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Artisanat : la création d’entreprise reste dynamique, les reprises patinent

Selon le baromètre de l’Institut supérieur des métiers sur l’artisanat, la création d’entreprises artisanales affiche un bon bilan 2018. En revanche, les reprises d’entreprises accusent le coup.

Artisanat : la création d’entreprise reste dynamique, les reprises patinent
Depuis 10 ans déjà, l’installation par reprise d’entreprise artisanale baisse sans discontinuer. © Adobe Stock

L’Institut supérieur des métiers (ISM) publie 5 fois par an son baromètre de l’artisanat. Dans cette édition de novembre 2019, il pointe une forte hausse des créations d’entreprises dans l’artisanat en 2018. Les reprises d’entreprises artisanales sont quant à elles à la peine, notamment en raison de leur coût. Explications.

Artisanat : les créations d’entreprises en hausse de 13 %

C’est la principale bonne nouvelle de ce dernier baromètre de l’artisanat. Les créations d’entreprises artisanales s’élèvent à 177 500 pour 2018. Cela représente une hausse de 13 % par rapport à 2017. Toutes les zones géographiques ne sont pas logées à la même enseigne : certaines grandes villes présentent un score de 20 % (Nancy, Metz, Bordeaux…). Globalement, toutes les régions bénéficient cependant de cette dynamique positive. Les communes rurales enregistrent de bons chiffres puisque 20 % des créations d’entreprises de l’artisanat y sont réalisées.

C’est de loin le secteur du BTP qui enregistre le plus grand nombre de créations d’entreprises artisanales, avec un score insolent de 63 200 créations en 2018, soit une hausse de 18 % par rapport à 2017. Suivent les services (57 100), la fabrication (19 500) et l’alimentation (13 000). Selon le baromètre, la santé du BTP s’explique par une meilleure conjoncture économique et le développement de plateformes numériques de mises en relation entre les clients et les artisans.

Enfin, 68 % des créateurs d’entreprises dans l’artisanat choisissent la forme de l’entreprise individuelle, dont 26 % se mettent sous le statut de micro-entrepreneurs. La plupart des artisans choisissent de se lancer sans salarié (95 %).

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Artisanat : les reprises d’entreprises toujours en baisse

L’artisanat semble suivre le même chemin que les TPE-PME sur le front de la transmission. Depuis 10 ans déjà, l’installation par reprise d’entreprise artisanale baisse sans discontinuer. Selon le baromètre de l’ISM, « elle représente aujourd’hui moins d’une installation sur 10 ». C’est cette fois le secteur de l’alimentation qui se présente en tête, avec 39 % des reprises.

Autre enseignement de l’étude, la moitié des artisans transmet son entreprise lorsqu’il part à la retraite (47 %), loin devant les problèmes de santé (18 %) et les difficultés économiques (13 %). Les repreneurs sont pour moitié issus de l’entreprise et pour moitié étrangers à celle-ci. On note qu’1/4 sont même d’anciens salariés.

Selon l’ISM, les causes de cette désaffection pour la reprise d’entreprise dans l’artisanat sont à rechercher dans le coût d’une telle opération. Il faut compter en moyenne 151 000 € de ticket d’entrée. La reprise coûte encore plus cher dans le secteur de la fabrication (297 000 €). Si l’on ajoute à ces données le temps de recherche d’un repreneur qui est d’environ 5 mois, on comprend que créer sa propre entreprise dans l’artisanat reste beaucoup plus simple. Les repreneurs d’entreprises dans l’artisanat sont à 70 % d’anciens ouvriers ou techniciens et seulement 12 % des cadres en reconversion. L’ISM conclut que malgré ces écueils, le bilan des reprises d’entreprises artisanales reste positif. Le chiffre d’affaires de 60 % des entreprises reprises est en hausse par rapport à celui du cédant.

Marie-Aude Grimont

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