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Un salarié chute toutes les cinq minutes dans le BTP

Cette année encore, il y a fort à craindre que plus de 20 000 travailleurs du secteur du bâtiment et des travaux publics tombent d'une toiture, d'un escabeau ou d'une terrasse. Les chutes de hauteur ou de plain-pied dans le BTP sont légion. Elles sont le thème, avec l'amiante, de la cinquième édition nationale de la journée de la prévention qui se tient aujourd'hui.

Un salarié chute toutes les cinq minutes dans le BTP

C’est une palme dont la profession se serait bien passée. Le secteur du bâtiment et des travaux publics est aujourd’hui celui qui présente le plus haut niveau de risques avec un nombre de décès accidentels record. Pour endiguer le phénomène, les professionnels de la construction (1) organisent depuis 2010 la journée de la prévention dans toute la France. Cette année, c’est notamment sur le thème des chutes que les préventeurs vont intervenir directement sur les chantiers, et rappeler les bonnes pratiques à suivre dans ces deux domaines. Face à eux : des chefs d’entreprise, des salariés et des jeunes en formation.

Un décès par semaine

Et le rappel des bonnes pratiques n’est pas un luxe quand on sait que les chutes dans le BTP sont surtout la conséquence, non pas d’incompétence, mais de mauvaises habitudes. Celles-ci sont en effet la première cause des accidents graves et mortels dans le secteur. Responsables de 25% d’invalides dans la branche, elles représentent aujourd’hui 22 745 accidents avec arrêts de travail par an, soit une chute toutes les 5 minutes. Elles sont aussi à l’origine de près de deux millions de journées perdues, impliquant en moyenne chacune, 85 jours d’arrêt de travail. En résumé, juste derrière le risque routier, les chutes de hauteur sont la deuxième cause de mortalité professionnelle. Et c’est le secteur du BTP qui arrive en tête, avec un décès par semaine.

Privilégier la protection collective

Si le travail à l’échelle est interdit depuis le 2 janvier 2004, aujourd’hui encore, l’équipement de travail crée le plus d’invalides chaque année. Et le plus grand nombre de contentieux en recherche de faute inexcusable de l’employeur, notent les acteurs de la prévention. Aussi, « les mesures de protection collective doivent être mises en œuvre dès que l’évaluation des risques fait ressortir qu’une chute libre d’une hauteur inférieure à trois mètres peut avoir des conséquences dommageables pour les travailleurs », encourage l’OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics).

Des formations obligatoires

L’employeur se doit aussi d’être intransigeant dans son évaluation des risques, d’autant plus quand ceux-là ne peuvent être évités. Il doit aussi être exigeant dans la conception des postes de travail et du choix des équipements. Il a à charge de planifier sa prévention, de veiller également au port des EPI (Equipements de protection individuelle) et d’informer et de former ses salariés. Notamment, les salariés qui montent et démontent des échafaudages doivent avoir reçu une formation adéquate. Tout comme ceux qui conduisent des appareils de levage. « La conduite des chariots élévateurs, grues (mobiles, auxiliaires, à tour), est subordonnée à l’obtention d’une autorisation de conduite par l’employeur », ajoutent les préventeurs qui précisent encore que la prévention ne peut être l’affaire d’une seule journée.

L’amiante, tête d’affiche cette année encore
Outre les chutes, l’amiante est le deuxième thème qui sera développé durant cette journée de prévention, comme cela avait déjà été le cas l’année dernière. La modification de la réglementation technique amiante en 2012 et 2013 a en effet sensiblement durci les obligations des entreprises, observe l’OPPBTP. Et les entreprises ne savent pas toujours ce qu’elles ont le droit de faire ou de ne pas faire. Les participants seront donc sensibilisés sur les risques liés à l’exposition aux fibres d’amiante, les équipements de protection et la conduite à tenir en cas de doute sur la présence d’amiante à travers un questionnaire interactif privilégiant l’échange.

(1) La cinquième édition nationale de la « journée de la prévention » est organisée par la FFB (fédération française du bâtiment) et son organisme de prévention l’OPPBTP, avec les services interentreprises de santé au travail du secteur (Sist BTP) et la Carsat (Caisse d’assurance retraite de santé au travail).

 

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