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Une projection de l'emploi et des métiers d'ici 2020

Une étude réalisée par la Dares et le Centre d’analyse stratégique présente des projections de postes à pourvoir par métiers à l’horizon 2020, en fonction des départs en fin de carrière attendus dans les dix ans mais aussi du nombre possible de créations d’emplois à cet horizon.

Une projection de l'emploi et des métiers d'ici 2020

Un niveau élevé pour les postes à pourvoir

Entre 2010 et 2020, le nombre de départs en retraite de carrière devrait avoisiner les six millions, soit 600.000 par an, même si l’âge moyen de cessation d’activité augmentera compte tenu du recul de l’âge de fin d’études et de la réforme des retraites (allongement de la durée d’assurance requise pour obtenir une pension à taux plein, réforme des régimes spéciaux, report de l’âge minimal de liquidation de 60 à 62 ans…).
Au-delà des départs en fin de carrière, le nombre de postes à pourvoir dépendra aussi de celui des emplois créés. Sur la base d’un taux de croissance annuel moyen du PIB de 1,9 % sur l’ensemble de la décennie, près de 1,5 million d’emplois pourraient être créés sur dix ans, soit 150.000 par an en moyenne. Mais, prévient l’étude, ce scénario, relativement prudent, suppose une diminution limitée du taux de chômage à 8,5 % en 2020. Au final, sur la période 2010-2020, en additionnant les flux de départs en retraite et les créations nettes d’emploi, le nombre annuel de postes à pourvoir avoisinerait les 750.000 par an.

De fortes créations d’emploi dans les métiers hautement qualifiés

Quel que soit le secteur professionnel, la plupart des métiers occupés par les cadres et professions « supérieures » devraient voir leurs effectifs augmenter. Sur les 1,5 million d’emplois supplémentaires attendus entre 2010 et 2020, plus de 550.000 seraient des emplois de cadres, 440.000 correspondraient à des professions intermédiaires et 260.000 à des métiers d’employés peu qualifiés.
Parmi les cadres administratifs et les managers (cadres administratifs, comptables et financiers, de la banque et des assurances, cadres administratifs de la fonction publique, dirigeants d’entreprise), la hausse du nombre d’emplois se conjuguerait avec de nombreux départs en fin de carrière. Ces métiers pouvant exiger une certaine expérience, ils comptent en effet une proportion importante de seniors dans leurs effectifs. Ainsi, parmi les cadres administratifs de la fonction publique, la moitié des salariés était âgée de plus de 46 ans en 2010.

Les départs en fin de carrière seront proportionnellement moins nombreux parmi les ingénieurs de l’informatique, le personnel d’étude et de recherche ou les cadres techniques de l’industrie, les recrutements se faisant avant tout en faveur de jeunes diplômés.
Ces métiers devraient cependant bénéficier de nombreuses créations d’emplois, portées par le développement des nouvelles technologies (technologies de l’information et de la communication, nanotechnologies…), des efforts en matière de recherche-développement et de la bonne tenue de secteurs à fort contenu technologique comme la pharmacie ou la construction aéronautique. Sur les dix prochaines années, ces trois familles professionnelles pourraient offrir au total près de 200.000 emplois supplémentaires, soit un taux de création nette proche de 2 % par an en moyenne.

A côté de ces métiers hautement qualifiés, les professions de soins et d’aide aux personnes fragiles, à l’exception des médecins, devraient également bénéficier d’une forte dynamique de l’emploi. Aides à domicile, aides-soignants et infirmiers figureraient ainsi parmi les métiers qui gagneraient le plus d’emplois à l’horizon 2020, avec près de 350.000 créations nettes en dix ans. L’étude explique cette tendance par le vieillissement de la population qui engendre des besoins croissants en matière de soins et d’accompagnement de la dépendance.

La tertiarisation des emplois

La tertiarisation des emplois se poursuivrait, avec une progression des métiers de services, notamment de la santé et des services aux personnes. La progression des professions les plus qualifiées s’accompagnerait du maintien d’une part non négligeable d’emplois peu qualifiés : la part des métiers occupés par des cadres ou des professions intermédiaires pourrait ainsi passer de 39 % de l’emploi total en 2010 à 40,6 % en 2020, tandis que les métiers peu qualifiés d’employés ou d’ouvriers se maintiendraient à un niveau proche de 18 %.

La place grandissante des femmes

Les femmes devraient continuer à tirer parti de leur meilleure réussite scolaire et accroître encore leur présence parmi les professions les plus qualifiées. A l’exception des informaticiens, la place des femmes parmi les cadres a très sensiblement augmenté ces dernières années, tant dans des professions où elles sont déjà majoritaires (métiers de l’information et de la communication, cadres administratifs, médecins, professions juridiques…) que dans d’autres où elles restent minoritaires comme les cadres des transports et de la logistique, ceux du bâtiment et des travaux publics (architectes notamment), les cadres commerciaux ou encore les chercheurs, ingénieurs et cadres techniques de l’industrie.

Cette tendance devrait se poursuivre dans les années à venir. Au final, si la part des femmes dans les différents métiers continue d’évoluer de la même façon que sur la période récente, leur présence dans l’emploi global augmentera de façon conséquente (+ 1,3 point) et atteindra 48,8 % à l’horizon 2020. Cette proportion serait nettement supérieure à celle attendue dans la population active à cet horizon.

Source : Dares Analyses, mars 2012, n° 022

Nathalie Lagarde
Rédaction de NetPME

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