Interview

Marie-Christine Augait, gérante de la Sarl MCATP, à Ourton (62)

A la tête d’une entreprise de transport routier, confiante en l'avenir malgré un contexte difficile, Marie-Christine Augait revient sur son expérience de femme dans un milieu encore très masculin....

Marie-Christine Augait, gérante de la Sarl MCATP, à Ourton (62)

Que vous a apporté la création de cette entreprise de transport ?

Relever ce challenge m’a permis de me prouver que je valais encore quelque chose : je vivais mal mon licenciement économique comme secrétaire administrative dans une clinique. Je n’ai pas gagné grand-chose sur le plan financier, mais j’ai retrouvé confiance en moi. Aujourd’hui, je souhaite continuer à développer l’entreprise pour la transmettre un jour à mon fils qui va passer sa capacité de transport.

Comment vivez-vous la crise ?

Je ne la ressens que depuis le début de cette année. J’ai eu du travail jusqu’en décembre 2008. J’envisageais d’ailleurs d’acheter un quatrième camion cette année et donc de recruter un autre chauffeur. Mais avec la crise, je préfère repousser un peu l’agrandissement du parc automobile. Aujourd’hui, l’activité est en dents de scie alors je prospecte et je garde le moral. Pour moi, garder le moral fait partie des devoirs du chef d’entreprise.

Le fait d’être une femme a-t-il eu des impacts sur votre parcours ?

Ça en a eu. J’ai d’abord rencontré quelques difficultés lorsque je suis allée voir les banques en quête d’un emprunt après avoir obtenu ma capacité de transports. J’ai eu plusieurs fois envie de renoncer, de jeter mon dossier de prêt par la fenêtre, mais j’y suis tout de même parvenue. Peut-être parce que je suis une femme. Je pense qu’un homme est moins tenace dans les démarches. J’ai aussi eu la chance d’être épaulée sur un plan administratif par la chambre de commerce et d’industrie (Marie-Christine Augait a été primée en tant que femme chef d’entreprise en 2007, NDLR) et le réseau Initiative. Je trouve aussi que la condition de la femme a bien évolué ces dernières années. Dans le monde professionnel, on voit de plus en plus de femmes dans des métiers atypiques.

Vous avez été salariée, comment envisagez-vous la condition de chef d’entreprise ?

L’avantage quand on est à son compte, c’est qu’on peut décider de ses propres horaires. Mais c’est aussi une liberté qu’on paye cher. Ce n’est pas une position facile. Il faut savoir qu’être chef d’entreprise, quel que soit le domaine d’activités choisi, est un combat permanent. Je pense aussi que le fait d’avoir été salariée fait de moi un chef d’entreprise plus humain, plus proche des problématiques de mes salariés.

Auriez-vous quelques conseils à donner aux créateurs d’entreprise ?

Oui. D’abord, il faut être conscient que même lorsque l’entreprise est créée et qu’elle fonctionne, il y a toujours des difficultés et des risques à prendre. Ensuite, il ne faut jamais baisser les bras. Il est aussi important de savoir se remettre en question. Enfin, il faut savoir qu’être chef d’entreprise n’est pas de tout repos. C’est un combat avant et un combat après la création.

Avez-vous encore du temps à investir dans d’autres activités ?

Je suis conseillère municipale et prud’homale depuis 2008. Ça me permet de rencontrer des personnes d’horizons différents ainsi que de m’investir dans la vie locale. J’ai également participé au guide intitulé «Femmes chefs d’entreprise» publié par le réseau Initiative. Aujourd’hui, j’ai envie de témoigner, de revenir sur mon parcours pour aider les autres, notamment les créateurs.

Propos recueillis par Elodie Soury-Lavergne
Le Journal des Entreprises

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