Interview

Valentin Bergère : « Notre carte permet d’avoir une vision prospective des commerces en liquidation »

Valentin Bergère est géomaticien chez Explore, une entreprise de veille économique basée à Nantes. Il a participé à la conception d’une nouvelle interface cartographique qui réunit les entreprises en liquidation ou en reprise judiciaire, dans le but de reprendre les locaux commerciaux ou les fonds de commerce. Il nous détaille les rouages de cet outil pratique.

Valentin Bergère : « Notre carte permet d’avoir une vision prospective des commerces en liquidation »

Comment vous est venue l’idée de créer une carte qui réunirait les commerces à céder prochainement ?

Tout est parti d’un besoin que nous avons identifié :il était nécessaire pour les commercialisateurs (expert en immobilier d’entreprise ndlr) d’identifier les locaux qui allaient devenir vacants. Nous avons alors imaginé une interface cartographique qui utiliserait les données du  Bodacc (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales)  qui liste les entreprises en liquidation ou en redressement, et les croiserait avec les données sur les sociétés que nous possédons déjà sur l’intranet d’Explore. Pendant 3 mois, nous avons travaillé de manière régulière avec des talents commerciaux basés à Paris. En novembre, cet outil était finalisé et accessible à nos clients qui peuvent, grâce cette nouveauté, avoir une vision prospective des locaux et se positionner en amont.

À qui s’adresse cet outil ?

À l’origine, nous avons créé cette carte pour répondre à un besoin précis de nos clients commercialisateurs, mais nous nous sommes aperçus, une fois la carte créée, que cet outil pouvait intéresser d’autres acteurs. Notamment les entrepreneurs en quête d’une entreprise à reprendre ou des chaînes qui veulent multiplier leurs points de ventes. Nous transformons les données en carte pour que l’information soit plus facile à comprendre.

Comment est actualisée la carte au quotidien ?

Le fonctionnement de la carte est automatisé. Un robot croise les informations du Bodacc avec celles que nous possédons en interne et les retraduit sur l’interface cartographique. Les données sont actualisées tous les jours et le parcours de l’entreprise est retracé sur les 6 mois glissants, pas plus, car nos clients veulent des informations fraîches.  Il est aussi important de préciser que dans les procédures collectives, il y a plusieurs jugements. La carte se base alors sur le dernier jugement émis.

Comment y accède-t-on ?

On peut avoir accès à l’interface cartographique en souscrivant à un abonnement. Le tarif varie en fonction de la zone de recherche choisie, entre 1000 et 7500 euros par an selon le périmètre géographique allant d’un département à la France entière plus les DOM. Une question peut se poser : pourquoi faire payer de l’open data ? La raison est que l’on récupère des données accessibles à tous via le Bodacc mais il y a tout un travail de traitement derrière. Par exemple, on remplace le code Naf (Nomenclature d’activités française) d’une entreprise par une qualification simplifiée. Il y a aussi le coût de la maintenance de serveur et du traitement puisque la carte est mise à jour quotidiennement.

Propos recueillis par Melissa Carles

 

 

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