Interview

Fanch Merdrignac, fondateur de la librairie Le Grenier, à Dinan (22)

A 61 ans, Fanch Merdrignac est arrivé à l'âge de la retraite. Pas question pour autant de laisser sa librairie Le Grenier devenir un magasin de souvenirs. Le commerçant a créé une société par actions simplifiée ouverte à ses clients afin de pérenniser son indépendance.

Fanch Merdrignac, fondateur de la librairie Le Grenier, à Dinan (22)

Pourquoi avoir proposé à vos clients de devenir actionnaires ?

En 2006, j’avais déjà anticipé mon départ à la retraite, en proposant aux salariés de reprendre Le Grenier, sous forme de Société coopérative. Les banques n’ont pas suivi, et les salariés hésitaient. Le projet a donc été abandonné, en janvier2009. J’ai alors décidé de mettre en vente la librairie sur Internet. J’ai eu une quarantaine de personnes intéressées, dont deux professionnels du livre, mais qui n’avaient pas les moyens. Les autres, cadres dans les services ou dans le bâtiment, pensaient réaliser un rêve d’enfants. J’ai même eu des offres pharamineuses, visant à transformer les lieux en supermarché ou en magasin de souvenirs… J’ai donc fait appel aux clients créateurs, pour conserver la librairie au centre-ville.

Quelle est votre stratégie pour mener à bien votre projet de transmission ?

Je souhaite développer une économie de proximité, en créant une société par actions simplifiée à capital variable, Les amis du Grenier, regroupant les clients intéressés. La SAS rachètera la librairie, et embauchera un directeur salarié. Le budget de l’opération, qui englobe l’achat de la librairie et l’ouverture de l’étage, s’élève à 980.000 euros. Une part coûte 2000 euros. Plus il y aura d’actionnaires, moins il y aura besoin d’avoir recours aux banques. Pour l’instant, une soixantaine d’actions ont été acquises, pour 41 clients actionnaires. Une vingtaine d’autres clients n’ont pas encore concrétisé à ce jour. Le capital reste ouvert ! Il y a des avantages fiscaux, et 5 % par an en bons d’achats, à faire valoir au sein de la librairie.

En cette période d’incertitudes économiques, ce projet de reprise n’est-il pas risqué ?

Un exemple de reprise de librairie a déjà vu le jour, à Poligny, dans le Jura. Il s’agissait d’une librairie en difficulté, sauvée par 60 clients. Ici, les risques sont limités. Avec un chiffre d’affaires 2009 estimé à plus de 1,1 million d’euros, la librairie se porte bien. Le fichier clients compte 18.000 adresses, dont 14.000 en Côtes-d’Armor et 4000 en Ille-et-Vilaine. Un étage de 350m² pourra être aménagé en plus du rez-de-chaussée, si le développement de l’activité le nécessite.

Corentin Le Doujet
Le Journal des Entreprises

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