Interview

Sébastien Pieuchot, salarié et auto-entrepreneur à Marseille-les-Aubigny (Cher)

Salarié depuis 9 ans dans un discount de bricolage où il est actuellement responsable de rayon, Sébastien Pieuchot est également réparateur TV-hifi-vidéo depuis avril. Il a choisi de lancer son activité avec le régime de l’auto-entrepreneur. Explications.

Sébastien Pieuchot, salarié et auto-entrepreneur à Marseille-les-Aubigny (Cher)

Comment êtes-vous devenu auto-entrepreneur ?

Mon désir a toujours été de créer une entreprise dans mon domaine. L’année dernière, j’ai eu une opportunité : la patronne de ma femme avait décidé de créer un complexe immobilier dans lequel elle me proposait un local. Je me suis dit que c’était le moment ou jamais et j’ai donc entamé des démarches auprès de la Boutique de gestion. Malheureusement, le financement pour le projet immobilier n’a pas été accordé et c’est finalement la Boutique de gestion qui m’a présenté le nouveau « statut » de l’auto-entrepreneur. C’est ce qui m’a décidé à franchir le pas. C’était devenu possible car mes besoins en financement étaient moindres : je n’ai pas de local – j’ai aménagé un atelier chez moi – et je me déplace avec mon véhicule personnel pour le moment.

Le régime de l’auto-entrepreneur est présenté comme simplifié, tant par son accès que par son fonctionnement. Qu’en pensez-vous ?

Mon inscription a effectivement été très facile : il m’a suffit de me connecter sur le site www.lautoentrepreneur.fr pour accéder au kit. Malgré tout, afin d’être certain de ne pas faire d’erreur, j’ai contacté plusieurs fois le consultant qui s’occupait de moi à la Boutique de gestion. En fait, il n’y avait rien de particulier à faire. J’ai reçu mon numéro de Siret une semaine après mon inscription sur le site et je viens de recevoir les papiers de l’Urssaf ainsi que des impôts. Ma seule démarche a finalement été d’ouvrir un compte pro à la banque.
Quant à la gestion de mon activité, je me sers d’un logiciel Ciel, dédié aux auto-entrepreneurs. Il permet de faire des devis, des factures, d’enregistrer les paiements…

Et que pensez-vous du régime de l’auto-entrepreneur jusqu’à présent ?

Dans l’ensemble, je trouve ça très bien. Cela permet de me faire ma clientèle tout en gardant la sécurité de mon travail au cas où ça se passerait mal. Le problème, c’est que c’est quand même trop facile d’accès : n’importe qui peut s’inscrire dans n’importe quoi. Par exemple, personne ne m’a demandé mon diplôme alors qu’il faut au minimum un BEP électronique pour être réparateur…
On pourrait aussi penser que ce « statut » permet de casser les prix puisqu’on n’a pas les mêmes charges qu’un entrepreneur classique, mais ce n’est pas un bon raisonnement : le jour où j’aurai les mêmes, les clients ne comprendraient pas que j’augmente mes tarifs.

Comment conciliez-vous votre emploi de salarié avec votre activité de dépannage ?

Je travaille 37 heures par semaine chez Brico Dépôt et je vais chez mes clients avant ou après mon travail, mon employeur étant au courant de ma nouvelle activité. Quant aux gros chantiers, je les réserve pour mon jour de repos, le vendredi, et pour les jours fériés. J’ai de plus en plus de clients, des appels à longueur de journée et je sais que je devrai faire un choix à un moment donné. Peut-être plus vite que prévu d’ailleurs car il y a une vrai demande : dans la région, nous ne sommes que trois réparateurs et je suis tout seul dans les environs.

Comment vous êtes-vous fait connaître ?

Je me suis fait faire des cartes de visites sur internet et je les ai mises à la pharmacie de Marseille-les-Aubigny. Je travaille aussi avec le quincailler des communes alentours. Comme c’est petit, tout se sait très vite. Mon premier chiffre d’affaires en avril a été de 800 euros, pour 15 jours d’activité. Et il s’oriente à la hausse en mai…

Propos recueillis par Nelly Lambert
Rédaction de NetPME

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