Interview

Catherine Coolen, créatrice de Zohosphere

Après une carrière dans l’édition de logiciel, Catherine Coolen lance Zohosphere, une société proposant aux TPE et aux créateurs de mettre en place dès le début de leur activité un système d’information pour gérer leur relation clients.

Catherine Coolen, créatrice de Zohosphere

Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer une entreprise ?

Catherine Coolen : J’ai travaillé chez plusieurs éditeurs de logiciels. Dans mon dernier poste, en tant que DSI, j’ai conduit un projet de gestion de la relation client en mode ASP et j’ai vu le potentiel de ce marché qui commence à se développer en France. Je me suis dit que c’était le bon moment de partir pour créer mon entreprise. Cela faisait plusieurs années que je portais cette envie, j’avais d’ailleurs failli sauter le pas il y a une dizaine d’années, mais ce n’était pas le bon moment pour moi à l’époque.

Quelle est l’activité de Zohosphere ?

Zohosphere distribue une solution en asp éditée par une société américaine, qui permet aux entreprises de construire leur système d’information en y intégrant toute la gestion de la relation clients (GRC, ou CRM, Customer Relation Management en anglais). L’utilisation du CRM est déjà développée dans les grandes entreprises, mais beaucoup moins dans les PME. Ma cible concerne les TPE et les créateurs, qui n’ont pas les moyens de s’acheter de tels produits. Le produit Zoho CRM que j’intègre sur le marché français étant gratuit pour les trois premiers utilisateurs, devrait les séduire. Un forfait de 12 euros par mois est facturé seulement à partir du quatrième utilisateur.

En quoi votre produit peut-il être utile pour les créateurs ?

Parce qu’il est bénéfique de commencer son activité avec un système d’information bien conçu et structuré. Les créateurs démarrent avec de nombreux fichiers Word et Excel. S’ils ne sont pas rigoureux, ils peuvent vite se trouver désorganisés. Avec le produit Zoho CRM, on peut intégrer dès le début tous ses prospects et fournisseurs et conserver l’historique de tous les échanges : courriers, devis, factures, mais aussi mails et contacts en provenance directe du site de vente via le Web. En outre, les sauvegardes se font automatiquement sur le site de l’éditeur américain, donc pas de risque de perdre ses données.

Avez-vous une eu une formation spécifique à la création ?

J’ai suivi la formation de la chambre de commerce, que j’ai trouvée très bien faite. J’ai réparti les modules sur plusieurs mois, de façon à mettre en pratique les enseignements reçus au fur et à mesure que mon projet prenait forme. Cela m’a permis aussi de rencontrer d’autres créateurs, ce qui est à la fois stimulant et décomplexant ! J’ai aussi bénéficié d’un coaching avec une consultante en création d’entreprise. J’ai apprécié cette aide, car le coach vous guide dans les étapes de la création. Ce n’est pas tant créer qui est difficile, mais plutôt de savoir comment faire à quel moment.

Avez-vous obtenu une aide à la création ?

Oui, j’ai obtenu l’ACCRE en mai 2007. J’ai dû présenter un business plan dans mon dossier, mais depuis, les règles d’attribution de l’ACCRE ont été simplifiées et le business plan n’est plus nécessaire. C’est en tous cas ainsi dans les Hauts-de-Seine. Personnellement, je ne trouve pas que ce soit une bonne chose pour les créateurs, car rédiger un business plan est une étape indispensable pour construire un projet qui ait des chances de réussir.

Comment avez-vous financé votre création ?

Ma société est une EURL au capital de 5000 euros. Je n’ai donc pas eu recours à un prêt bancaire. Comme j’ai choisi un modèle de vente par Internet, je n’ai pas besoin de beaucoup de moyens pour démarrer. Pour l’instant, je travaille chez moi, mais j’espère rejoindre une pépinière d’entreprises quand j’aurai besoin d’embaucher des collaborateurs.

Comment allez vous construire votre développement commercial ?

Essentiellement via Internet. Mon site, http://www.coolcrm.com, est en ligne depuis juin. Je compte me faire connaître auprès de la presse informatique et via les réseaux type viadeo. J’ai aussi réservé un stand sur le salon de la micro-entreprise, puisque les TPE sont ma cible principale.

Votre produit est gratuit : comment allez vous vous rémunérer ?

Je recevrai une commission sur toutes les utilisations payantes de mon produit, c’est-à-dire à partir du quatrième utilisateur. Mais ma source principale de revenu sera le conseil que je propose de fournir aux chefs d’entreprise et créateurs qui choisiront mon produit. En quelques journées de travail, je peux les aider à structurer leur système d’information en adaptant Zoho CRM à leur activité, afin qu’ils démarrent avec un modèle optimisé et puissent l’utiliser seuls par la suite.

Propos recueillis par Marie-Pierre Noguès Ledru

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