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Chèque santé : un "petit plus" pour la santé des salariés

"Nous ne sommes pas concurrents des CHSCT!" s'exclame Vincent Daffourd, créateur du "chèque santé". Ce titre prépayé, cofinancé par le CE de l'entreprise, devrait dès janvier 2015 permettre l'accès des salariés à des prestations de bien-être qui sont peu ou pas prises en charge. Sans pour autant que les employeurs se désengagent des autres actions de prévention, assure-t-on.

Chèque santé : un

Le « chèque santé », création d’une startup montpelliéraine du même nom, devrait être lancé sur le marché des titres prépayés à partir du 1er janvier prochain. Comme son nom ne l’indique pas tout à fait, il permettra à l’entreprise, via son CE, de doter ses salariés d’une somme donnée – comme avec un chèque déjeuner ou un chèque cadeau – ; cette somme pourra ensuite être dépensée dans des prestations de santé pas toujours remboursées par la sécurité sociale et/ou les mutuelles. Chez les professionnels sport-santé, les orthodontistes, les ergonomes et autres naturopathes par exemple.

Prévenir les maladies professionnelles ?

Certaines de ces prestations peuvent permettre, selon Vincent Daffourd, le créateur du chèque santé, de prévenir des maladies professionnelles comme les TMS, via la consultation d’un posturologue par exemple. D’ailleurs, sur le site chèquesanté.com, les professionnels acceptant le titre prépayé sont répartis en catégories : « experts des TMS », « experts des RPS », etc. Il a beau saluer le dispositif, Julien Pelletier, responsable « priorité qualité de vie au travail » à l’Anact ne voit pas tellement le lien avec la santé au travail. Car si les TMS sont dus à l’usage d’une machine par exemple, dit-il, il faudrait non pas tant que le travailleur se rende chez le posturologue de temps à autre, mais bien plutôt « que l’expert en gestes et postures se déplace sur le lieu de travail, qu’il examine le poste de travail et prenne des mesures ». De son point de vue, il s’agit plutôt là de prestations contribuant au « bien-être », psychologique notamment.

La stratégie nationale de santé

Un bien-être psychologique qui, rappelle Vincent Daffourd, fait malgré tout partie de la définition de la santé donnée par l’OMS. « Nous nous positionnons très clairement en accord avec la stratégie nationale de santé de Marisol Touraine, qui vise à inciter au passage du tout curatif au plus préventif », ajoute-t-il « Cela passe indéniablement par des prestations de santé, qui relèvent davantage du mieux-être que de la pathologie ». Par ailleurs, souligne Julien Pelletier, « ces chèques peuvent permettre au salarié d’accéder à certains soins qu’il ne peut pas toujours s’offrir lui-même ».

156 euros par an

Avec un plafond de 156 euros par an, le chèque santé – exonéré de charges au même titre que le chèque déjeuner ou le chèque vacances – doit bénéficier à plusieurs milliers de salariés, d’ici quelques mois. Car selon Vincent Daffourd, de « nombreuses entreprises et comités d’entreprises » l’ont déjà contacté. Et comme c’est au CE que revient la gestion des chèque santé, rassure-t-il, on ne peut pas dire qu’ils « cannibalisent » le budget destiné par exemple à faire venir des intervenants santé et bien-être en entreprise. « Nous ne sommes pas concurrents du CHSCT ! » soutient-il.

Étude comparative

Manuela Diaz Gonzales travaille dans une Scop ayant prévu de mettre en place le chèque santé. Pour elle, le chèque santé est un « petit plus », mais pas un « produit miracle » : « Une consultation chez un spécialiste coûte environ 50 euros ; avec un plafond de 156 euros, ça va vite », assure-t-elle. Il n’y a donc pas de quoi, selon elle, craindre un désengagement des employeurs et des préventeurs vis-à-vis des autres actions de prévention déjà mises en place. Julien Pelletier, de son côté, suggère aux entreprises de faire leurs comptes : investir une somme égale dans les chèques santé et dans une politique plus classique de prévention, puis « en fin d’année, évaluer les effets de ces deux politiques, déterminer laquelle a été la plus bénéfique pour la santé des salariés ».

Un premier geste

L’exemple de la Scop de Manuela Diaz Gonzalez montre autre chose, que David Daffourd met en avant : « Pour les PME qui ont du mal à trouver une mutuelle pour leurs salariés, ou qui jusqu’alors ne faisaient pas grand chose en termes de santé au travail, faute de savoir comment faire, nous sommes une première action à initier. » Pour l’instant, en réalité, cette logique vaut surtout pour les TPE semble-t-il, puisqu’elles représentent 40% des futurs clients de Chèque santé. Les autres ? Surtout des ETI (entreprises de tailles intermédiaires) et des grandes entreprises ayant « déjà initié des actions de qualité de vie au travail et de réduction des risques ».

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