Interview

Marie-Charlotte Tomasi et Caroline Daubagna : « Nous avons créé notre marque de vêtements en un week-end »

Depuis 2016, Và Bè séduit les Corses avec ses tee-shirts et sweats qui affichent avec humour des expressions tout droit venues de l’île de beauté. La marque a été imaginée par Marie-Charlotte Tomasi, Caroline Daubagna et Camille Berteau, trois entrepreneures qui ont mis en commun leur créativité le temps d’un week-end. Très vite remarquée par les footballeurs corses, Và Bè présente, en mai 2017, sa collaboration avec le capitaine du Sporting Club de Bastia, Yannick Cahuzac. Rencontre avec ces associées à l’esprit décontracté.

Marie-Charlotte Tomasi et Caroline Daubagna : « Nous avons créé notre marque de vêtements en un week-end »

Comment vous est venue l’idée de jouer avec les expressions corses ?

Marie-Charlotte : À la base, tout est parti d’une blague. Nous nous sommes connues dans un espace de coworking à Bordeaux. Nous étions toutes les trois entrepreneures dans des milieux différents. Un jour où le manque de mon île se faisait plus pressant, j’ai recherché sur le net un tee-shirt qui me rappelait mes racines corses. Mais je n’ai rien trouvé qui me ressemblait. Alors, un week-end pluvieux, on s’est toutes les trois réunies sous des plaids avec des chocolats chauds et on a créé la marque, le logo, le site internet et une page Facebook. On se disait qu’au pire, ce serait un week-end de perdu et qu’au mieux, ça nous paierait nos vacances.

Le succès a-t-il été immédiat ?

Caroline : Oui, nous avons été relayées par des footballeurs corses et ça a créé un véritable buzz autour de la marque sur Facebook. Nous avions décidé de continuer à exercer nos activités respectives mais au bout de deux mois ça n’a plus été possible. Marie-Charlotte et moi nous avons déménagé en Corse et Camille a quitté le projet.

M-C : Nous n’avons investi que 34 € chacune depuis la création de Và Bè. Dès que nous avons ouvert la page Facebook et le site internet de la marque, nous avons ouvert des pré-commandes. Nous promettions aux clients une livraison sous un mois. Le premier jour d’ouverture des ventes, nous avons eu plus de 100 commandes, c’est notre plus gros chiffre réalisé en un jour.

Comment avez-vous réussi à décrocher si rapidement un partenariat avec Yannick Cahuzac, le capitaine du Sporting Club de Bastia ?

M-C : Avec beaucoup de culot ! Nous avons envoyé un mail à Yannick Cahuzac et on lui a fait parvenir des tee-shirts par colis. Il nous a répondu dans la journée ! Le SC Bastia est une institution sur l’île. Il en est le capitaine et le joueur de l’équipe qui vend le plus de maillots. Il a accepté de collaborer avec nous sans contrepartie : il veut que l’entrepreneuriat corse décolle. Avec la crise économique, les Corses sont encore plus fiers de leur identité : nous vendons 98% de nos produits à des Corses dont 50 % habitent sur le continent.

Quel avenir envisagez-vous pour Và Bè ?

: On essaye de se développer à l’image d’une marque de prêt-à-porter. On diversifie nos produits un maximum pour ne pas rester cantonnées au tee-shirt à message. On propose aujourd’hui des maillots de bain masculins, des sacs, des casquettes, des bavoirs pour les enfants…Mais toujours avec la même philosophie : on produit des vêtements en coton bio et issus du commerce équitable. Ces fournisseurs sont malgré tout très difficiles à trouver. On fait donc du mieux que l’on peut pour toujours proposer des pièces respectueuses de l’Homme et de l’environnement.

Quelques conseils pour lancer sa marque avec succès ?

M-C : Ce que je recommande, c’est d’oser et de ne surtout pas se prendre la tête ! Pour tester notre idée nous avons simplement demandé à nos amis corses s’ils porteraient telle ou telle pièce. La réponse était positive alors nous avons tenté, voilà tout.

C : Tout à fait, réaliser de petits tests aide beaucoup avant de lancer son produit. Il faut aussi être malin et surtout bien s’entourer. Il est essentiel de bien choisir son ou ses associés. Entreprendre ensemble, c’est aussi complexe qu’un mariage, mais quand tout se passe bien, les risques d’échouer sont moins importants.

 

Propos recueillis par Melissa Carles

 

 

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