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Le secteur du bâtiment est encore plus dynamique que prévu

Selon la Fédération Française du Bâtiment (FFB), le BTP se porte bien avec une croissance de 4% au 1er trimestre 2017. Malgré cet essor, la Fédération alerte sur certains freins qui pourraient entraver ce bon dynamisme.

Le secteur du bâtiment est encore plus dynamique que prévu

L’année 2017 commence « mieux que prévu à l’échelon national », indique la FFB. « Aujourd’hui, en première estimation, la production a crû de 4% au premier trimestre par rapport au même trimestre de l’an passé. » Alors que l’on s’attendait en 2017 à une hausse de 3,4%. « De plus, le dynamisme de nombre de nos segments de marchés se confirme. » Pour rappel, en 2016, le secteur avait renoué avec une croissance de 1,9% et réussi à stabiliser ses effectifs, après huit années de crise. C’est le logement neuf qui tire la croissance, avec +12,8% en volume (contre +8,6% prévu au départ), tandis que le non résidentiel neuf s’affiche très en retrait.

Plus de 16 000 emplois crées au 1er trimestre

Si la reprise concerne toutes les tailles des entreprises du bâtiment, ces bons résultats méritent toutefois d’être nuancés suivant les métiers et les territoires. Il subsiste encore une « fracture territoriale, avec des départements ruraux qui n’ont ressenti ni les effets négatifs de la crise ni les effets positifs de la reprise », note Bernard Coloos, directeur des affaires économiques à la FFB. Si les marges ne bénéficient pas encore des effets de la reprise, les trésoreries sortent du rouge. « Même si les prix restent bas, trop bas, les perspectives s’améliorent dans ce domaine. » Et les défaillances sont moins nombreuses. Même chose en termes d’emploi : une hausse des effectifs d’environ 10 000 postes était prévue pour l’année, or pour le seul 1er trimestre 2017, on compte une progression de 16 300 emplois. « Et la tendance devrait s’accélérer si on s’en tient à ce que disent les chefs d’entreprise en termes de recrutement », ajoute Jacques Chanut, président de la FFB. Cette augmentation reste néanmoins encore limitée au regard des quelque 180 000 postes détruits depuis 2008. La croissance est favorisée par un marché du crédit porteur et un environnement institutionnel positif qui reste à protéger. La FFB défend notamment le maintien du prêt à taux zéro et du dispositif Pinel dans le neuf. Deux éléments risquent néanmoins de freiner cette envolée : la dérive des coûts, avec une hausse des prix de l’immobilier qui pèse sur la solvabilité des ménages, et un environnement budgétaire incertain.

Et une transition énergétique à la traîne

Autre axe d’amélioration : les travaux verts. Le marché énergétique, qui représente un quart de l’activité du secteur, doit être « soutenu par des mesures incitatives plutôt qu’exposé à des coupes budgétaires. S’il y a un enthousiasme par rapport à ce marché, il n’a pas encore le carburant nécessaire pour exploser, note Jacques Chanut. Il faut accélérer vers la phase de transition énergétique et numérique » et lui donner un nouvel élan. La Fédération constate que le bilan actuel s’avère décevant au regard des objectifs « irréalistes » assignés par le Plan de rénovation énergétique de l’habitat de 2013, à savoir 500 000 rénovations par an. Et toujours dans le collimateur de la Fédération, la trop lente simplification administrative, le statut des micro-entrepreneurs qu’il faut limiter et l’épineux sujet de la pénibilité, « une usine à gaz inapplicable dans notre secteur, tant du fait de sa complexité que de son coût ». La Fédération, qui œuvre à réduire la pénibilité des tâches et à améliorer les conditions de travail dans sa branche, continue à défendre une approche médicalisée et individualisée de la pénibilité. La seule voie possible au vue de la coactivité et de la polyvalence des postes.

Charlotte de Saintignon

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