Interview

Eric Le Bis, Néosanté : "L'innovation n'est pas nécessairement technologique"

Eric Le Bis a créé la start-up Néosanté en 2014, et met au goût du jour le secteur de la vente et de la location de matériel médical, notamment dans le cadre du maintien à domicile des personnes âgées. Pour ce faire, il mise sur un service clients optimisé.

Eric Le Bis, Néosanté :

L’activité de maintien à domicile n’est pas une activité nouvelle. Comment avez-vous fait pour innover dans ce secteur d’activité ?

L’innovation ne doit pas être nécessairement technologique. Nous nous sommes plutôt positionnés sur une rupture dans la qualité de services. Ce service clients de qualité tient en plusieurs axes : des délais de livraison à la journée, une prise de commande en journée continue, des formations auprès des patients dans les pharmacies puisque nous sommes agréés en tant qu’organisme de formation (démarche de conseil sur la facturation, la prescription…)… En gros, nous sommes un vrai service de marketing des équipements médicaux pour les pharmaciens auprès de leurs patients.

La santé est un secteur en crise. N’avez-vous pas hésité à vous lancer dans un secteur d’activité en difficulté économique ?

Nos clients sont les pharmaciens, et non les patients. La pharmacie doit trouver sa place auprès des professionnels de santé. Certaines pharmacies se focalisent sur le conseil aux clients, de façon à vraiment apporter un soin particulier aux patients, et notamment aux personnes âgées. Ces pharmacies-là représentent un vrai potentiel. Il ne faut pas oublier que la population française est vieillissante et les personnes âgées représentent un marché important. D’autant que le maintien des personnes âgées à leur domicile est un axe soutenu par le gouvernement de François Hollande.

Le marché des dispositifs médicaux, notamment en matière d’orthopédie, a augmenté de 30% entre 2007 et 2014 ; c’est considérable. Nous nous sommes installés à Salons de Provence, qui est un nœud autoroutier. Cela nous permet de couvrir Nîmes, Avignon, Aix-en-Provence et Marseille. A l’avenir, nous prévoyons de nous étendre soit sur Montpellier, soit du côté de Cannes et Nice.

Vous venez de réaliser une levée de fonds de 1,3 millions d’euros. Comment vous y êtes-vous pris ?

Nous avons pré-sélectionné quelques fonds d’investissement. C’est finalement Extendam, une société de gestion spécialisée dans le tourisme et les PME d’excellence, qui s’est engagé auprès de Néosanté. Nous avons pu les convaincre car nous leur avons montré que notre capital de départ était principalement de la « love money » et des apports personnels. Cela montre que nous croyons en notre projet puisque nous y avons placé nos propres économies. Nous avons dû nous débrouiller sans les banques, qui ne nous suivent pas. J’avais fondé une précédente société de crèches privées au début des années 2000 : à l’époque, il était relativement facile d’obtenir un crédit. Aujourd’hui, avec 600 000 € d’apport personnel, ils vous prêtent 100 000 €. Je pense qu’ils nous re-prêteront quand nous n’en aurons plus besoin…

Quel est l’objectif de votre levée de fonds ?

Avec cet argent, nous allons proposer ce que l’on appelle des Espaces partenaires : il s’agit d’espaces dédiés au matériel médical dans les pharmacies. Ces espaces permettront d’exposer un certain nombre d’équipements, mais également d’organiser des sessions de formation auprès des pharmaciens et des patients.

La création de ces espaces se fait sous la forme d’une affiliation à Néosanté. Nous avons déjà enregistré notre première affiliation et la 2e est pour bientôt. Notre objectif est d’affilier 10 pharmacies en 2016.

Propos recueillis par Sophie Roy

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