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Transmission d'une TPE/PME : s'y préparer et préparer son entreprise est la règle n°1

Transmettre ou céder son entreprise devrait être inscrit dans le calendrier de chaque dirigeant pour voir son activité perdurer. Et si la règle principale des responsables des PME et TPE est de se préparer à cette échéance, des investissements réguliers sont son corollaire. Conseils de Marc Pagezy, PDG d’Eurosearch & Associés et de Nathalie Carré de CCI France.

Transmission d'une TPE/PME : s'y préparer et préparer son entreprise est la règle n°1

Céder ou transmettre son entreprise est l’obsession qui touche les chefs d’entreprises lorsqu’ils avancent dans l’âge. Elisabeth Lamure (LR, Rhône), présidente de la délégation sénatoriale aux entreprises, indiquait, lors d’une rencontre le 14 mars dernier pour présenter un projet de loi visant à moderniser le cadre réglementaire et fiscal des entreprises que si 60 000 entreprises sont transmises chaque année avec succès, 30 000 échouent. Des chiffres qui ne sont toutefois pas repris par l’observatoire BPCE qui estime les cessions-transmissions annuelles à 75 000 (« Les carnets de BPCE-L’observatoire »). Quoi qu’il en soit, chaque entrepreneur a le devoir de se pencher sur la question de « l’après » : et même si 76 % des dirigeants d’entreprises identifient comme repreneur idéal un membre de leur famille, « le manque de préparation est réel », souligne Deloitte (« Baromètre : les entreprises familiales et la transmission » – Perpétuer l’héritage, janvier 2017) : 59% des dirigeants ne disposent pas d’un plan de succession.

Préparer son héritier en l’envoyant faire ses classes ailleurs

« Il est trop tard pour les dirigeants qui se réveillent à 68 ans », confirme Marc Pagezy, PDG d’Eurosearch & Associés. « Combien d’entreprises qui avaient une position de leardership  disparaissent avec leur fondateur », déplore-t-il. L’improvisation est à bannir, il faut se préparer. « Il faut que le successeur identifié aille faire ses classes ailleurs, pendant 7 ou 8 ans pour commencer vers 35 ans», indique Alexandra Droullé, partner chez Eurosearch & Associés. Ensuite, « pour éviter d’être un fils ou une fille à papa », il est indispensable de tourner dans l’entreprise, de connaître les postes et les fonctions des salariés « pour avoir une légitimité » afin qu’il n’y ait pas un problème entre la génération habituée au dirigeant sortant et celui qui lui succède. Selon ces experts qui aident les entreprises dans les cessions et transmissions, la préparation doit être « de cinq ans au minimum, sinon la prise de risque est inconsidérée ».

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« Préparez-vous et préparez votre entreprise ! »

Nathalie Carré, en charge des entreprises et des transmissions d’entreprises au sein de CCI France  met en avant les différences sectorielles : un artisan n’a pas forcément un carnet d’adresses ou une technologie à vendre et lorsqu’il s’arrête, son activité s’arrête aussi. « La question que le dirigeant doit se poser est : que vend-il ? », insiste-t-elle. « L’optimisation ne les intéresse pas tous, ce n’est pas leur moteur », indique-t-elle, allant à contre-courant de ce qui est parfois demandé par les organisations patronales. « Certains dirigeants n’ont que leur entreprise dans leur vie et ne veulent pas arrêter. S’ils arrêtent, je leur conseille de s’y préparer pendant 3 à 5 ans. De se chercher par exemple un successeur parmi ses proches ou parmi ses salariés et de le faire monter en puissance. De lâcher progressivement les rênes, auprès des clients, des salariés. Pour soi, commencer à s’habituer à l’idée de ce que l’on va faire, une fois à la retraite entre 7h et 22h. Si l’on n’a jamais fait partie d’un club de marche ou de bridge, cela va être compliqué de s’y mettre à 70 ans ». Et de conclure : « Même si l’on est marié, il faut bien imaginer que le conjoint ou la conjointe a également pris ses habitudes ! »

Claire Padych

 

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