Interview

Johann Perathoner, co-fondateur et associé de Cityngo.com

Ciblant spécifiquement les commerçants, encore très souvent frileux au regard de l’usage d’internet dans leur activité, la plateforme Cityngo propose une palette de services simplifiés et accessibles financièrement. Avec une spécificité : la gestion de leur e-réputation via un agrégateur de notes, commentaires et autres classements présents sur le web. Explications de Johann Perathoner, l’un des co-fondateurs du Cityscore.

Johann Perathoner, co-fondateur et associé de Cityngo.com

Quelle est l’originalité de Cityngo.com ?

Cette plateforme est destinée aux commerçants de proximité. Elle centralise tous les services qui leur permettent de gérer leur communication via le web avec, notamment, un axe particulièrement important : la gestion de leur e-reputation.
Nous proposons ainsi un outil spécifique : le cityscore. Grâce à un algorithme qui centralise l’ensemble des données (avis, commentaires, notes, nombre de fans Facebook ou de followers Twitter…), tout ce qui est dit sur le web sur un commerce est recensé. A partir de là, une note sur 10 lui est attribuée, à laquelle un taux de fiabilité est adossé : celui-ci correspond au nombre d’informations que l’on a réussi à trouver sur un même commerce. Si on en a que deux, la fiabilité sera bien évidemment moindre que si on en a trouvé 80 ! Le commerçant voit ainsi, d’un seul coup d’oeil, tout ce qui est dit sur lui.

Quel est votre business model ?

Nous proposons des packs dégressifs de un mois à un an : contre un abonnement (de 9,99 euros pour un mois à 69,99 euros pour un an, NDLR), les commerçants accèdent à un certain nombre de services centralisés : ainsi, pas besoin de multiplier les démarches. Or, justement, on sait que pour eux, le web c’est souvent compliqué : ça ne leur parle pas, ils estiment faire les trois quarts de leur chiffre par le passage… Beaucoup ont ces freins, même s’ils savent objectivement que c’est sûrement important d’être présents sur internet. C’est dans ce sens que l’on a conçu notre projet, en leur proposant un service simple et pas cher.

Qui visez-vous ?

Nous ciblons essentiellement les nouveaux commerces qui ont besoin de se faire connaître et les indépendants, car les chaînes n’ont pas vraiment besoin de nous.
Pour le moment, nous avons enregistré 300 inscrits, mais le potentiel est important : rien que sur Paris et la région parisienne, on recense plus de 60.000 commerçants. Il s’agit pour le moment de notre région pilote, même si nous accueillons aussi les commerçants d’ailleurs.

Pouvez-vous en dire plus sur le marché dans lequel vous vous inscrivez ?

Etrangement, il n’y a pas tant de sites comme nous.
Par ailleurs, au niveau des commerçants, le seul site vraiment connu c’est PagesJaunes car ils sont souvent démarchés par leurs commerciaux. Si Cityngo reprend un certain nombre de services que l’on peut retrouver ailleurs, nous apportons toujours une valeur ajoutée. Par exemple, nos template (modèles de maquettes, NDLR) pour créer son site sont personnalisés en fonction du type de commerce. On propose également une vidéo de 30 à 50 secondes avec une présentation panoramique ou encore une étude de la concurrence via le moteur ciityscore avec les points forts et faibles des commerces autour.
Nous avons aussi essayé d’être malins en nous positionnant sur le créneau de l’e-réputation. Il faut dire qu’aujourd’hui 80 % des clients regardent d’abord l’emplacement d’un hôtel puis, tout de suite derrière, les commentaires, avant même la description de l’établissement. La e-réputation est donc devenue un élément ultra stratégique : les gens ne veulent pas se tromper et sont donc très attachés au ressenti des autres…

Peut-on vraiment maîtriser sa e-réputation ?

On ne peut pas supprimer des commentaires négatifs, et ce n’est en fin de compte pas vraiment souhaitable. Comme le disait Beaumarchais : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » : les commentaires uniquement positifs n’ont pas de sens.
En revanche, ce que l’on conseille à nos clients, c’est de répondre systématiquement à un commentaire négatif en mettant en avant les améliorations, comme un changement de direction, par exemple.
Et puis, on peut influer sur sa e-réputation dans le temps : au fur et à mesure les nouvelles notes, si elles sont positives, vont venir écraser les négatives.

Quels sont vos objectifs de développement ?

Il est crucial de nous faire connaître. Nous avons donc recourt aux services d’une attaché de presse pour communiquer sur nos actions.
Parallèlement, nous démarchons les commerçants, directement ou via les associations et nous avons aussi mis en place une opération séduction en réalisant 1000 vidéos gratuites de commerce pour faire du buzz. Elles vont être transmises aux commerçants qui vont ensuite pouvoir les utiliser comme ils veulent. Nous l’avons présenté comme un cadeau de bienvenu et je dois dire que cette initiative a tapé dans le mille : les commerçants en sont friands.

Propos recueillis par Nelly Lambert
Rédaction de NetPME

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