Interview

Serge Genet, créateur et dirigeant de Effet d’O, à Souchez (62)

Serge Genet cultive et revendique au sein de sa société de plomberie une image d'entrepreneur paternaliste, « à l’ancienne ». Cet autodidacte qui a su gravir tous les échelons a d’ailleurs été récemment récompensé pour sa gestion des ressources humaines.

Serge Genet, créateur et dirigeant de Effet d’O, à Souchez (62)

C’est sur le terrain, à la force du poignet que vous avez peu à peu construit votre carrière. Quels enseignements en avez-vous gardé ?

Étant issu d’une famille ouvrière, c’est dans le travail que j’ai bâti les valeurs qui font que je suis là aujourd’hui. J’ai commencé à gagner ma vie à seulement 17 ans, tout en bas de l’échelle. C’est l’école de l’humilité et de la patience. Peut-être la meilleure de toutes. J’ai gravi un à un tous les échelons du métier: apprenti, ouvrier qualifié, chef de chantier, chef d’équipe, conducteur de travaux, puis chargé d’affaires.
En me mettant à mon compte avec, à la clé une petite entreprise familiale qui tourne plutôt bien tout en laissant une certaine place à l’humain, on peut dire que j’ai pas mal réussi et que le chemin en valait la peine. L’effort finit toujours par payer. Voilà aussi pourquoi j’accorde de l’importance au besoin de se former.

Vous défendez avec force l’idée d’une entreprise à visage humain. N’est-ce pas en définitive une vision de l’esprit, difficilement applicable au quotidien ?

La poursuite de la rentabilité à tout prix a clairement des limites. On ne peut pas faire de bons résultats avec des collaborateurs qui ne sont pas dans leur assiette. L’actualité dans certaines entreprises suffit à le démontrer. Je crois énormément au capital humain. C’est lui qui fait la richesse d’une entreprise. Derrière chaque employé, il y a un homme ou une femme qui a des aspirations. Si je m’en préoccupe et leur consacre du temps, je peux m’assurer de leur engagement auprès de moi, mais également de leur épanouissement dans leur travail. Et quelqu’un d’épanoui est nécessairement meilleur dans ce qu’il fait.

Outre différentes primes, l’encouragement à la formation continue, vos collaborateurs ont la possibilité de participer à un Plan épargne entreprise…

Je tiens à ce que les personnes qui travaillent pour moi soient à l’aise pour qu’elles soient davantage performantes. C’est la raison pour laquelle je me soucie d’elles. Et que j’ai décidé de m’adjoindre les services d’un associé et de l’intéresser à hauteur de 20 % dans le capital d’Effet d’O.

On vous dit paternaliste. Est-ce que vous reniez cette réputation ?

J’assume complètement. Dans les responsabilités qui sont désormais les miennes, je fonctionne énormément à l’affectif. Pour moi, c’est déterminant. La porte de mon bureau est toujours ouverte. On se tutoie sans aucun problème et on s’efforce, autant que possible, de mettre un peu de bonne humeur. Ce qui doit rester avant tout, c’est le respect et la sincérité dans le dialogue. C’est une relation de confiance mutuelle que je m’emploie également à cultiver auprès des clients.

Propos recueillis par Bertrand Tardiveau
Le Journal des entreprises

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