Interview

Evrard de Villeneuve, fondateur et Président de Chevreuse Courtage, à Paris

Serial entrepreneur depuis ses 16 ans, avec son lot de succès et d'échec, Evrard de Villeneuve est aujourd’hui à la tête d’une entreprise de courtage en assurance. Installé au cœur du triangle d’or des assureurs parisiens, il imprime désormais à ce métier le goût du défi qui a toujours été sa marque de fabrique.

Evrard de Villeneuve, fondateur et Président de Chevreuse Courtage, à Paris

Vous vous définissez comme un « serial entrepreneur ». Quel est le lien entre les différentes expériences de votre parcours ?

Mon parcours est fait d’opportunités, de rencontres providentielles, de besoins détectés à un moment donné et auxquels j’ai répondu.
Le fil conducteur entre ma première boîte de sonos pour les rallyes parisiens, créée à 16 ans, ma deuxième société d’import-export, celle sur le traitement des déchets ménagers, l’imprimerie ou, depuis 9 ans maintenant, le courtage en assurance, c’est le côté pionnier. J’adore tracer le chemin, défricher. Par exemple, quand j’ai créé Chevreuse Courtage, je suis parti de zéro, alors que normalement, dans ce métier, on reprend un portefeuille. Je savais faire de la construction puisque j’en avais fait pendant 8 ans chez Bouygues, alors je me suis lancé dans cette niche, ainsi que dans celle de l’assurance collective. Au début, c’était vraiment de l’inconscience, car je n’avais aucune connaissance du secteur de l’assurance, mais finalement c’est devenu notre valeur ajoutée car cela nous a permis d’innover.

Aujourd’hui et depuis 9 ans, vous êtes courtier en assurances pour les professionnels et les entreprises. Vous êtes désormais en terrain connu, non ?

Le côté pionnier a pris une autre forme, c’est vrai. Il faut dire qu’avant de créer Chevreuse Courtage, j’avais repris la plus vieille imprimerie de France, une expérience qui m’a beaucoup calmé… Depuis, j’ai eu envie de me poser ! Néanmoins, nous sommes tout de même très novateurs dans notre approche du métier. D’abord, on s’est attaqué à deux formes de paresses, intellectuelle et de clientèle alors que finalement, la conquête, ce n’est pas si difficile que ça. Ce qu’il faut, c’est avoir une remise en cause permanente de son niveau. C’est pour cette raison que nous consacrons environ 5 % du chiffre d’affaires annuel à la formation.
Nous avons aussi le souci de l’innovation. Ainsi, quand nos confrères disent à un professionnel que l’escalier en verre qu’il a conçu pour un magasin est impossible à assurer, nous, ça nous fait frémir ! Ca nous a demandé six mois de travail, d’études, d’analyses du risque, de déplacements, de débats avec les assureurs, mais finalement on a trouvé une solution !
En fait, dès qu’on nous dit que c’est impossible, on y va…

Que pensez-vous de l’auto-entrepreneuriat ?

On annonce 300.000 auto-entrepreneurs sur l’année, un chiffre très impressionnant ! Si on pouvait changer la mentalité française, valoriser la prise en main de soi, de sa vie, au lieu de la prise en charge permanente, ce serait vraiment une bonne nouvelle ! Il faut absolument qu’on quitte le climat de suspicion qui règne autour des entrepreneurs en France.

Votre parcours ressemble à un plaidoyer pour le droit à rebondir…

Lorsque j’ai repris l’imprimerie à la barre du tribunal de commerce, j’ai accumulé toutes les erreurs possibles : je me suis trompé d’associé, de marché, de marges, de collaborateurs… Tout ce qui peut arriver de pire à un chef d’entreprise, m’est arrivé. J’ai craqué au bout de 11 mois et suis resté dans mon lit pendant des jours. Au bout du dixième, je me suis levé en disant : « plus jamais ça »et j’ai relevé la tête. Après ça, je savais ce qu’il ne fallait surtout pas faire et depuis, je ne lâche jamais rien !
Le métier d’entrepreneur engendre des succès mais aussi des échecs, j’en suis la preuve. Mon plaidoyer est pour ceux qui connaîtront ces échecs. S’ils sont vraiment convaincus par leur art, ils doivent poursuivre. Je crois au principe de la deuxième chance !

Propos recueillis par Nelly Lambert
Rédaction de NetPME

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