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François Asselin : "Vous avez en face de vous un hors-la-loi!"

Le nouveau président de la CGPME François Asselin détaille les premiers enjeux de son mandat : représentativité patronale, rejet de la fiche individuelle de pénibilité, réforme pour l’emploi, formation... Rencontre avec un « hors-la-loi » (1).

François Asselin :

La réforme de la représentativité patronale est le premier chantier de François Asselin, élu à la tête de la CGPME en janvier dernier : l’audience sera établie à partir du nombre d’entreprises adhérentes à chaque organisation, et conditionnera la répartition des fonds en 2017. Dans cette « guerre ouverte » qu’il dément mais qui s’annonce pourtant entre CGPME, Medef et UPA, François Asselin « réclame le droit à la différence ».

En finir avec la fiche individuelle de pénibilité et repenser le contrat de travail

Autre combat : le compte pénibilité. « Nous ne voulons pas que le chef d’entreprise compte journellement si le salarié a été exposé à un risque…L’un des freins à l’emploi ? La fiche individuelle de pénibilité (…) un maelström administratif épouvantable », martèle le patron de la CGPME. Quant au contrat de travail, il tétaniserait les entrepreneurs préférant « calculer le risque » de contentieux au lieu de se réjouir de l’actuel « alignement des planètes » en matière économique. Alors François Asselin propose un contrat « intermittent » pour les activités soumises à saisonnalité, et un « CDI de croissance » avec une barémisation des indemnités en cas de licenciement et un délai de contestation de six mois.

Rediscuter de la mutualisation des fonds de formation

Le président de la CGPME demande aussi de « toiletter » tous les dispositifs contraignants (plus de soixante-neuf dans le bâtiment) qui, dit-il, en font « un hors-la-loi ». Il préconise une formation sécurité par branche professionnelle qui regrouperait tous les risques de premier niveau. « Elle pourrait être éligible au compte personnel de formation, qualifiante, diplômante ». François Asselin rappelle enfin que son organisation n’a pas signé l’accord national interprofessionnel (ANI) relatif à la formation professionnelle le 14 décembre 2013, qui a entraîné la baisse prévisible des fonds mutualisés. Résultat : des adhérents désemparés qui lui disent « nous formons moins et cela va coûter plus cher ». Avec une spirale infernale : « les plans de formation sont en train d’être abandonnés dans les PME, nous allons avoir à terme une baisse de compétences et donc de compétitivité ». Rediscuter des fonds de la formation sera, pour la CGPME, un impératif de la conférence sociale de juin prochain.

(1)   La rencontre a eu lieu dans le cadre de l’Ajis (association des journalistes de l’information sociale), le 16 avril 2015.

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