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Série mutuelle d’entreprise : « un tsunami » selon certains professionnels

Le 1er janvier 2016, tous les salariés devront bénéficier d’une mutuelle d’entreprise. Pour cette protection santé destinée à tous, les avis sont partagés et certains professionnels sont loin d’être unanimes sur le bien-fondé de cette réforme, « un tsunami » selon la Fnim (Fédération nationale indépendante des mutuelles).

Série mutuelle d’entreprise : « un tsunami » selon certains professionnels

«  La complémentaire santé pèse entre 37 et 38 milliards d’euros sur l’ensemble du périmètre individuel et collectif en 2014. Elle était de 18,8 milliards d’euros en 2000. La santé collective, à elle seule, représente un marché de 12 milliards d’euros », chiffre Loïc Marie directeur du développement sur les métiers santé/prévoyance du cabinet Mercer (notamment conseil en santé prévoyance). « C’est la foire d’empoigne  sur le terrain, le chef d’entreprise va être confronté à une surabondance d’offres, la santé est devenue un dispositif commercial », craint Pierre Burban, secrétaire général de l’Union professionnelle artisanale (UPA). Un sentiment partagé par Philippe Mixe, président de la Fédération nationale indépendante des mutuelles (Fnim) qui représente une trentaine d’organismes fédérés (unions et mutuelles) assurant la protection de 1,5 million de personnes. Il redoute « un tsunami, un bouleversement pour toutes les mutuelles »« Le panier de soins est terriblement peu protecteur. Quelle nécessité de tout bouleverser de fond en comble ?, interroge-t-il. Jusqu’à présent, les salariés des PME et TPE pouvaient bénéficier de la complémentaire de leur conjoint quand celui-ci travaillait dans une structure plus importante ; ils vont devoir l’abandonner pour être moins bien couverts et payer davantage ! C’est un comble ! », s’insurge président de la Fnim.

Il y a quelques mois, toutefois,  Pierre Burban et Philippe Mixe avaient une approche opposée de la complémentaire santé, puisque le premier souhaitait « des dispositifs maîtrisés par branche » alors que le second œuvrait « pour que les entreprises puissent avoir la liberté de choix de leur assureur santé » même en cas d’accord instituant une couverture pour toute la branche professionnelle. Après une âpre bataille, le législateur lui a finalement donné raison : plusieurs branches avaient mis en place des clauses de désignation d’assureurs qui ont été censurées par le Conseil constitutionnel en 2013, et ont été transformées en simples clauses de recommandation, à caractère non-obligatoire.

Dumping sur le panier de soins

A six mois de l’échéance, ce sont entre trois et quatre millions de salariés qui seront concernés par la nouvelle obligation des entreprises. Or, « 95 % de la population possède une complémentaire santé», relativise Philippe Mixe. Le dispositif à venir montre déjà certains inconvénients. « Nous avons eu des remontées négatives, avec des questions très précises de certaines mutuelles sur l’état de santé des salariés et des exclusions à cause de personnes en situation de handicap », déplore Pierre Burban. Et pour le président de la Fnim, « la proximité des mutuelles locales avec les chefs d’entreprises, risque d’être écornée par le dumping des grosses compagnies sur le panier de soins ». Ces mutuelles territoriales vont donc devoir se battre afin de prouver aux PME et TPE qu’elles sont bien placées pour leur proposer des solutions sur-mesure. Elles devront démontrer que le panier de soins, prix d’appel, n’est qu’un élément de la complémentaire santé, car les différentes options proposées par secteur d’activité, métier ou territoire ont une importance qualitative qui fera la différence.

Penser au salarié

Le cabinet Mercer a mené une étude en 2012 et a constaté pour le marché des moins de vingt salariés une variation de prix de 40 % pour les mêmes garanties. « Le marché est disparate, les entreprises doivent trouver le bon compromis entre une couverture panier de soins minimum qui est pris en charge à 50 % par l’employeur et 50 % par le salarié, et des couvertures santé plus complètes dans la limite du contrat responsable afin de maintenir la taxe à 6% contre 14% au 1er janvier prochain si le contrat n’est pas responsable. Des options complémentaires et individuelles qui entrent dans la « surcomplémentaire »  auxquelles peuvent souscrire les salariés seront proposées pour compléter les prestations attendues par eux », propose Loïc Marie du cabinet Mercer. Alors que faire ? Au moment du choix dans cette jungle d’offres, penser au salarié car moins il sera absent et meilleur sera son environnement professionnel, plus il sera productif et plus les coûts de la mutuelle seront maîtrisés.

 

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