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Baisse de régime de la croissance française en 2008

Selon les chiffres définitifs communiqués par le ministère de l’Economie, des finances et de l’Emploi (MINEFE), le pouvoir d’achat du salaire mensuel de base a enregistré une baisse de 0,4 % sur un an, de mars 2007 à mars 2008. En cause : l’inflation qui atteint 3,1 % sur la même période.

Et, la note de conjoncture publiée dans le même temps par l’INSEE, ne laisse présager aucune amélioration pour les mois à venir. Bien au contraire. Les statisticiens de l’INSEE annoncent en effet un ralentissement de la croissance française d’ici la fin de l’année 2008. Après s’être tenue à l’écart du ralentissement mondial, la France devrait, à son tour, subir un retournement de tendance avec une croissance limitée à 1,6 % sur l’ensemble de l’année 2008, contre 2,2 % en 2007 et 2006.

Selon l’INSEE, plusieurs facteurs devraient lourdement peser sur l’économie française. Tout d’abord, une baisse du crédit aux entreprises et aux particuliers de la part des banques toujours prises dans la tourmente de la crise financière qui a éclaté l’été dernier aux Etats-Unis. Selon la note de conjoncture publiée par l’INSEE, les perturbations financières persisteraient au cours de l’année 2008. En effet, malgré les injections répétées de liquidités par les principales banques centrales et les baisses de taux d’intérêt de la Fed, les tensions sur les marchés monétaires perdurent encore. Cette situation, défavorable au financement de projets par emprunts bancaires, devrait continuer en 2008 tant que les pertes liées à la crise financière ne seront pas complètement soldées.

Ensuite, l’inflation mondiale reste élevée. Alimentée par le prix du pétrole avec un baril de Brent qui est passé de 90 $ en janvier à plus de 145 $ début juillet, et une hausse du prix des principales denrées alimentaires, telles que le blé ou le riz, l’inflation mondiale a atteint plus de 3,2 % sur l’année, du jamais vu depuis 1991.

La dégradation conjoncturelle est également amplifiée par la dégradation du commerce extérieur et les difficultés du marché immobilier, même si la crise immobilière qui a frappé de plein fouet les Etats-Unis est moins préoccupante en zone euro.

Au final, la croissance devrait rester très modérée d’ici la fin de 2008. Après le rebond du premier trimestre (+ 0,6 %), elle serait comprise entre + 0,0 % et + 0,2 % par trimestre. Ce net retournement de tendances va compliquer un peu plus la vie des ménages. L’INSEE annonce même un ralentissement du revenu nominal des ménages en 2008. Les revenus salariaux décéléreraient progressivement au second semestre sous l’effet du ralentissement de l’emploi en 2008. Après une année faste sur le front de l’emploi (plus de 380 000 emplois créés dans l’ensemble de l’économie en 2007 dont 352 000 salariés dans les secteurs concurrentiels), les créations d’emploi seraient moins nombreuses en 2008 avec environ 200 000 emplois supplémentaires cette année, soit moitié moins que l’an dernier. Si bien que la baisse spectaculaire du chômage en 2007 devrait s’enrayer à partir du deuxième semestre 2008.

Bref, voilà un tableau bien sombre des prochains mois. L’époque, pas si lointaine pourtant, où la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, assurait que la croissance française résisterait au ralentissement de l’économie mondiale, est bel et bien derrière nous.

Nathalie LEPETZ
Rédaction de NetPME

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