Interview

Erwan Minier, fondateur et Président du salon en ligne Visiofair.com, à Plerin (22)

Cet entrepreneur, qui a toujours baigné dans l’univers des nouvelles technologies, a créé, il y a un an, un salon virtuel via une plateforme logicielle. Une solution qui permet aux entreprises d’accéder facilement - et à des tarifs très compétitifs - à un stand, et, in fine, à des contacts très qualifiés, source de business.

Erwan Minier, fondateur et Président du salon en ligne Visiofair.com, à Plerin (22)

Vous avez créé un salon virtuel. En quoi cela consiste-t-il ?

Visiofair est une plateforme logicielle qui permet à celui qui a une licence de concevoir un salon en ligne en toute autonomie.
Les stands sont ensuite conçus par les exposants : à eux de concevoir le design, de télécharger leurs vidéos, leurs actus…
Quant au visiteur, il est d’abord accueilli dans un hall en ligne, puis il peut aller de stand en stand, de la même façon qu’il le ferait dans un salon classique. Il peut aussi rechercher un stand particulier par mot-clé ou via le plan 3D.

Quelle est la valeur ajoutée d’un salon en ligne comparé à un salon classique ?

En premier lieu, son coût, beaucoup moins cher qu’un salon classique qui revient, en moyenne, à 6000 euros pour trois jours, tous frais compris (stand, moyens humains, frais de transport, d’hébergement…). Chez nous, la location d’un stand c’est 750 euros, et pour l’année ! Même si l’on ajoute ensuite des frais de communication, variables selon la taille du plan média et par ailleurs, mutualisables, l’investissement n’a rien à voir !
Autres avantages : les exposants bénéficient d’outils très innovants. Visiofair a en effet vocation à générer du business pour les entreprises exposantes. On a donc mis en place des outils de mise en relation pour que les visiteurs puissent contacter les stands. Un système de tchat, une messagerie instantanée…
De plus, les exposants voient en temps réel qui est sur leur stand. Ils peuvent à tout moment taper sur l’épaule d’un visiteur. Surtout, il a accès à une base de données ultra-qualifiée, à partir du moment où le visiteur s’est badgé à l’entrée du salon, et ce même sans action de sa part.
De son côté, le visiteur peut lui aussi contacter l’exposant via l’outil de visioconférence. Avec un avantage pour l’exposant : il n’a pas besoin de rester constamment devant son ordinateur. Il est en effet averti par un appel qui fonctionne d’abord comme un coup de téléphone classique, ensuite converti en visioconférence. C’est un outil très pratique et qui permet d’humaniser la relation.

Qui sont vos clients ?

Pour l’heure, ce sont des organisateurs d’événements, syndicats professionnels, collectivités, fédérations, qui souhaitent compléter leurs salons existants, voire les remplacer. Depuis un an, nous avons par exemple organisé le premier salon 100 % virtuel de la sous-traitance industrielle, mais aussi le salon du packaging, ceux de la filière lait, de l’emploi, du tourisme…

Comment se porte ce marché du salon virtuel en France ?

Cette solution vient des Etats-Unis où elle est née il y a trois-quatre ans. Mais en France, le marché est naissant. Pour l’heure, nous sommes deux acteurs et les réactions du marché sont assez mitigées : si certains s’y engouffrent, beaucoup d’organisateurs sont un peu réticents car ils ont peur de cannibaliser leurs propres événements. Pour eux, c’est une révolution, alors que les entreprises exposantes n’y voient que des avantages, et surtout que cette solution booste leur business.
C’est pour cette raison que nous n’excluons pas de devenir nous-mêmes organisateurs. Pour l’instant, on ne ferme pas la porte aux professionnels, mais on se heurte à l’attentisme.

Quels sont vos objectifs de développement ?

On est un peu en retard par rapport à nos prévisions initiales, qui étaient plutôt ambitieuses : on n’a pour le moment engrangé 7 licences, pour un objectif de 13. Mais avec les multi-licences, on peut encore se rattraper. On a été surpris par le temps de décision très long, jusqu’à six mois des organisateurs de salon. Il faut dire que la programmation d’un salon classique se prépare jusqu’à 12 mois à l’avance !
Outre le positionnement que nous envisageons de revoir, nous avons dans les tuyaux un nouvel outil. Il s’agit d’une salle de visioconférence dans laquelle nous pouvons organiser des conférences et qui permettent aux participants d’interagir. Elle sera opérationnelle d’ici deux mois, au tarif d’un euro la minute de diffusion et constitue pour tous ceux qui n’ont pas les moyens de louer une salle, une nouvelle façon d’avoir une tribune. Et de notre côté, cela va nous permettre d’ouvrir de nouveaux marchés…
Surtout, il est essentiel pour nous d’avoir un produit qui évolue constamment. Nous consacrons d’ailleurs 40 % de notre budget en recherche et développement. C’est impératif car si pour l’heure, le marché est naissant, il faudra être devant quand il décollera. Pour moi, ce type de solution représente probablement l’environnement de travail de demain de bon nombre d’entreprises. On prépare donc l’avenir !
Parallèlement, nous recherchons des revendeurs de notre solution à l’étranger, notamment aux Etats-Unis où le marché est plus mature. Nous avons en effet une approche ergonomique, graphique et fonctionnelle qu’ils n’ont pas. Et puis, il s’agit d’un business mondial !

Propos recueillis par Nelly Lambert
Rédaction de NetPME

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