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Transmission familiale : comment assurer la relève ?

D'ici à 2013, 450.000 entreprises vont changer de mains pour cause de départ à la retraite de leurs dirigeants. Parmi elles, environ 60 % sont des entreprises familiales. Comment organiser dans les meilleures conditions la transmission de l'entreprise à ses héritiers ? Comment assurer la pérennité du projet familial quand l'affectif le dispute au financier et les sentiments aux chiffres ?

Transmission familiale : comment assurer la relève ?

Comme dans les autres pays européens, les entreprises familiales jouent un rôle économique de premier plan en France. Elles représentent 60 % des entreprises, contribuent à hauteur de 60 % au PNB et emploient 60 % des salariés. Dans l’enquête menée en 2003 par l’Ifop pour le compte du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables, des CCI et de l’Agence pour la création d’entreprises, 24 % des chefs d’entreprise interrogés déclaraient vouloir céder ou transmettre leur entreprise dans les cinq ans à venir et 25 % d’ici six à quinze ans. Parmi eux, seulement 16 % avaient l’intention de privilégier un membre de leur famille (contre 39 % un entrepreneur extérieur). Dans l’étude conduite en 2006 par KPMG auprès de PME familiales exclusivement, les dirigeants étaient 49 % à placer la famille au premier rang des critères de transmission.

La transmission familiale : une reprise sur trois

En 2002, l’Observatoire des PME estimait que l’accession par héritage à titre gratuit représentait 7 % des transmissions d’entreprises de 1 à 49 salariés (un peu plus pour les entreprises de plus de 50 salariés). Mais il faut y rajouter les reprises de PME familiales à titre onéreux par les héritiers. Le CRA (Cédants et repreneurs d’affaires) chiffre pour sa part à 33 % la transmission familiale, qu’il estime lui aussi en baisse. Les raisons en sont sans doute culturelles. Les 120.000 chefs d’entreprise nés avant 1940 appartiennent à une génération qui précède juste celle de 1968. Ils se sont forgé un système de valeurs où le travail prédomine sur les loisirs. Inversement, ces dernières années ont vu apparaître une génération de jeunes dirigeants qui n’ont pas le même rapport affectif avec leur société. Considérant l’entreprise comme un outil de travail, ils répugnent à l’absence de frontières entre vie privée et vie professionnelle et aux horaires à rallonge, préférant parfois la sécurité, voire le confort du travail salarié aux aléas de la direction d’entreprise, même familiale.

Un taux de réussite de 93 %

La transmission familiale a cependant des avantages : le taux d’échec de ce type de reprise n’est que de 7 % contre 40 % pour une reprise par une personne extérieure à la société. Les nouvelles lois fiscales et la réforme du droit des successions facilitent les transmissions familiales et en allègent considérablement le coût. « La loi Dutreil et l’exonération sur les plus-values de cession constituent un encouragement formidable à la transmission d’entreprise », estime Philippe Guillet, associé chez KPMG. Toutefois, en matière de transmission familiale, les problématiques fiscales et juridiques, certes importantes, ne suffisent pas à garantir la réussite du passage de témoin. Sont également décisifs les facteurs humains, la réflexion sur l’avenir de l’entreprise, l’anticipation et la préparation de la transmission.

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