Interview

Olivier Flahault, dirigeant de Incidence, à Meudon (92)

Repreneur à succès de Incidence, une société qui conçoit, édite et distribue des objets de décoration, Olivier Flahault a su, en à peine quatre ans, doubler le chiffre d’affaires et l’effectif de l’entreprise. Aujourd’hui, loin de faire le dos rond face à la crise économique, il s’apprête à s’en servir comme inspiration.

Olivier Flahault, dirigeant de Incidence, à Meudon (92)

Vous avez repris Incidence il y a 4 ans. Dans quel contexte ?

Mon parcours est relativement classique, avec une école de commerce – l’Edhec – puis plusieurs expériences à la fois variées et passionnantes dans le marketing et le développement de marque chez Danone, Lindt, Barilla et Rémy-cointreau. Mais je savais que j’aurais un jour une autre vie. J’avais cette petite étincelle en moi d’un projet d’entreprise…

Quel a été le déclic ?

J’ai profité d’une restructuration au sein du groupe Rémy-Cointreau où j’étais devenu Vice-Président marketing et ventes pour partir dans de bonnes conditions. J’ai d’abord tenté une expérience d’association dans le secteur de la décoration. Le projet n’a finalement pas abouti, mais m’a donné le goût de ce domaine. J’ai senti qu’il y avait quelque chose à faire. Dans ce secteur en effet, s’il y a de grands distributeurs, il y a relativement peu de grands acteurs dans la fabrication et la conception. J’ai repris Incidence qui avait alors 20 ans à ses fondateurs. Ils avaient envie de se recentrer sur leur métier initial de création. La transition s’est très bien passée. D’ailleurs, on travaille encore avec eux aujourd’hui.

Quels ont été vos axes stratégiques lors de cette reprise ?

Incidence était une société d’édition d’objets pour la maison qui travaillait avec des designers et des distributeurs. L’idée a été de construire une marque. Nous avons simplifié le nom de l’entreprise, communiqué en marquant tous nos produits. Puis, nous avons travaillé avec un bureau de presse qui a obtenu des parutions dans de nombreuses pages shopping des revues déco et féminines.
Parallèlement, nous avons travaillé sur les collections en étoffant notre gamme, notamment sur les univers cuisine et arts de la table. Notre créneau, c’est de rendre l’utile beau ou plus amusant.
Nous nous sommes également attachés à développer notre clientèle. A l’origine, nos produits étaient surtout présents dans les magasins indépendants. Désormais, nous sommes également dans les chaînes de déco, les grands magasins ainsi que sur plusieurs sites marchands. Nous avons également commencé à développer nos propres boutiques, à Paris d’abord puis à Caen depuis novembre dernier. Enfin, nous avons aussi investi l’international avec le marché européen.

Vous faites partie de la première promotion de l’Institut du mentorat entrepreneurial de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. De quoi s’agit-il ?

A l’origine, c’était une initiative québécoise que la CCIP a souhaité développer. Lorsque j’en ai pris connaissance, je me suis immédiatement porté candidat. On est souvent seul lorsqu’on est entrepreneur et je ressentais vraiment le besoin d’échanger avec un entrepreneur expérimenté. Mon mentor, Patrick Hazan, est à la tête des magasins de prêt-à-porter Apostrophe et Georges Rech. Avec un réseau de plus de 70 points de vente, il a forcément une expérience de la distribution que nous n’avons pas.

Concrètement, en quoi consiste ce mentorat ?

On se voit environ une fois par mois, assez rapidement. Ca a tout de suite bien fonctionné entre nous. Nous n’avons pas le même profil, nous ne travaillons pas dans le même secteur, donc il n’y a pas de notion de concurrence. Et tous ses éclairages, ses conseils, ses trucs m’ont permis de gagner du temps et d’éviter les erreurs. Par exemple, quand on a ouvert le magasin de Caen, il m’a conseillé de particulièrement soigner la vitrine, l’éclairage. Idem en ce qui concerne la sacralisation du produit. Autant de petits trucs que j’ai mis en pratique.

Quels sont vos projets de développement aujourd’hui ?

Je n’ai pas encore récolté tous les fruits que je souhaitais dans le développement international d’Incidence. Dans certains pays comme le Royaume-Uni ou le Japon, ce n’est pas évident de trouver les bons partenaires ou alors le circuit décisionnel est très long. Enfin la crise n’arrange rien. Nous allons néanmoins poursuivre notre politique d’ouverture, avec le marché allemand notamment.

Etes-vous confiant malgré la crise ?

On la sent bien sûr : on était jusque-là en croissance forte et cette année notre objectif est de terminer étal. Néanmoins, nous avons fait en janvier un très bon salon Maison et Objets. Nous proposons des produits anti-morosité, très colorés et ça plaît. Nous avons d’ailleurs décidé de sortir en mai une gamme « Anti crise » !

Propos recueillis par Nelly Lambert
Rédaction de NetPME

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