Interview

Guillaume Cairou, "Le travail dominical est une question de justice sociale"

Guillaume Cairou, président du Club des entrepreneurs, nous explique en quoi la libéralisation du travail dominical serait bénéfique pour la croissance et à l’emploi en France.

Guillaume Cairou,

1)     Pourquoi prônez-vous la libéralisation du travail le dimanche ?

Le Club des entrepreneurs défend le travail le dimanche, tout simplement parce que cela apporterait de l’emploi en France. Aujourd’hui, un quart des salariés travaillent le dimanche parce qu’ils sont volontaires. La possibilité de travailler le dimanche est un acquis social qui permet aux salariés de gagner plus d’argent et de ne pas vivre dans la précarité. C’est une question de justice sociale de pouvoir permettre aux gens de travailler quand ils le souhaitent.

De même au niveau touristique. La France est l’une des premières puissances touristiques au monde. Ces touristes quittent la France le dimanche pour aller faire du shopping à Londres ou dans d’autres villes européennes. Et cela ne concerne pas que Paris. Les touristes à Lyon se dirigent vers la Suisse quand arrive le dimanche. C’est une rigidité législative qui n’a plus aucun sens. Il faut desserrer les freins de la compétitivité.

2)     L’ouverture des grandes surfaces le dimanche ne risquerait-elle pas de porter préjudice aux petits commerces ?

Pas du tout, bien au contraire. Les grandes surfaces drainent une activité importante dont peuvent bénéficier les petits commerces alentours comme les restaurants, les librairies, les quincailleries etc. Et tout le monde serait content. Ce blocage est symptomatique du mal français, du poids des organisations syndicales qui n’ont pas évolué, et qui ne bénéficient que d’une très faible représentativité parmi les salariés.

3)     L’ouverture le dimanche représente un coût pour les entreprises. Pensez-vous que les petites entreprises auraient la possibilité d’assumer les majorations salariales liées au travail dominical ?

Globalement, même si les salaires sont majorés le dimanche, l’entreprise s’y retrouve puisqu’elle fait du chiffre d’affaires supplémentaire. Certains détracteurs disent que le chiffre d’affaires est lissé sur la semaine mais c’est faux, les commerces vendent nécessairement plus en ouvrant le dimanche. De plus, cette loi n’oblige personne à ouvrir le dimanche, elle ne fait que le permettre douze dimanches par an. Il revient ensuite à chacun de peser le pour et le contre et de faire son propre choix sur l’ouverture le dimanche.

4)     Vous vous dites favorable à la loi Macron qui préconise la possibilité d’ouvrir les commerces douze dimanches par an sans autorisation. Cette loi va-t-elle assez loin ?

Bien sûr, la loi Macron est une demi-mesure et il faut aller beaucoup plus loin. On est encore arc-boutés sur des principes qui n’ont plus cours. Pour relancer l’emploi et la croissance, il faut faire fonctionner l’économie. Il faut aller plus loin dans le discours de Manuel Valls « j’aime l’entreprise ». Pour aller au bout de la démarche, il faudrait même réinstaurer la défiscalisation des heures supplémentaires, pour donner la possibilité aux salariés d’augmenter leur pouvoir d’achat. Pourtant, cette loi Macron est la dernière chance de ce gouvernement.

Propos recueillis par Sophie Roy

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