Interview

Erwann Goullin, "727 Sailbags est le Lacoste de la voile"

727 Sailbags a le vent en poupe. Jean-Baptiste Roger, Erwann Goullin et Anna Beyou voient leur entreprise se structurer et grandir depuis 5 ans. Erwann Goullin nous explique le concept : produire et vendre des sacs et des objets de décoration avec des voiles de bateaux recyclées. Basée à Lorient (56), cette petite entreprise surfe sur le made in France et le développement durable, et ça marche ! Mieux qu’une success story, l’histoire de 727 Sailbags est une invitation au voyage…

Erwann Goullin,

1)     Pouvez-vous nous raconter la genèse de 727 Sailbags ?

C’est Jean-Baptiste Roger, vice-champion du monde de Hobbi Cat 16 (catamaran) en 1999, qui a eu l’idée quelques années plus tard de fabriquer des sacs avec d’anciennes voiles de bateau. De mon côté, j’étais consultant à Paris et ça ne me convenait plus. On a donc décidé de s’associer pour structurer l’entreprise et essayer de grandir. Puis nous nous sommes associés avec Anna Beyou, qui avait déjà son entreprise de création de sacs pour femmes, et dont le mari est skipper. Nous avons fusionné tout ça et nous nous sommes réparti les rôles : Jean-Baptiste s’occupait de trouver les voiles, Anna les découpait et imaginait les sacs et moi je vendais sur les marchés. Aujourd’hui, Anna gère la communication, Jean-Baptiste la production et moi la gestion/finance. Nous transformons à la fois des voiles « classiques » et des voiles mythiques comme celles du Pen Duick, ou d’autres bateaux qui ont fait le Vendée Globe. D’ailleurs Michel Desjoyaux a été l’un de nos premiers partenaires. Tout cela fait de nous une marque haut-de-gamme, on se veut le Lacoste de la voile.

2)     Vous êtes en train de réaliser une levée de fonds de 2 millions d’euros. Où en êtes-vous?

Nous avons virtuellement nos 2 millions d’euros, c’est-à-dire que nous avons des engagements oraux. Toutefois, nous tenons vraiment à faire une levée de fonds de qualité, en privilégiant les investissements de personnes physiques, et notamment de chefs d’entreprise qui pourront nous apporter une expertise. Par exemple, nous avons déjà deux chefs d’entreprise qui souhaitent investir dans notre société : l’un est un spécialiste de la marque, et l’autre du marché dans les pays anglo-saxons. Nous continuons de chercher d’autres dirigeants d’entreprises qui seraient dans l’optique d’apporter des fonds propres, mais aussi de bonnes pratiques de gestion.

3)     Quels sont vos projets de développement suite à cette levée de fonds ?

L’objectif de cette levée de fonds est de multiplier le nombre de boutiques. D’ici 5 ans nous voulons atteindre un réseau de 20 boutiques en France et 5 à l’étranger. Pour le moment nous exportons déjà via des revendeurs aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande… L’ouverture de ces boutiques va impliquer un certain nombre de recrutements, et nous comptons arriver à 75 collaborateurs d’ici 5 ans.

Nous cherchons aussi à être commercialisés dans les grands magasins. Ce n’est pas facile mais vous ne me croirez pas, je viens de recevoir la confirmation que nous aurons un pop-up store au BHV Marais en avril/mai. C’est un premier pas. Intégrer à long terme l’un de ces magasins pourrait être un tournant pour nous en termes de volume de ventes.

4)     Vous êtes positionnés à la fois sur le Made in France et sur les problématiques de développement durable. Ce positionnement a-t-il favorisé votre croissance ?

Bien sûr, les consommateurs ont aujourd’hui de nouvelles attentes et 727 Sailbags y répond. Aujourd’hui, des marques comme Abercrombie & Fitch ont des chiffres en chute libre parce que les consommateurs se rendent compte qu’ils paient cher pour du Made in China. Ils préfèrent aujourd’hui se tourner vers des marques responsables. Autre circonstance qui paradoxalement nous a aidés, c’est que nous sommes nés dans la crise. Cela nous a permis de reprendre à moindre coût des locaux d’entreprises qui avaient fait faillite. On a pu tester sans prendre trop de risques, ce qui nous a permis d’apprendre sur le tas, en réajustant les conneries avant qu’elles ne soient trop grosses. Il faut être agile et flexible.

5)     Vous avez été lauréat de plusieurs et notamment du Réseau entreprendre, qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Beaucoup de choses. Rien que le fait de constituer des dossiers de candidature, ça permet déjà de structurer nos idées. Le partage avec d’autres chefs d’entreprise est très important. Ça aide à prendre les bonnes décisions. Par exemple, Michel et Augustin nous ont conseillé de prendre un RH à mi-temps alors que l’on n’a que 20 salariés. Mais il faut faire le ratio : est-ce qu’il ne vaut mieux pas dépenser 9000 euros dans l’année plutôt que d’avoir des problèmes avec les salariés, des litiges aux prud’hommes etc. ? Cela nous a permis de sécuriser nos recrutements. Maintenant nous participons au groupe Croissance du Réseau Entreprendre pour développer notre entreprise. On grandit de ces expériences-là.

Propos recueillis par Sophie Roy

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