Interview

Sébastien Perrin, co-dirigeant de MA.I.A Woundcare, à Neuville-sur-Oise (95)

Co-fondateur, avec Sébastien Giraudier, de MA.I.A Woundcare, une start-up de biotechnologies, Sébastien Perrin (à droite sur la photo) découvre le métier d’entrepreneur en même temps qu’il suit le développement d’un pansement innovant. Une période passionnante pour le jeune dirigeant qui s’apprête à lever des fonds pour franchir l’étape ultime : la commercialisation.

Sébastien Perrin, co-dirigeant de MA.I.A Woundcare, à Neuville-sur-Oise (95)

Que signifie MA.I.A Woundcare ?

Au départ, « Maia » voulait dire « Matériaux intelligents adaptables ». Maia, c’est aussi la mère d’Hermès dans la mythologie grecque, Errmece étant également un laboratoire public dont nous revendiquons la filiation. Quant à « Woundcare », cela signifie « soin des plaies » en anglais, car nous intervenons sur un marché international. Nous nous sommes en effet fixés pour premier objectif de développer un pansement innovant pour le soin des plaies chroniques, c’est-à-dire celles qui nécessitent plus de six semaines de cicatrisation du fait d’un désordre du métabolisme (ulcère, cancer, diabète…).

Comment devient-on une entreprise innovante ?

MA.I.A Woundcare fonctionne comme une start-up classique. Créée officiellement depuis juillet 2007, elle a nécessité une longue phase de maturation qui a débuté en 2004 par le dépôt d’un brevet. Sébastien Giraudier et moi avons fait une partie de nos études ensemble et avions envie depuis longtemps de développer notre propre activité.
Il a ensuite fallu trouver le financement nécessaire au développement de notre technologie. Pour ce faire, nous nous sommes adressés tant aux investisseurs publics que privés. Nous avons, dans cette perspective, bénéficié du soutien du réseau Entreprendre, notamment au travers du programme InnoTech qui démarrait. Grâce aux multiples interactions avec les adhérents, et plus particulièrement avec notre accompagnateur, nous avons pu valider rapidement la structure et les étapes de notre business plan et développer des contacts fructueux. Cela nous a permis de gagner du temps et de rencontrer le succès dans la levée de fonds. Au final, nous avons obtenu des subventions publiques à hauteur de 500.000 euros en remportant deux fois le concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes du ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur. Parallèlement, nous avons ouvert le capital de notre société à des business angels qui ont eux aussi injectés 500.000 euros dans l’entreprise. Nous gardons néanmoins le contrôle à hauteur de 70 %.

Quelle est le positionnement de votre entreprise?

Nous visons les marchés de niche à haute valeur ajoutée plutôt que le grand public. Cette orientation impliquerait en effet une structuration de l’entreprise qui ne nous intéresse pas. Nous ne voulons surtout pas galvauder notre innovation. D’autant que nous avons la chance de nous appuyer sur une technologie que l’on peut décliner sous différents aspects et marchés. Aujourd’hui, nous sous-traitons la production et, idéalement, nous sous-traiterons aussi le gros de la commercialisation. On veut développer une petite force commerciale qui négocie auprès des grands comptes et ne surtout pas s’éparpiller.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Le prototype pré-industriel de notre pansement est prêt. Nous allons maintenant entamer une série de tests et études cliniques pour prouver qu’il est efficace. Le marquage CE qui permettra à notre produit d’être commercialisable dépend de cette étape. La commercialisation est prévue pour 2010, avec, en parallèle, la montée en puissance de l’effectif et du budget. Nous fonctionnons aujourd’hui avec 1,3 millions d’euros consacrés au développement du produit et nous allons devoir lever 3 millions d’euros à la fin de l’année pour lancer la première gamme de produits. Quant à l’effectif, il devrait atteindre 14 personnes en 2011.

Le métier d’entrepreneur est-il compliqué à apprendre ?

Nous sommes continuellement en train d’apprendre, mais ce n’est pas forcément un frein. En fait, il s’agit même d’un moteur. Et puis, Sébastien et moi nous sommes répartis les fonctions : il est davantage tourné vers l’aspect technique et moi je m’occupe de toute la partie business, développement et gestion. Après mon DEA de physique-chimie, j’ai fait un master en gestion de projet. J’ai également travaillé dans l’industrie pharmaceutique comme commercial et chef de produit pendant cinq ans. Ma stratégie ? Développer les compétences manquantes pour notre futur projet. Ma plus forte appréhension finalement, est liée à la gestion des RH avec le fait de devoir juger les compétences des personnes que l’on recrute…

Propos recueillis par Nelly Lambert

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