Interview

Olivier Wery, "Le Made in France est un gage de qualité et de savoir-faire"

Olivier Wery joue la carte du Made in France, et ça marche. Professionnel du textile et de la décoration d’intérieur, il a créé la marque Douceur de France il y a trois ans pour mettre en avant le savoir-faire français que son entreprise pratiquait déjà depuis sa création en 1990. Une marque qui a déjà trouvé le chemin de l’export.

Olivier Wery,

1) Vous êtes-vous toujours positionné sur le Made in France?

Mon père a créé l’entreprise TSC (Textiles synthétiques Cardés) en 1990. Nous étions des sous-traitants. Nous avons démarré avec aucun moyen, c’était encore l’époque où c’était possible avec juste l’envie d’avancer et de réussir. Depuis le début, nous fabriquons en France, dans nos locaux des Ardennes. Nos clients étaient alors des tapissiers, des décorateurs, des magasins de tissus comme L’Art du rideau,l affaire des doubles rideaux,léa d aubray, Eurodif, Linvosges, .. Ils nous confiaient leurs tissus et on confectionnait couvre lit,coussins, rideaux etc.

 

Avez-vous senti un regain du Made in France ces dernières années ?

Oui, c’est la raison pour laquelle j’ai créé la marque Douceur de France il y a 3 ans. C’était important de faire apparaître le mot « France ». C’est un gage de qualité et de savoir-faire. On le voit sur les salons, la « French touch » compte. Nous associons notre entreprise de fabrication française à un architecte d’intérieur français qui travaille avec nous, ça rassure le consommateur. Et je sens ce mouvement du Made in France grandir encore. D’autant que depuis quelques années, nous nous positionnons sur un marché haut-de-gamme : nous fournissons désormais des groupes comme Club Med, Lucien Barrière, le Majestic de Cannes, des hôtels 5 étoiles et des hôtels particuliers. A l’étranger, l’argument de la fabrication française est aussi très fort. Douceur de France exporte dans tout le Benelux et au Maroc.

La fabrication française pèse-t-elle sur vos prix de vente ?

Il n’y a pas tant d’écart que cela. Transporter des marchandises a un coût. La main d’œuvre française aussi bien sûr mais pas si élevé. Lorsque l’on fabrique à l’étranger, il faut une assistance sur place pour vérifier la conformité des produits, sans compter les déplacements réguliers qui coûtent très cher. Par ailleurs, la fabrication sur place, dans nos locaux, nous permet d’être très réactifs, ce qui fait notre succès depuis les débuts de l’entreprise. Nous pouvons honorer toutes tailles de commandes, même les plus petites, ce qui n’est pas possible quand la fabrication se fait à l’étranger car le transport se fait uniquement pour des gros volumes. C’est comme cela que l’on tire notre épingle du jeu.

Quels sont vos projets ?

Nous voulons passer à la vitesse supérieure. Toute commande passée sur internet est fabriquée le lendemain puis expédiée. Tout en gardant des prix cohérents bien sûr ! Nous arrivons à garder des prix compétitifs car nous n’avons pas d’intermédiaires. Nous avons conclu un partenariat avec l’Ecole supérieure d’Art de de Design de Reims : des étudiants travaillent sur des propositions d’innovations. Ça nous donne de la fraîcheur et de l’ouverture d’esprit. On aimerait créer cette émulation avec de nouveaux créateurs et de nouvelles écoles. Nous travaillons sur de nouvelles gammes. On élabore maintenant nos propres tissus avec un cabinet parisien : lin, flanelle, taffetas, jacquard… C’est un plaisir de travailler avec ces gens qui ont ce savoir-faire français.

Propos recueillis par Sophie Roy

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