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Reforme des retraites : vers un compte pénibilité ?

Petit à petit, l'exécutif dévoile sa réforme des retraites. Lors d'un déplacement la semaine dernière, le Premier ministre a confirmé qu'il réfléchissait bien à la création d'un compte pénibilité.

Reforme des retraites : vers un compte pénibilité ?

Pour parler de la pénibilité au travail, le Premier ministre et les ministres du travail et de la santé se sont mis en immersion. A 4h45 du matin, ils visitaient l’un des chantiers du futur tramway T6 à Vélizy-Villacoublay (78). L’occasion pour Jean-Marc Ayrault d’asseoir un peu plus la piste d’un compte pénibilité.

La pénibilité prise en compte

« La question de la pénibilité nous en parlons depuis des années mais c’est la première fois qu’elle est abordée avec autant de précision », s’est félicité le chef de l’exécutif (AFP). Il a confirmé « que son gouvernement réfléchissait à l’idée évoquée dans le rapport Moreau de mettre en place ‘un compte d’épargne’ qui attribuerait des points aux salariés qui travaillent dans des conditions pénibles, comme de nuit ou en étant exposés à des produits toxiques » (Reuters). Le Figaro rappelle que ce compte pénibilité vise à « permettre aux salariés concernés d’acquérir progressivement des droits qu’ils pourraient convertir, au choix, en temps de formation pour se reconvertir, en temps partiel pour leur fin de carrière, ou en trimestres de cotisation ».

Le projet de loi dévoilé le 18 septembre

Toutefois, le Premier ministre a bien pris garde à ne pas présenter ces pistes comme définitives. « Je n’annonce rien puisque les décisions seront prises en Conseil des ministres du 18 septembre mais nous avançons vers la décision ». D’ici là, il recevra de nouveau les partenaires sociaux les 26 et 27 août prochains. 

Le patronat ne veut pas entendre parler d’un compte pénibilité

Quelques heures à peine après le déplacement du Premier ministre, le Medef a envoyé un communiqué pour réaffirmer son opposition au compte pénibilité. « Traiter cet enjeu pour les salariés lors du départ à la retraite ne peut constituer une réponse satisfaisante. La pénibilité doit se régler par la prévention et non par les pensions de retraite ». Pour l’organisation patronale, ce compte pénibilité « conduirait à augmenter le coût du travail et donc à augmenter le chômage ».
La CGT n’est pas non plus satisfaite, évidemment pas pour les mêmes raisons. « Dans l’hypothèse où le salarié choisirait un départ anticipé,ces mesures permettraient au mieux un départ à 60 ans, ce qui est beaucoup trop tardif », explique-t-elle. La confédération souhaite que l’exposition à un ou plusieurs critères pendant une certaine durée donne droit à un départ anticipé à partir de 55 ans.

Rallongement de la durée de cotisation

La création de ce compte pénibilité n’est qu’une mesure parmi d’autres de la réforme des retraites. Jour après jour, les grandes lignes de la réforme commencent à se dessiner. L’une des pistes sérieuses serait de rallonger la durée de cotisation. Selon Le Figaro, cette mesure ne pourrait toutefois survenir qu’à partir de 2020. « Comme le gouvernement se prive des mesures d’âge à court terme et qu’un gel des pensions semble peu probable, il ne lui reste que des mesures fiscales pour sauver le régime général des retraites d’ici à 2020 », analyse le quotidien.

Une hausse de la CSG

Justement, sur le plan fiscal, « deux options sont sur la table : une hausse des cotisations d’abord qui alourdirait le coût du travail, ou bien une augmentation de la CSG qui plomberait pour sa part la consommation. L’exécutif semble pencher pour cette deuxième solution, même si l’ampleur de cette hausse reste à définir », poursuit Le Figaro. Selon Les Echos, deux pistes sont à l’examen s’agissant d’une hausse de la CSG. La première, « la hausse a minima de 0,2 à 0,3 points de CSG, qui servirait à uniquement financer la branche retraite ». La seconde « consisterait à relever davantage la CSG, jusqu’à 0,5 point. Car il n’y a pas que les retraites à financer [l’assurance-maladie notamment] ».
Interrogé lors de son déplacement sur un éventuel relèvement de la CSG, Jean-Marc Ayrault est resté évasif : « Pour l’instant nous examinons toutes les hypothèses ». Bref, si le gouvernement lève le voile sur certains pans de la réforme, il n’entend en aucune manière la présenter avant l’heure.

 

 

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