection sociale afférente au régime des salariés, l’auto entrepreneur ne bénéficiant que de la protection de base fournie par le RSI (Régime Social des Indépendants). Par ailleurs, les charges n’étant pas prises en compte dans le régime de l’auto-entrepreneur, celui-ci peut difficilement assurer une garantie commerciale comme les besoins d’assurer un crédit client, d’avancer des charges de protection sociale, d’assumer le risque de responsabilité civile professionnelle.

En revanche, le portage salarial, par sa souplesse et la sécurité qu’il procure, combine les avantages du salariat et ceux de l’autonomie entrepreneuriale. 

Comment le portage salarial fonctionne-t-il concrètement, et pour quel coût ?

La société de portage salarial reverse au salarié porté un salaire, s’acquitte des cotisations sociales auprès des URSSAF et autres caisses (retraites, formation, etc.) et se rémunère en prélevant une part de frais de gestion, entre 6 et 12% du chiffre d’affaires.

 En comparaison à un auto-entrepreneur, le salarié porté perçoit un salaire net d’environ 50% de son chiffre d’affaires. Ses revenus pourront atteindre jusqu’à 65% si on inclut ses remboursements de frais professionnels  et la participation à un plan d’épargne entreprise (PEE, accordé dans des sociétés établies comme ITG).

En outre, ITG fournit un ensemble de services support à chacun de ses consultants qui dispose d’une assistante et de conseillers dédiés ainsi que d’un directeur référent pour toute question sortant de la gestion quotidienne ; d’un site extranet pour suivre son activité, sa facturation et sa trésorerie ; d’une demi-journée d’information sur la gestion de son compte d’activité ; et de bureaux pour assurer ses rendez-vous et de cartes de visite aux couleurs d’ITG.

Enfin, ITG permet de bénéficier d’un réseau de 2700 consultants actifs et de 17000 clients, avec un accès au portail d’offres de missions « www.missioneo.fr » qui met en relation le consultant avec des entreprises en recherche d’experts pour des missions ponctuelles dans des domaines variés ; ainsi que des clubs et des espaces d’échange pour créer des synergie entre consultants.

Propos recueillis par Houda El Boudrari

Rédaction NetPME

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