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Quatre patrons sur dix considèrent que le CPE est de nature à les inciter à embaucher

Selon une étude Ipsos réalisée auprès des PME-PMI, 40% des « petits patrons » se déclarent incités à embaucher des jeunes salariés avec le Contrat Première Embauche. Malgré la mobilisation étudiante et lycéenne et l’opposition des organisations syndicales, le gouvernement, convaincu du bien-fondé du CPE, est décidé de terminer la discussion parlementaire le 3 mars prochain.

Selon la dernière vague du baromètre des PME-PMI réalisée par Ipsos pour la Tribune, LCL et Radio Classique, quatre patrons sur dix considèrent que le CPE est « de nature à les inciter à embaucher de jeunes salariés », contre 52% d’avis contraire. Certains chefs d’entreprise reprochent au gouvernement de ne pas « avoir eu le cran d’étendre le CNE », le contrat nouvelles embauches réservé aux entreprises de moins de vingt salariés, à toutes les entreprises.

Le Contrat Première Embauche (CPE) présente des points communs avec le Contrat Nouvelles Embauches (CNE). Le CPE sera un contrat de travail à durée indéterminée que l’employeur pourra rompre, du jour au lendemain, sans justification durant les deux ans de période d’essai. Il devra verser au salarié une indemnité de 8% sur le montant total de la rémunération brute perçue par la personne licenciée et une contribution financière de 2% aux Assedic.

Les principales différences avec le CNE est que le CPE s’adresse aux entreprises de plus de vingt salariés. Il est réservé aux seuls jeunes de moins de 26 ans. En cas de rupture, les jeunes ayant travaillé entre quatre et six mois auront droit à une indemnité forfaitaire, prise en charge par l’Etat, de 460 euros par mois pendant deux mois (au lieu d’un mois pour le CNE).

Après une discussion écourtée à l’Assemblée Nationale où le gouvernement a engagé sa responsabilité en utilisant le 49.3 s’ouvre une deuxième bataille au Sénat sur son projet contesté de CPE. Si la mobilisation étudiante et lycéenne est jusqu’ici restée hésitante, les partis politiques d’opposition et les organisations syndicales entendent se faire entendre au Sénat où la discussion a commencé jeudi 24 février dernier. Certains sénateurs, notamment UDF, comptent défendre une série d’amendements pour réduire la durée du CPE et en préciser les conditions de rupture contractuelle.

Pour le gouvernement, l’objectif est d’en finir au plus vite et en tout état de cause le 3 mars au plus tard, avant la journée d’action contre le CPE du 7 mars prochain, et ce sans faire de concessions.

Bon nombre de patrons n’espèrent qu’une chose. Que le CPE ne soit qu’une première marche vers le « contrat de travail unique », remplaçant du CDD, du CDI, voire de l’intérim, où la protection des salariés serait proportionnelle à leur ancienneté et la flexibilité indexée sur les impératifs économiques de l’entreprise.

Source : Rédaction de NetPME
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