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Les entrepreneurs français pensent trop tard à l'accompagnement !

Une enquête réalisée en juillet 2019 par le réseau d’accompagnement I&S Adviser révèle que 88 % des serials entrepreneurs ont recours à l'accompagnement contre 12 % des primo-créateurs. Au-delà de son effet de levier intéressant pour prévenir les risques de défaillance, l'accompagnement s'avère être un réel atout pour réussir le développement de son entreprise.

Les entrepreneurs français pensent trop tard à l'accompagnement !
"L'un des meilleurs moments pour se faire accompagner est lorsque tout va bien et qu'il faut choisir une direction." ©Adobe Stock

Pour le chef d’entreprise, accompagnement rime avant tout avec « levée de fonds » et « acquisition », résume l’enquête menée par le réseau de partenaires d’exploitation I&S Adviser sur 315 dirigeants pour connaître le regard qu’ils portent sur l’accompagnement.

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Un accompagnement opérationnel pour gérer les phases de tension

Parmi les 49 % de dirigeants de TPE et 21 % des PME qui se font accompagner, l’étude montre que 43 % le font quand leur entreprise traverse une difficulté contre 19 % en phase de développement. Ainsi, les questions de proposition de valeur, développement commercial, pivot du modèle économique ou encore structuration interne sont 4 fois moins évoquées que les levées de fonds.

« Encore trop de chefs d’entreprise pensent à l’accompagnement uniquement pour gérer des phases de tension alors que l’un des meilleurs moments pour se faire accompagner est lorsque tout va bien et qu’il faut choisir une direction,  commente Isabelle Saladin, fondatrice du réseau I&S Adviser. Or, la majorité des dirigeants font appel à nous trop tard, quand la croissance de leur entreprise stagne depuis plus de 18 mois par exemple. »

L’enquête dévoile que les chefs d’entreprises recherchent des solutions opérationnelles, en se tournant d’abord vers des fonds d’investissement (30 %), des cabinets de conseil (25 %) et des Operating Partners (24 %). Seulement 13 % s’intéressent à des programmes institutionnels, tels que « Accélérateur PME » de Bpifrance et 8 % au coaching.

L’expérience acquise sur le sujet donné est leur premier critère de choix (33 %), suivi de l’engagement du partenaire sur le résultat à atteindre (22 %). « Nos seules règles sont d’accompagner nos clients uniquement sur des activités que nous comprenons et de nous limiter à des stades de développement que nous avons déjà connus dans nos propres entreprises », explique Alexandre Stern, qui mène de front le développement d’une maison de gastronomie en parallèle de son métier d’Operating Partner chez I&S Adviser.

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L’ego et le coût : les principaux freins de l’accompagnement

Comment expliquer que les dirigeants n’aient pas le réflexe de l’accompagnement, alors qu’il réduirait de moitié le risque de faillite des entreprises (étude BCG 2018) ?  

« Contrairement à l’Outre- Atlantique où la fin justifie toujours les moyens, les entrepreneurs français ont dû mal à se faire aider sur des sujets stratégiques à cause du regard des autres », témoigne Isabelle Saladin qui passé plusieurs années aux États-Unis avant d’importer en France le concept d’Operating Partners (des entrepreneurs ayant dirigé au moins deux entreprises et qui réalisent des prestations d’accompagnement en plus de leur activité). L’étude le confirme puisque 31 % des répondants disent vouloir y arriver tout seul (ou avec leurs associés) et 23 % évoquent un manque de confiance dans l’accompagnement.

A côté de ce problème d’égo, le coût financier arrête quant à lui 22 % des répondants,  « principalement des start-up pourtant très ouvertes à se faire copiloter », d’après Isabelle Saladin. Bien sûr le budget varie selon le type et la durée de l’accompagnement. Live Mentor propose une solution 100 % en ligne à 1 500 euros pour trois mois. Chez I&S Advisers, il faut compter au minimum 8 000 euros pour avoir un « check-up » en une semaine avec une liste des recommandations à mettre en œuvre, et entre 43 200 et 57 000 euros selon la taille de l’entreprise pour 6 mois d’accompagnement complet auxquels s’ajoute à la fin une prime sur les objectifs atteints.

Pour encourager les entreprises à recourir à l’accompagnement, la plupart des Régions proposent des financements (« PM’UP », « Région Sud Défensif », etc.).

Emmanuelle Bernard

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