Interview

Nadine Blocquet, franchisée Ethnicia, à Orléans (45)

Gagnante d’un concours, organisé par la franchise Ethnicia et visant à encourager la création d’entreprise et la solidarité, Nadine Blocquet découvre depuis six mois l’univers de la beauté et le monde de l’entrepreneuriat en franchise.

Nadine Blocquet, franchisée Ethnicia, à Orléans (45)

Vous êtes devenue entrepreneur grâce à un concours. Pouvez-vous nous raconter ?

Sincèrement, même si j’aime depuis longtemps tout ce qui touche à la beauté et à la mode, je n’aurais jamais imaginé avoir un jour mon espace beauté. Avant de devenir franchisée Ethnicia, je travaillais dans des milieux vraiment différents : la publicité, puis comme responsable des ventes dans une entreprise qui commercialisait des chariots élévateurs. Mais j’avais envie de créer mon entreprise. J’avais d’ailleurs d’abord eu un projet de centre de loisirs pour seniors, pour lequel j’avais suivi une formation de deux mois à la création d’entreprise. Mais cela nécessitait un gros apport, que je n’avais pas.
J’ai alors pensé à la franchise qui nécessitait moins d’apport et me permettait de me lancer tout en n’étant pas seule. C’est alors que je suis tombée sur Ethnicia qui lançait son concours : le concept du salon de beauté qui réunit coiffure, esthétique, bien-être, conseil en image, maquillage et amincissement, pour tous les types de peaux et de cheveux m’a séduite, de même que le projet de donner sa chance à des femmes.

Comment ça s’est déroulé ?

N’étant pas du tout du métier, j’ai envoyé sans trop y croire ma candidature. Il fallait envoyer un CV, répondre à un questionnaire, mais aussi faire une vidéo dans laquelle on expliquait ses motivations. Je crois qu’entre 50 et 100 personnes ont postulé, sur lesquelles 25 ont été retenues par un jury d’entrepreneurs à Paris, pour finalement 20 projets d’ouvertures. Car, en fait, Hapsatou Sy (à la tête de la franchise Ethnicia, NDLR) recherchait plutôt des profils capables de gérer un espace beauté plutôt que des fans de l’univers beauté. D’ailleurs, parmi les franchisées qui se sont lancées en même temps que moi, seules deux venaient de la coiffure ou de l’esthétique. Toutes les autres venaient de milieux complètement différents : fonction publique, logistique, hôtesse de l’air… Pour ma part, le fait d’avoir déjà une expérience de management a également joué en ma faveur.
15 jours après l’entretien devant le jury, Hapsatou nous a appelé elle-même pour annoncer les résultats : c’était plutôt émouvant.

Qu’avez-vous gagné avec ce concours ?

Le prix revêtait en fait plusieurs formes. Financière, avec des droits d’entrée moins importants, une partie des stocks offerte par certains fournisseurs, l’accès à un prêt franchiseur à taux zéro ou encore un an d’assurance et 6 mois de comptabilité offerts. Mais j’ai aussi bénéficié d’une formation gratuite pour mes employées en plus de la mienne.

Vous avez ouvert votre salon il y a 6 mois. Avec le recul, était-ce plus facile avec la franchise ?

C’est forcément plus facile ! D’abord, je bénéficie d’un concept qui existe. Ensuite, je ne suis pas seule. Dès que j’ai besoin d’un conseil, j’appelle le franchiseur, c’est assez rassurant. Et puis, le concours fait que nous sommes tout un groupe à faire nos premières armes en même temps. Nous sommes donc plutôt solidaires : on échange sur les chiffres, on fait part aux autres de nos idées…
Après, il y a tous les avantages logistiques : je n’ai pas eu à rechercher des fournisseurs, par exemple, ce qui fait gagner beaucoup de temps.

Avez-vous malgré tout rencontré des difficultés ?

Ca m’a pris du temps de trouver le bon emplacement. Ce n’est pas forcément évident de trouver un espace d’au moins 150 mètres carrés en centre-ville. Certaines des franchisées n’ont pas encore pu ouvrir à cause de cela d’ailleurs.
Il a fallu aussi trouver le bon personnel. Car si Ethnicia accueille une clientèle européenne, on fait aussi de la coiffure afro. Or, la plupart des coiffeuses ne sont pas formées à travailler ce type de cheveux.

Et aujourd’hui ?

Je suis confrontée à un problème dû à mon choix d’emplacement. Si j’avais retenu un local beaucoup mieux exposé, il aurait été plus cher, mais j’aurais eu moins de frais de communication derrière pour me faire connaître. Or j’ai choisi un local à 200 mètres de la place principale d’Orléans, dans d’anciens bureaux. Il se trouve au rez-de-chaussée, mais il n’a pas de grande vitrine. J’ai pourtant investi 5000 euros en budget communication, via des flyers, de l’affichage dans le parking à côté du salon, ainsi qu’en publicité dans un magazine féminin de la ville, mais je m’aperçois que ce n’est pas assez. Ceci dit, le bouche-à-oreille fonctionne de plus en plus… Et puis, l’avantage, c’est que comme il faut sonner pour entrer, le salon fait un peu club privé, ce qu’apprécie ma clientèle. Mon espace ne ressemble en effet pas du tout à un salon habituel, Ethnicia misant sur une déco très cosy.

La franchise vous aide-t-elle à vous faire connaître ?

Oui, en contrepartie d’une redevance publicitaire mensuelle. Elle communique via le site internet, les flyers sur les nouveautés produits, ainsi que dans les magazines féminins. Elle nous a aussi proposé récemment de participer à une offre d’achat groupé, ce que j’ai fait sur août et septembre. Il ne faut pas faire cela trop souvent car ce n’est pas super rentable, mais cette action m’a aussi permis de toucher des clients plus loin, dans les départements autour. Je m’aperçois qu’il y a en effet une vraie attente : les cheveux afros sont très fragiles ; du coup ces clientes consacrent un gros budget à leurs cheveux. Or, jusqu’ici, elles ne trouvaient pas d’offre à Orléans. Du coup, elles allaient sur Paris. Il y a donc un vrai potentiel à exploiter. D’ailleurs, après six mois d’exercice je réalise 18.000 euros de chiffre d’affaires et je dois atteindre les 25.000 euros pour être rentable. Je pense qu’en moins d’un an, c’est tout à fait faisable. De toute façon, je n’ai pas le choix : je dois aller vite pour faire face à mes charges…

Quel bilan faites-vous aujourd’hui ?

Quand je me suis lancée, j’avais envie de faire quelque chose de nouveau et je ne suis pas déçue : c’est une aventure ! J’ai changé complètement de métier, j’apprends sans cesse. Et puis, j’aime faire plaisir aux clientes, prendre du temps avec elles. Surtout, aujourd’hui, j’ai goûté à la liberté, à l’indépendance et s’il faut redevenir un jour salariée, ce sera dur !

Propos recueillis par Nelly Lambert
Rédaction de NetPME

Concours « 100 femmes ont décidé de changer leur vie »
La deuxième édition de ce concours 100 % féminin a vu 8 femmes sélectionnées sur les 80 postulantes de départ. Ces femmes bénéficieront de tout l’encadrement nécessaire à la création de leur espace beauté Ethnicia. En jeu : un prêt de 50.000 euros maximum à 0 % et une formation complète à la création d’entreprise et au concept Ethnicia. Plusieurs partenaires se sont en outre associés à cette initiative.

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