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Commerce extérieur français : déficit record de 39 milliards d'euros en 2007

Le déficit record du commerce extérieur français atteint les 39 milliards d’euros en 2007. Battant largement le précédent déficit de 28 milliards d’euros enregistré en 2006, ce nouveau chiffre va au-delà des prévisions les plus pessimistes.

« Triste record ». C’est ainsi que Hervé Novelli, secrétaire d’Etat en charge du commerce extérieur, a qualifié le déficit record du commerce extérieur français qui atteint les 39 milliards d’euros en 2007. Battant largement le précédent déficit de 28 milliards d’euros enregistré en 2006, ce nouveau chiffre va au-delà des prévisions les plus pessimistes. Pour le seul mois de décembre 2007, le déficit commercial atteignait 4,792 milliards d’euros contre 4,616 milliards le mois précédent.

Concrètement, ce résultat désastreux s’expliquerait par la surévaluation de l’euro dans la zone dollars et par la facture énergique qui, selon Hervé Novelli, représenterait « plus de l’essentiel du déficit commercial ». Mais, si ces deux facteurs sont bien réels, ils n’expliquent pas tout. Et, en particulier, pourquoi nos voisins européens qui font face aux mêmes contraintes s’en sortent beaucoup mieux que la France. Ainsi, l’Allemagne, elle aussi pénalisée par l’envolée des cours du pétrole et par un euro fort, a affiché en novembre un excédent commercial record de 19,8 milliards d’euros.

En réalité, le mal français est beaucoup plus profond, « structurel » diront certains. Bon nombre d’experts s’accordent à dire que le déficit record enregistré en 2007 traduit en réalité une perte de compétitivité des entreprises françaises. La France n’est pas assez spécialisée dans des industries à forte valeur ajoutée, comme les biens d’équipement, et n’exporte pas assez vers les pays émergents à forte croissance, comme la Chine, l’Inde ou l’Europe de l’Est. Malgré des efforts récents en faveur de l’innovation dans les PME (pôles de compétitivité, crédit impôt recherche…), l’hexagone souffre d’un manque de PME exportatrices, ces mêmes PME qui font la force de l’Allemagne. « Il faut qu’en 2012 nous ayons 2 000 entreprises moyennes de plus pour nous rapprocher des allemands » a estimé Hervé Novelli. Et, pour inciter les PME tricolores à se lancer dans la bataille de l’exportation, il a annoncé une série de mesures.

La plus visible d’entre elles sera sans doute le quasi doublement des pays cibles désormais au nombre de 50. Les experts du ministère ont défini deux grandes régions : la « zone proche » qui recouvre les pays de l’Union européenne et ceux du pourtour méditerranéen, et la « zone grand large » qui compte les marchés asiatiques, le Proche et Moyen-Orient et les pays d’Amérique. Cette zone intégrera désormais l’Indonésie, le Vietnam, l’Ukraine et la plupart des pays du Golfe.

Autre mesure annoncée, la relance du système de portage de PME par des grands groupes. « Il s’agit de simplifier le dispositif et de discuter directement dans les semaines qui viennent avec 15 grands groupes internationaux français » explique-t-on à Bercy. Un comité de suivi trimestriel des actions mises en oeuvre sera créé. Bercy devrait également augmenter ses soutiens pour les salons et les missions d’entreprise, via Ubifrance. Objectif : doubler le nombre d’entreprises accompagnées à l’export d’ici 2 011, soit 20 000 entreprises.

Reste le volet fiscal. Les dispositions en matière d’impôt sur le revenu bénéficiant aux dirigeants d’entreprise prospectant à l’étranger ou les dispositions relatives au champ d’application du crédit d’impôt export vont être revues afin de mieux cibler les PME. Ces mesures compléteront les dispositifs existants comme le doublement du nombre de volontaires internationaux en entreprise (VIE) et la réforme des procédures financières publiques de la Coface.

Malgré ce train de mesures, Hervé Novelli n’a pas caché que les chiffres calamiteux du commerce extérieur enregistrés en 2007 « auront un impact sur la croissance 2007 ». La croissance de 2 % sur laquelle tablait le gouvernement au quatrième trimestre pourrait bien être revue à la baisse.

Nathalie LEPETZ
Rédaction de NetPME

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