Interview

Louis Dorange, gérant de Serenys, à Issy-les-Moulineaux (92)

Entreprise à vocation citoyenne, Serenys met à la disposition des professionnels un pack permettant d’agir en cas d’arrêt cardiaque. Son gérant, Louis Dorange, espère, par ce biais, contribuer à réduire le nombre de victimes, aujourd’hui 11 fois supérieur aux morts sur la route.

Louis Dorange, gérant de Serenys, à Issy-les-Moulineaux (92)

Comment est née Serenys ?

En 2007, un ami nous a conseillé, à mes associés et à moi, de suivre la formation au PSC1 (Prévention secours civique niveau 1) de la Protection Civile de Paris. Au cours de ces deux journées, nous avons appris à réagir face aux situations d’urgence. Cette formation a constitué un déclic, même si nous étions déjà sensibilisés à cette problématique du fait d’expériences personnelles. Moi-même, j’ai été témoin d’un arrêt cardiaque où personne ne savait quoi faire. Résultat, le temps que les secours arrivent, la personne était morte…

En quoi consiste votre offre ?

Notre devise ? « Savoir agir, pouvoir sauver ». L’idée, c’est d’amener dans les entreprises tous les moyens et connaissances nécessaires pour gérer une urgence. Les moyens, ce sont les défibrillateurs ; les connaissances s’acquièrent par une formation. Un décret du 4 mai 2007 autorise en effet tout citoyen à faire usage d’un défibrillateur, grâce à une nouvelle génération d’appareils automatiques et semi-automatiques. Pour notre part, nous avons préféré le Défibrillateur entièrement automatique (DEA), pour ne pas mettre de pression supplémentaire à quelqu’un qui va devoir entamer un massage cardiaque. C’est la machine qui, après avoir fait un électrocardiogramme à la victime, décide de donner un choc ou pas.

Pourquoi proposer une formation ?

L’appareil seul ne sert pas à grand-chose, il doit être accompagné d’un massage cardiaque. Et si l’on n’est pas formé, on ne peut pas l’inventer. Soit le massage risque d’être insuffisant, soit on peut casser une côte de la victime. Serenys propose donc, sur deux ans, un pack à 75 euros par mois. Il comprend la mise à disposition d’un DEA qui équipe aujourd’hui de nombreux Samu et pompiers, une Information aux premiers secours (IPS) qui dure deux heures et demie et un service de remplacement du matériel chaque fois que cela s’avère nécessaire.
Dans notre démarche, nous avons cherché à nous entourer des meilleurs, en ce qui concerne le matériel, mais aussi la formation. C’est pourquoi nous avons négocié un partenariat avec des moniteurs nationaux des premiers secours. Et si l’entreprise cliente voit son turn-over dépasser 50 % dans les deux ans, les nouveaux collaborateurs sont eux aussi formés, sans surcoût.

Pour quelles raisons les entreprises font-elles appel à vous ?

Pour les chefs d’entreprise, recourir au pack Serenys, c’est avant tout la garantie de protéger leurs salariés. Vis-à-vis des clients ensuite, c’est leur montrer qu’on fait le choix de la vie. Sans compter que dans les commerces, associations, les activités libérales, bref, tous les endroits où il y a des usagers, du public, on apporte les connaissances pour gérer les urgences, sans que cela implique une obligation de résultat : ni l’entreprise, ni la personne qui effectue les premiers secours n’a de responsabilité juridique si ça se passe mal.

Que dit la loi aujourd’hui ?

Hormis le décret du 4 mai 2007 autorisant tout citoyen à faire usage d’un défibrillateur, la France est très en retard. Aux Etats-Unis, où la mise à disposition de défibrillateurs dans les espaces publics ou les entreprises tend à se généraliser sur le même principe que les extincteurs, le taux de survie après un arrêt cardio-respiratoire est de 40 %. En France, il est aujourd’hui de 4 %… Néanmoins, on observe un véritable mouvement. Une action de lobbying est menée par le sénateur du Nord, Alexandre Turk, et le député de Côte-d’Or, François Sauvadet. Un projet de loi serait aussi en cours de réflexion.

Quels sont vos objectifs ?

Devenir la référence de la sécurité personnelle dans le milieu professionnel. Pour cela, on espère grossir vite avec une couverture nationale. Cela nous permettra d’assurer une véritable proximité avec nos clients. Un service qui passera forcément par le développement d’une force de vente…

Propos recueillis par Nelly Lambert

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