Interview

Sylvain et Sébastien Renouard, dirigeants de Renouard SA, à Loudéac (22)

Spécialiste de la menuiserie aluminium et de la métallerie pour les professionnels, l'entreprise Renouard, implantée à Loudéac, dans les Côtes d’Armor, a fêté il y a quelques mois ses 40 années d'existence. Sylvain Renouard, président de la structure familiale devenue SA, revient sur son évolution.

Sylvain et Sébastien Renouard, dirigeants de Renouard SA, à Loudéac (22)

Renouard SA est une entreprise familiale…

En effet, depuis l’âge de 13 ans, mon frère Sébastien et moi côtoyions l’entreprise que notre père avait créée en 1968. En 1994, quand nous l’avons intégrée, il ne nous a donc pas fallu beaucoup de temps pour trouver nos marques.

Dix ans plus tard, vous en prenez les commandes

En 2004, j’ai en effet été nommé président de la SA tandis que Sébastien, un temps chargé d’affaires, a pris rapidement la casquette de directeur général. Pendant quatre ans, nous avons néanmoins travaillé au plus près avec notre père. Cette étape était nécessaire pour que la transition s’effectue le mieux possible.

Quels changements avez-vous apportés ?

D’un modèle pyramidal centralisé, nous avons opté pour un système plus participatif. La répartition des tâches est ainsi mieux assurée. Les chefs de services sont davantage valorisés et responsabilisés. Pour que l’entreprise grandisse, il était nécessaire d’opérer cette mutation. Parallèlement, dans l’atelier, nous sommes passés d’un système artisanal à un modèle semi-industriel. Nous avons investi plus de 200.000 euros dans de nouveaux équipements, notamment un centre d’usinage, ainsi que dans l’amélioration des conditions de travail.

Quel a été le développement de l’entreprise ?

Le choix de cibler exclusivement les professionnels, dès le début, s’est révélé payant. Du bassin de Loudéac, l’entreprise s’est rapidement développée en Bretagne, dans les Pays-de-la-Loire et, surtout, en région parisienne où mon père a su trouver de véritables partenaires. Malgré cette forte présence en Ile-de-France, il n’a jamais été question de déménager là-bas. Pour beaucoup cela aurait été plus cohérent, mais nous étions trop attachés à notre territoire et à ses hommes pour le quitter. D’ailleurs, nous nous recentrons actuellement sur notre bassin originel qui foisonne de gros chantiers. Je prends pour exemple le siège du Crédit Agricole 22 à Ploufragan ou le futur hôpital de Noyal-Pontivy, sans doute le plus gros projet breton des quatre années à venir. Dans notre secteur, ce n’est pas le travail qui manque…

Le manque de main-d’œuvre est un problème ?

Il est de plus en plus difficile d’embaucher des salariés qualifiés. En métallerie par exemple, les gens motivés qui s’impliquent sur le long terme se font rares. Pourtant, c’est un métier d’avenir sur lequel nous comptons. Nous sommes en perpétuel recrutement même si, dans le même temps, nous devons refuser des marchés.

Trois de vos collaborateurs sont employés à temps partagé. Pourquoi avoir choisi ce type de recrutement ?

Effectivement. Notre responsable sécurité/environnement, notre responsable informatique et notre responsable des ressources humaines sont gérés directement par le groupement d’employeurs de Loudéac, Tisserent. C’est un choix volontaire car nous n’avons pas les moyens, pour le moment, de supporter en direct ces trois fonctions. Leur recrutement est issu de l’éclatement des responsabilités que nous avons choisi d’opérer après le départ de mon père. De plus, ces trois collaborateurs disposent d’une richesse et d’une expérience précieuse puisée chez leurs autres employeurs. C’est un plus pour l’entreprise.

Propos recueillis par Julien Uguet – Le Journal des Entreprises

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