Interview

Benoît Quero, gérant de Spectaculaires, à St Thurial (35)

Patron de Spectaculaires, une société de conception et de réalisation d’événements qui porte bien son nom, Benoît Quero ressent les effets de la crise. Ce qui ne l’empêche pas de préparer son équipe aux défis de demain, qu’ils soient technologiques, écologiques ou économiques.

Benoît Quero, gérant de Spectaculaires, à St Thurial (35)

Dans le contexte de crise que l’on connaît, comment se porte Spectaculaires ?

On a réalisé en 2008 un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros, en hausse de 20 % par rapport à 2007. Mais 2009 se présente moins bien. On a enregistré un certain nombre d’annulations. De grosses assemblées générales de banques ont été annulées en plein dans la tourmente. Cela s’explique aussi par des décisions politiques de villes qui ne voulaient pas montrer qu’elles mettaient de l’argent dans des spectacles en temps de crise. On va donc être en repli d’activités. Plus proches des 3,5 millions d’euros que des 4. Mais ce n’est pas la fin du monde. On est dans cet effet de tassement, mais on a des projets à l’international et on veut développer nos prestations. Le calendrier 2010 s’annonce assez copieux.

Et qu’entendez-vous par « développer nos prestations » ?

On a recruté quelqu’un pour travailler sur l’événement d’entreprise. On y est peu, si ce n’est sur certains événements où l’on vient nous chercher pour notre créativité. On va donc développer des produits spécifiques pour valoriser par l’image et/ou la lumière les entreprises. Et aujourd’hui, on veut s’affirmer dans ce domaine avec la particularité de proposer une offre la plus green light possible.

C’est-à-dire ?

On est capable de faire un concert, valoriser un bâtiment ou une entreprise avec la consommation d’une prise domestique. À l’occasion des Trans Musicales, et du retour au Liberté, on a mis en œuvre une expérience volontariste autour de la scène principale en green light. Il n’y avait aucune lampe halogène ni gradateur. En matière de consommation d’énergie, on est passé d’un rapport de 5 à 1, sans pour autant faire un truc à deux balles !

Pouvez-vous en dire plus sur vos projets à l’international ?

On est de plus en plus sollicité avec un appel entrant environ par semaine. J’étais en ligne ce matin avec la Grèce. J’ai un contact en Arabie Saoudite et j’attends un coup de fil pour partir au Brésil. D’avoir été exposé sur le site web mondial d’Apple nous a beaucoup aidés. On a fait l’objet d’une success story pendant un mois. Ça a multiplié par dix les connexions sur notre site.

Culture et économie sont-elles conciliables pour vous ?

J’ai toujours eu le souci de faire cet art de la distraction, de l’imaginaire, en lien avec la vraie vie. On ne fait pas de l’art pour l’art. C’est une sorte de mouvement accompagnant la société qui est nécessaire plus que pour le strict moral des Français. Car un spectacle nocturne induit des nuitées, des repas… On mesure les conséquences en termes d’emplois.
 

Propos recueillis par Philippe Créhange
Le Journal des Entreprises

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