Interview

Mickaël Froger, co-fondateur et co-dirigeant de Lengow, à Nantes (44)

Référence en France dans le monde des solutions permettant aux e-commerçants de diffuser leurs catalogues produits sur les markets-place, comparateurs de prix, réseaux sociaux, etc., la start-up Lengow affiche désormais de grosses ambitions à l'international. Avec, à la clé, de nombreux recrutements. Entretien avec Mickaël Froger, co-fondateur de la start-up nantaise.

Mickaël Froger, co-fondateur et co-dirigeant de Lengow, à Nantes (44)

Quelles sont vos perspectives de croissance ?

Le principal objectif 2012, c’est de réussir notre déploiement à l’international. On a commencé à le faire en 2011 en ouvrant un bureau au Canada. Nous avons aussi commencé à attaquer les marchés allemands, britanniques et espagnols. Maintenant, on accélère ce mouvement. On vise une dizaine de pays européens. Nous lançons la Suède, le Danemark, les Pays-Bas, l’Italie, le Portugal. La Pologne doit suivre, ainsi que le Brésil. Nous avons aussi en ligne de mire les États-Unis. C’est un marché que l’on teste pour le moment via notre bureau de Montréal.

Vous avez ouvert récemment un bureau à Paris pour piloter ce développement à l’international…

Lengow, c’est une boîte nantaise mais il ne faut pas le cacher, pour attaquer les marchés étrangers, on avait clairement des problématiques de recrutements pour trouver les bons profils commerciaux, qu’ils soient natifs ou très bons connaisseurs de ces différents pays. Dans l’e-commerce c’est capital de s’adapter à ces marchés européens qui ont tous leurs spécificités. Et puis pour un client danois ou polonais, Paris ça parle, Nantes pas forcément. Etre présent à Paris, cela crédibilise donc aussi notre offre.

Sur le marché français, quels sont vos objectifs ?

On a de bonnes références. Notre solution a déjà fait ses preuves, maintenant on se méfie de tout le monde et on ne se repose pas sur nos lauriers. Il faut que l’on garde notre longueur d’avance sur la concurrence et creuser encore l’écart avec des fonctionnalités techniques encore plus compliquées. On est devenu un lièvre et nos concurrents essaient d’aller nous chercher. C’est très motivant. En France, nous avons 600 e-commerçants clients. On estime qu’il y a 100.000 sites d’e-commerce. 10 % de ce panel est attaquable pour nous. Donc il y a encore une énorme marge de progression.

Lengow a réalisé 450.000 euros de chiffre d’affaires en 2010, 1,6 million en 2011 et vous tablez sur quatre millions en 2012. Gérer cette croissance est votre nouveau défi ?

Lengow a toujours été rentable, mais c’est vrai qu’on peut se mettre en danger avec l’international si on échoue sur tel ou tel pays. C’est d’ailleurs pour cela que l’on se structure et que l’on recrute les bonnes personnes pour nous accompagner. Lengow aujourd’hui, c’est une trentaine de salariés, dont 20 à Nantes.

Quel niveau de recrutements prévoyez-vous en 2012 ?

On devrait doubler nos effectifs pour atteindre 70 à 75 collaborateurs. Cela tient d’abord à notre développement à l’international puisque le business plan prévoit trois commerciaux et un responsable support pour chacun des nouveaux pays que nous allons couvrir depuis notre bureau parisien. Nous allons aussi recruter des développeurs à Nantes.

Ce sont des perspectives qui tranchent avec l’incertitude ambiante…

L’économie numérique draine beaucoup d’embauches mais finalement personne ou presque ne s’y intéresse. Pourtant, ce sont des emplois avec des niveaux de salaires intéressants, donc avec des retombées au niveau local. Il y a Lengow, mais il y a en d’autres. Le numérique, ce n’est pas uniquement des geeks devant leurs ordinateurs. La jeune génération de patrons, elle, est largement dans le numérique. C’est nous qui allons créer de l’emploi dans les vingt prochaines années. Il faudrait une prise de conscience de cela de la part des responsables politiques et économiques. À ce rythme-là, on s’intéressera peut être aux boîtes du numérique quand l’une d’elles se fera racheter 50 ou 100 millions d’euros. C’est dommage.

Propos recueillis par Simon Janvier
Le Journal des Entreprises

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