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L'opération séduction des experts-comptables en direction des porteurs de projet

Désireux de renforcer la présence des experts-comptables auprès des porteurs de projet, l'Ordre des experts-comptables a mis en place dans plusieurs régions une opération visant à améliorer le taux de pérennité des jeunes entreprises. 12h de conseil sont ainsi offertes aux créateurs et repreneurs d'entreprises pour les accompagner dans leur démarche.

L'opération séduction des experts-comptables en direction des porteurs de projet

Les chiffres sont connus : 40 % des nouvelles entreprises meurent au bout de trois ans, un taux d’échec qui tombe à 10 % quand les entrepreneurs sont accompagnés dans leur démarche.
Forts de cette réalité, les experts-comptables, partenaires naturels des chefs d’entreprises, ont souhaité renforcer leur présence auprès du public des porteurs de projet en rendant leur offre de services plus visible. Pour ce faire, l’Ordre des experts-comptables a mis en place une opération séduction qui devient peu à peu nationale. Mi-2012, sept "régions"* ont ainsi rejoint l’opération : Auvergne, Bourgogne Franche Comté, Bretagne, Lorraine, Normandie, Pays de Loire et Poitou Charentes Vendée.

Destiné aux créateurs et repreneurs, le dispositif « Créer, accompagner la jeune entreprise » offre ainsi aux porteurs de projet un chéquier conseil d’une valeur de 12h, réparties en trois phases :

  1. analyse et finalisation du projet ;
  2. aide aux formalités ;
  3. accompagnement post-création ou reprise.

L’Ordre évalue entre 25 et 40, les heures nécessaires à un accompagnement complet, selon qu’on est un créateur ou un repreneur d’entreprise.

Un accompagnement dans des choix cruciaux

Volontairement, la répartition des heures bénévolement consacrées au porteur de projet n’est pas équilibrée : 8h sont ainsi consacrées à la phase d’amont, contre 1h pour les formalités et 3h pour la phase post-création. « C’est dès le début qu’il faut se demander si son modèle économique fonctionne ou va fonctionner et faire des choix cruciaux : structure juridique, régime fiscal, social, décisions concernant le financement… Cette phase de questionnement et d’échanges prend du temps pour permettre d’avoir la quasi-certitude que ses choix sont les bons », observe Gérôme Gauriau, Président de l’Ordre des experts-comptables des Pays de Loire*, "région" qui s’est lancée dans l’opération en novembre 2011 et qui, en quelques mois, a déjà accompagné près de 100 porteurs de projet. A l’occasion d’un premier bilan, l’Ordre s’est également félicité de la signature – jusqu’ici exclusive -, d’une convention de partenariat avec trois banques – Les Banques Populaires, le Crédit Agricole et le CIC Ouest – qui permet aux porteurs de projet accompagnés dans la région de bénéficier de conditions privilégiées (prêts jusqu’à 30.000 euros à taux préférentiels, engagement d’une réponse sous 72h, remise totale des frais de dossier).

Ce dispositif des chèques conseils, d’une valeur unitaire de 75 euros, rappelle une initiative lancée par l’Etat en son temps. Un héritage complètement assumé : « cette action a disparu pour des raisons budgétaires, mais elle avait rencontré une réussite assez forte. On s’est donc posé la question de savoir comment y revenir », explique Eric Bouron, Président de la commission Communication de l’Ordre des experts-comptables des Pays de Loire.

A l’origine de cette opération ? Une initiative bretonne lancée en décembre 2009, et qui visait trois objectifs : contribuer à la dynamique de créations d’entreprises pérennes, rendre plus lisible les compétences des experts-comptables auprès des porteurs de projet, ainsi que réaffirmer leur rôle auprès des acteurs du monde de la création d’entreprise.

Persuadé que le contexte économique difficile rend cet accompagnement encore plus indispensable, l’Ordre a donc décidé d’étendre le dispositif. Sur la base du volontariat, chaque "région" a donc la possibilité de mettre en place l’opération sur son territoire. Un site internet permet de localiser facilement les experts-comptables partenaires de l’opération.

Un dispositif qui ne concerne pas les auto-entrepreneurs

Tous les porteurs de projet peuvent-ils profiter de ce dispositif ? S’il appartient à l’expert-comptable d’évaluer ceux qui entrent effectivement dans cette offre d’accompagnement, l’Ordre prévient d’emblée que les auto-entrepreneurs en sont exclus. Quant aux repreneurs, le dispositif les concerne a priori moins que les créateurs d’entreprise, sauf dans les cas de reprise de fonds de commerce : « C’est un parti pris d’accompagner plutôt les créateurs que les repreneurs, admet Gérôme Gauriau, car on souhaite d’abord faire émerger des projets ».

Christophe Soyer, jeune créateur d’une entreprise de vitrerie et serrurerie à Nantes a ainsi bénéficié de l’accompagnement d’un expert-comptable partenaire de l’opération. Pour lui, la présence d’un professionnel à ses côtés s’est révélée indispensable : « Je n’étais pas au point sur toutes mes démarches. L’expert-comptable m’a aidé à choisir et déposer les statuts de ma société et m’a accompagné dans les démarches administratives et à tous mes rendez-vous avec les banques. Sans lui, je ne sais pas si j’y serais arrivé, et dans tous les cas, cela aurait pris beaucoup plus de temps ! »

*Attention, le découpage ne suit pas forcément celui des régions administratives. Par exemple, les Pays de Loire comprennent 5 départements : l’Indre-et-Loire, la Loire Atlantique, le Maine-et-Loire, la Mayenne et la Sarthe, rassemblant 800 experts-comptables.

Pour en savoir plus : www.creer-accompagner.fr

Nelly Lambert
Rédaction de NetPME
redaction@netpme.fr  

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